Âgé dans la vingtaine, Steeve Mourez-Bilodeau s’expose à une peine de détention à perpétuité. Le jury recevra vendredi les directives du juge avant d’être séquestré.

Le sort de Mourez-Bilodeau entre les mains du jury

Accusé de tentative de meurtre, le sort du Dolmissois Steeve Mourez-Bilodeau est maintenant entre les mains du jury. Les 12 personnes devront décider si son aveu sur l’enregistrement est suffisant pour le déclarer coupable d’avoir saboté l’hydravion de l’homme d’affaires Gilles Bérubé, à l’été 2008.

En 2013, Mourez-Bilodeau avait confié à son ami Jacki Ouellet avoir trafiqué l’avion en échange de 1000 $ offerts par le frère de la présumée victime, Jacques Bérubé. Ouellet avait réussi à enregistrer l’accusé et avait remis l’audio à Gilles Bérubé. Près de cinq ans plus tard, l’accusé assure qu’il s’était attribué ce crime pour avoir l’air « hot » et faire patienter Ouellet à qui il devait de l’argent. 

« Pour le condamner, vous devez croire ce qu’il a dit à Jacki Ouellet. Il n’y a aucun élément matériel qui le corrobore. Pas d’empreinte, pas d’ADN, pas d’image de caméra (la caméra ne fonctionnait pas selon la présumée victime). On n’a rien vérifié à l’époque. On n’a pas fait de ratissage, d’enquête de voisinage, car les maisons étaient trop loin. La seule preuve que vous avez, c’est ce que Steeve Mourez-Bilodeau dit à Jacki Ouellet », a insisté l’avocat de la défense, Me Sébastien St-Laurent.

Ce dernier a également tenté de démontrer qu’il était presque impossible pour Mourez-Bilodeau de modifier l’hydravion par lui-même. 

« C’est sur le côté gauche de l’avion que le boulon a été remplacé. Il aurait fallu qu’une personne marche sur le flotteur avec un marteau et des outils pour enlever tout ça. Il aurait fallu que cette personne sache à l’avance la grosseur des boulons. Parce que ça serait difficile de trouver des bouts de bois du bon diamètre sur place », a exprimé Me St-Laurent.

La défense a aussi laissé entendre que le sabotage pouvait être l’oeuvre de la présumée victime. L’avocat de Mourez-Bilodeau a reproché à Gilles Bérubé certaines « contractions » entre son témoignage en enquête préliminaire et au procès.

« On peut se demander si le témoin est honnête, a affirmé Me St-Laurent. On n’avait pas le même témoin quand on changeait de sujet. Un témoin ne répond pas de la même façon lorsqu’il dit la vérité et lorsqu’il ment. »

Le ministère public a quant à lui insisté sur le manque de crédibilité de l’accusé. Mais Me Julie Lajoie a surtout rappelé les deux aveux de Mourez-Bilodeau, celui sur l’enregistrement et celui exprimé en présence des policiers. L’accusé avait dit « je vais plaider coupable » aux enquêteurs pendant son interrogation. 

« Les éléments sont des éléments d’aveu, entre autres à Jacki Ouellet, mais également aux policiers. Selon nous, ces éléments combinés avec le reste de la preuve prouvent hors de doute raisonnable la culpabilité de l’accusé », a résumé, en entrevue, Me Julie Lajoie.

L’homme âgé dans la vingtaine s’expose à une peine de détention à perpétuité. Le jury recevra vendredi les directives du juge avant d’être séquestré.