Le Syndicat des ambulanciers réclame la rémunération des employés confinés

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le Syndicat des paramédics Saguenay-Lac-Saint-Jean Nord (FSSS-CSN) demande au ministère de la Santé d’intervenir afin que les ambulanciers forcés de demeurer chez eux pour des soupçons de contamination à la COVID-19 continuent de toucher leur rémunération pendant leurs 14 jours de confinement.

Selon Jean-Daniel Tremblay, président du syndicat régional représentant 180 ambulanciers embauchés par des entreprises privées, certains employeurs ont refusé d’assurer la rémunération d’au moins trois ambulanciers, dont deux au Lac-Saint-Jean, ayant présenté des symptômes de COVID-19.

« On a un problème avec des employeurs qui nous forcent à rester chez nous et qui n’assument pas la rémunération pour les deux semaines de confinement. Du côté du régime d’assurance collective, ce n’est pas clair que ces employés doivent être couverts », explique M. Tremblay, ajoutant que tout comme les infirmières et préposés aux bénéficiaires, les ambulanciers se retrouvent en première ligne pour soigner les patients. Tout comme eux, ils devraient être rémunérés par leur employeur lorsqu’ils sont placés en confinement.

Il ajoute qu’il en va également de la sécurité du public et d’une saine gestion des risques pour les personnes en contact avec les ambulanciers. « On trouve ça inacceptable, surtout qu’on est en première ligne. Si un ambulancier est atteint de symptômes, il pourrait être tenté de les cacher en sachant que s’il est confiné, il ne sera pas payé. Ce n’est pas agréable de savoir que tu n’es pas payé. »

La demande n’est pas justifiée par une volonté de soutirer de nouveaux avantages, selon M. Tremblay, mais plutôt par le fait que les ambulanciers sont appelés à intervenir dans toutes sortes de circonstances et de milieux, y compris dans des résidences privées.

Parmi les trois cas d’ambulanciers ayant subi les inconvénients, M. Tremblay affirme que l’un d’eux a reçu une avance de paye de son employeur tandis qu’un autre a déposé une demande de prestation à l’assurance-emploi.

Ces événements ramènent sur le tapis une vieille revendication syndicale concernant l’organisation des soins préhospitaliers d’urgence au Québec qui sont basés sur l’octroi de contrats à budget avec des entreprises privées. Selon lui, si le système ambulancier était entièrement public, ce type de problème ne serait pas soulevé puisque les ambulanciers seraient sur le même pied que les autres travailleurs de la santé.