Le premier ministre François Legault a clairement signifié, en point de presse jeudi, que les policiers allaient faire leur travail si des commerçants, incluant les restaurateurs, mettaient à exécution leur menace d’ouvrir leurs portes en guise de protestation contre les mesures de la zone rouge.
Le premier ministre François Legault a clairement signifié, en point de presse jeudi, que les policiers allaient faire leur travail si des commerçants, incluant les restaurateurs, mettaient à exécution leur menace d’ouvrir leurs portes en guise de protestation contre les mesures de la zone rouge.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean au coeur des préoccupations de Québec

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, juge que le niveau de contamination observé en ce moment au Saguenay-Lac-Saint-Jean fragilise le réseau de la santé en raison de l’introduction du virus dans les milieux hospitaliers (Chicoutimi, Alma et Roberval).

Pour la deuxième fois depuis le début de la semaine, le nombre de cas quotidiens confirmés de COVID-19 a passé la barre des 100 infections pour se chiffrer à 109. La semaine avait commencé sur les chapeaux de roue, avec 105 cas, et le gouvernement garde à l’esprit qu’il faut être en mesure de dispenser des soins à la population.

Le ministre a été interrogé dans le cadre du point de presse quotidien sur les raisons de cette explosion. Il a indiqué que la Santé publique n’avait pas trop tardé à décréter la zone rouge pour freiner la circulation du virus.

« Non, je ne pense pas qu’on a trop tardé. Chaque place a ses différences, ses raisons. Je pense qu’en ce moment, il faut regarder aussi du côté des milieux de soins, qu’on appelle les hospitalisations », a précisé le ministre.

Il a ajouté que « ce qui est arrivé au Saguenay, c’est qu’il y a eu beaucoup de contagion communautaire qui est malheureusement entrée dans des hôpitaux, et cette contagion-là met en ce moment à risque le système hospitalier de cette région-là en particulier. Puis comme les distances sont importantes entre, par exemple, le Saguenay et la région de Québec, il faut être capable de bien soigner nos gens ».

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le nord de la région de Lanaudière sont en ce moment au coeur des préoccupations du gouvernement du Québec en raison de l’intensité de la circulation du coronavirus dans les communautés citées. Pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les cas de COVID-19 positifs ont littéralement explosé, depuis le début de la semaine.

Pour le moment, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean estime être en mesure de dispenser adéquatement les services à la population malgré l’intensité de l’activité virale.

« Nous déployons tous les moyens nécessaires pour faire face à la situation actuelle. Bien que le contexte épidémiologique soit préoccupant et que nous vivons une pression importante dans certains sites en éclosion, notre établissement demeure en contrôle de ses opérations. Depuis le début de la 2e vague, nous modulons les services offerts dans nos installations en fonction du portrait réel de notre région et nous continuerons de le faire avec grande sensibilité », a précisé la porte-parole, Joëlle Savard.

Le premier ministre François Legault n’avait pour sa part pas d’explication médicale à fournir à la presse sur l’explosion des cas dans la région. Il a fait référence aux discussions qu’il a eues avec les députés caquistes de la région. Ils ont justifié la croissance fulgurante de la maladie par le fait que la région a été épargnée par la première vague et que les gens ont développé une forme de sentiment « d’invulnérabilité » face à la transmission du coronavirus.

Le premier ministre a comparé cette situation à celle vécue dans la région de Lanaudière. Dans la première vague, la pandémie a frappé le sud de la région assez fortement, de telle sorte que la seconde vague a été moins intense. Le nord de Lanaudière a connu une première vague très faible et vit aujourd’hui une situation inverse avec une circulation très élevée du virus.

Quant au mouvement de protestation de la part de certains restaurateurs, la réponse de François Legault a été brève et ne laisse place à aucune inteprétaiton. « Les policiers vont faire leur travail. »

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Une tournée des syndicats a permis d’apprendre que la situation était difficile en ce moment dans certains établissements du CIUSSS. Le président du syndicat FSSS-CSN, Gaston Langevin, qui représente la catégorie 2 (préposés aux bénéficiaires, personnel de conciergerie) explique qu’en passant en zone rouge, le volume de travail augmente, principalement pour tout l’entretien et la désinfection qui se fait toutes les deux heures.

« On le constate bien, le CIUSSS devait ouvrir la zone rouge à l’hôpital d’Alma hier (mercredi) et ce n’est pas encore fait », a indiqué le leader syndical.

Gaston Langevin était de plus furieux à l’endroit du restaurateur Michaël Tremblay du Temaki. Il n’a pas digéré la déclaration à l’effet que le CIUSSS avait perdu le contrôle.

« Le CIUSSS, ce sont aussi les membres de notre syndicat et ces travailleurs et travailleuses affrontent le virus tous les jours en mettant leur santé à risque. Il y a des limites à s’en prendre à ceux qui sont sur la ligne de front. Nos membres n’ont pas apprécié ni les commentaires ni le geste de risque pour la propagation du virus », affirme Gaston Langevin.

La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, indique de son côté que la situation est très difficile pour le personnel au département D2 de l’hôpital de Chicoutimi, au CHSLD Jacques-Cartier de Chicoutimi et à l’hôpital d’Alma. Le bilan de jeudi n’indique toutefois pas de nouveau cas à l’hôpital de Roberval qui est considéré en éclosion avec deux cas.

La situation continue toutefois de se dégrader au CHSLD Jacques-Cartier avec 5 nouveaux cas pour un total de 52 (17 employés et 35 usagers). L’hôpital de Chicoutimi n’est toujours pas en mesure de freiner la contamination entre ses murs avec la confirmation de 5 employés testés positifs à la COVID-19.

La région compte maintenant 62 foyers d’éclosion. Une vigie est également maintenue dans les CHSLD d’Alma, Roberval, de la Colline, l’Oasis et des Pensées à Jonquière, qui s’ajoute à la liste.