Dr Donald Aubin
Dr Donald Aubin

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean en rouge? Plus que probable, selon la Santé publique

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le directeur de la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le docteur Donald Aubin, juge la progression de la propagation de la COVID-19 très inquiétante dans la région et émet l’hypothèse que l’on se dirige vers la zone rouge si un revirement aussi spectaculaire qu’improbable ne se confirme pas dans les chiffres des prochains jours.

Le médecin a confirmé 47 nouveaux cas de COVID-19 pour les 24 dernières heures (ça prend fin à 16h la veille), avec trois décès additionnels, dont deux au CHLD Isidore-Gauthier d'Alma et le premier depuis le début de la pandémie d’une personne traitée pour la COVID-19 à l’unité de soins réservée à la pandémie à l’hôpital de Chicoutimi.

En date de lundi, il y avait 266 cas actifs sur le territoire régional.

« Il y a trois éléments que nous devons évaluer pour déterminer les zones. Il y a bien entendu le nombre de cas, mais aussi la capacité du réseau de la santé à supporter les cas et finalement notre capacité d’enquête pour isoler les personnes quand nous obtenons des tests positifs », a expliqué Donald Aubin, qui a en même temps rejeté l’hypothèse de déclarer certaines MRC de la région zone rouge alors que d’autres pourraient conserver une autre couleur.

Il y a, selon le directeur, de trop grandes interactions entre chacune des parties de la région pour prendre le risque d’opter pour une solution à la pièce. Il est aussi assuré que la direction du CIUSSS de la région va tout mettre en oeuvre pour protéger l’hôpital de Chicoutimi qui représente le vaisseau amiral du système de santé de la région.


« Il y a en ce moment 939 personnes en isolement dans la région. De ce nombre, il y a approximativement 150 personnes isolées qui sont des employés du CIUSSS avec une importante concentration à Alma. »
Dr Donald Aubin

Pour le moment, la région se retrouve en zone rouge pour le critère du nombre de cas et la courbe ascendante est assez abrupte aux yeux du médecin. Par contre, le réseau régional de la santé est encore en mesure de bien répondre. En ce moment, 16 des 20 lits dédiés à la COVID-19 sont occupés à l’hôpital de Chicoutimi. Le département de la santé publique est également toujours en mesure de réaliser le travail nécessaire pour identifier les cas et surtout contacter les personnes qui sont à risque afin de les isoler.

« Il y a en ce moment 939 personnes en isolement dans la région. De ce nombre, il y a approximativement 150 personnes isolées qui sont des employés du CIUSSS avec une importante concentration à Alma », précise Donald Aubin. Ce nombre ne comprend évidemment pas tous les employés du CIUSSS qui ont été retirés du travail par mesure préventive en raison de leur état de santé.

Les statistiques de la Santé publique confirment que la seconde vague de la pandémie infecte plus de personnes que la première vague. Entre le début de la première vague et le 12 juillet, 341 cas ont été confirmés dans la région. En ce moment, le CIUSSS confirme 456 cas depuis le début de la seconde vague. L’élément qui semble préoccuper le plus le directeur régional concerne l’évolution actuelle de la pandémie puisque les chiffres présentés en point de presse sont reliés à des événements survenus il y a huit à 10 jours, alors que le gouvernement avait demandé à la population de prendre volontairement des mesures additionnelles.

D’autre part, il y a des similitudes entre ces deux vagues. La pandémie semble frapper la région avec un certain retard par rapport aux grands centres, exactement comme la première vague. Le virus est toutefois plus présent sur l’ensemble du territoire alors que dans la première vague, il y a eu des concentrations.

La Santé publique surveille attentivement les foyers d’éclosion et selon Donald Aubin, on note des éclosions dans les écoles, les milieux de travail et dans l’ensemble de la communauté, ce qui témoigne d’une plus grande circulation du virus en général et qui devrait amener les citoyens à prendre des mesures de protection quand c’est nécessaire.

Il n’y a pas de remède miracle pour freiner ou infléchir la courbe de progression de la propagation du virus. Le Dr Aubin rappelle que la seule solution pour le moment est de respecter les normes de distanciation sociale et surtout de limiter les contacts quand ils ne sont pas nécessaires. Des régions ont vu leur situation se rétablir à la dernière minute et passer à un niveau inférieur d’alerte.

Limiter les visites

Le docteur Donald Aubin n’a toutefois pas voulu se prononcer sur le fond de la question quant à la pertinence de revenir à un arrêt des visites des aidants naturels dans les CHSLD de la région en raison de la fragilité de ces milieux face à la COVID-19. Il demande cependant à la population de limiter les visites dans les CHSLD, tout en soulignant que l’aidant naturel est une personne représentative pour la personne âgée.

Le docteur Donald Aubin croit d’autre part qu’il n’est pas incompatible pour les enfants de participer à la fête de l’Halloween malgré l’état de la pandémie dans la région. Pour le médecin, il est possible de faire cette activité dans le respect des mesures de distanciation. Malgré toutes les mises en garde, Donald Aubin affirme que la vie doit se poursuivre avec un certain nombre d’activités pour les jeunes.

Campagne de vaccination

Le CIUSSS encadrera avec des mesures strictes la campagne de vaccination 2020-2021 contre la grippe saisonnière. Le vaccin contre les différentes souches d’influenza n’a aucun effet contre la COVID-19, mais la limitation de la propagation de la grippe saisonnière, principalement chez les personnes à risque et auprès du personnel de la santé, sera bénéfique en cette période où le réseau doit faire face au coronavirus.

Le vaccin sera offert gratuitement aux personnes atteintes de maladies chroniques ainsi qu’au personnel du réseau de la santé. Les personnes pourront le recevoir dans le cadre d’un rendez-vous régulier avec un professionnel de la santé (médecin ou infirmière). Les personnes devront toutefois prendre rendez-vous pour obtenir le vaccin dans le cadre de la campagne régulière et elles devront se soumettre aux mesures sanitaires d’usage.