Le Saguenay–Lac-Saint-Jean champion des références à Transplant Québec

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Pour la première fois de son histoire, le Saguenay–Lac-Saint-Jean obtient le meilleur taux de la province concernant le nombre de références faites à Transplant Québec par les centres hospitaliers pour le don d’organes. La région affiche un taux de 20,2 par 100 000 habitants, un résultat plus que satisfaisant que Transplant Québec attribue au travail de l’équipe du CIUSSS chargée des dons d’organes et aux citoyens de la région, qui font de plus en plus connaître leur volonté.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean se démarque en nombre de références au prorata de la population. Les références sont faites à Transplant Québec par un professionnel de la santé d’un centre hospitalier qui compte au moins une urgence ou une unité de soins intensifs et qui identifie un donneur potentiel selon des procédures types pour le don d’organes ou dans un contexte d’aide médicale à mourir. Les références ne mènent toutefois pas nécessairement à un don, puisque plusieurs conditions doivent être remplies.

«Tout un travail est fait au CIUSSS par Jean-Sébastien Bilodeau, médecin coordonnateur en dons d’organes et son équipe. Depuis qu’il est arrivé il y a trois ans, on voit que les données se maintiennent, mais cette année, la région se démarque», affirme Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec.

Ce dernier estime que deux raisons expliquent principalement ces données. «L’équipe médicale travaille de mieux en mieux et il y a de plus en plus de gens qui font connaître leur volonté à leurs proches.»

Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec, confirme que la région est celle où le plus grand nombre de références pour dons d’organes est fait au prorata de la population au Québec.

Au cours des trois dernières années, le nombre de donneurs a oscillé entre 11 et 12. Ça peut sembler bien peu, mais le directeur général de Transplant Québec assure qu’il n’en est rien. «Ce sont de très bons chiffres pour la région. Un donneur, c’est rare. Avec un taux de référence de 20,2 donneurs potentiels pour 100 000 habitants, c’est bon, mais il y a encore place à amélioration. »

En 2019, 820 références ont été faites au Québec, une augmentation de près de 9% par rapport à l’année précédente. Du nombre, 56 ont été faites en région. Au final, 11 personnes du Saguenay–Lac-Saint-Jean sont devenues des donneurs.

«On dit que 1,4% des décès peuvent devenir des donneurs.»

Plusieurs conditions doivent être réunies afin d’avoir un donneur. La personne doit d’abord décéder à l’hôpital. Le cancer élimine un certain nombre de donneurs potentiels. Le refus de la famille, même si une personne avait signifié son désir d’être donneur, et l’âge, même s’il ne s’agit pas d’un critère absolu, entrent aussi en ligne de compte.

«On fait du progrès. Le nombre de familles qui refusent est encore de 35%, mais il a diminué de 3%. Les familles refusent, car elles sont sous le choc. Généralement, on parle de mort subite. C’est difficile de se rallier dans un moment de crise. Quand une personne a signifié sa volonté de donner ses organes, ça aide beaucoup pour débuter la conversation avec la famille. Pour les familles, le don d’organes peut aider à trouver du sens dans des situations où c’est très difficile d’en trouver.»

Plusieurs étapes restent ensuite à franchir.

«Une fois que la référence a été faite, qu’on a l’accord de la famille, il faut effectuer des tests. Il faut donc maintenir le donneur pendant 48 à 72 heures. En situation de crise, ça peut devenir intolérable. C’est un processus très exigeant pour les familles, les hôpitaux et Transplant Québec.»

Une personne qui demande l’aide médicale à mourir peut également devenir donneur.

«En contexte d’aide médicale à mourir, certaines maladies peuvent permettre le don d’organes, mais les deux décisions ne doivent pas être liées. On ne veut surtout pas se faire dire qu’on tue des gens pour prélever des organes.»

Au cours de la dernière année, 14 personnes ont été transplantées au Saguenay–Lac-Saint-Jean.