Pierre Edward Procyk, employé contractuel au Centre fiscal de Jonquière, et Magali Picard, vice-présidente exécutive régionale de l’Alliance de la fonction publique, ont dénoncé les ratés du système Phénix.

Le système Phénix fait encore mal

L'Alliance de la fonction publique exige une enquête nationale

Le fiasco Phénix continue d’éprouver des milliers de fonctionnaires fédéraux. Deux ans après l’entrée ratée du nouveau système de paie, des employés de la fonction publique fédérale reçoivent par erreur de gros montants, alors que d’autres n’obtiennent aucune paie pendant des mois.

C’est le cas de Pierre-Edward Procyk, employé contractuel au Centre fiscal de Jonquière, qui n’aurait reçu qu’un versement salarial depuis le mois d’août. 

Ironiquement, son travail est de s’assurer que les contribuables payent leurs impôts, mais son employeur, le gouvernement canadien, est incapable de respecter ses engagements financiers, a-t-il dénoncé publiquement, mercredi, dans une conférence de presse organisée par le Syndicat de l’Alliance de la fonction publique.

« On est au bout du rouleau. On vit du stress constant, on a de la difficulté à dormir. On doit toujours répondre à nos créanciers, faire des emprunts. C’est très lourd à porter et c’est surtout humiliant de toujours devoir s’expliquer à nos institutions ou autres créanciers », a témoigné M. Procyk.

Dans la région, environ 66 % des employés vivent des problèmes de paie à différents degrés. Une situation inacceptable, déplore Magali Picard, vice-présidente exécutive pour l’Alliance de la fonction publique du Canada au Québec.

« Je ne suis plus capable de rencontrer des députés, des élus libéraux, et les entendre dire qu’ils sont empathiques. Ils sont responsables de ça. Je ne veux pas qu’ils soient empathiques. Je veux qu’ils prennent action, qu’ils poussent le gouvernement pour que tous les moyens soient mis en place pour régler cette situation », a-t-elle martelé, incapable d’expliquer pourquoi le gouvernement n’a pas encore été en mesure de mettre un terme à ce fiasco qui dure depuis deux ans.

Enquête nationale sur Phénix

L’Alliance de la fonction publique réclamera d’ailleurs une enquête publique sur le système Phénix, dont les ratés continuent de coûter cher aux Canadiens. 

« Les contribuables ont dépensé jusqu’à maintenant 1,4 milliard $, non pas dans l’achat, mais dans la tentative de correction des problématiques. Le gouvernement conservateur avait acheté ce système d’IBM sachant que l’Australie avait vécu sept années d’enfer avec Phénix. Alors pour quelle raison le gouvernement a acheté ce système ? Qu’est-ce qui s’est passé à l’interne ? Il s’est passé quelque chose et les gens ont le droit de savoir », a plaidé Mme Picard.

Indemnisation

Cette dernière et son organisation se battront d’ailleurs pour que les milliers de fonctionnaires qui ont eu des problèmes de paie soient indemnisés. Un recours collectif est enclenché en ce sens. 

« Tous les fonctionnaires devront être indemnisés. Ça, je vous le garantis. Il y a des recours pour dommages moraux et le gouvernement devra être responsable. Il est encore difficile d’estimer les montants qui seront demandés. Car les travaux publics ne sont même pas capables de donner le nombre de cas exacts. C’est grave à ce point-là », a précisé la leader syndicale. 

Le 28 février marquera le deuxième anniversaire du système Phénix, qui a été déficient au jour un. Les syndiqués profiteront de cette journée pour se faire entendre partout au pays. Dans la région, un édifice public sera choisi par l’organisation syndicale qui tiendra une activité de mobilisation.