Des démarches sont actuellement en cours pour que l'UNESCO reconnaisse le Saguenay comme le tout premier géoparc du Québec.

Le Saguenay a tout d'un géoparc

La sous-région du Saguenay pourrait bien devenir le premier géoparc du Québec d'ici quelques années. L'accréditation, décidée par l'UNESCO, inscrirait le territoire dans un réseau mondial pour touristes passionnés de nature et d'histoire.
C'est du moins ce qu'espère l'équipe qui prépare le dossier piloté par le chercheur de l'Université du Québec à Rimouski, Richard Cloutier, et appuyé par Promotion Saguenay.
Un géoparc, reconnu par l'UNESCO, est un territoire possédant des attraits géologiques. Selon la charte mondiale du réseau Géoparc, il s'agit d'un territoire aux limites bien définies qui a une superficie assez étendue pour contribuer au développement économique local. Il comprend un certain nombre de sites choisis pour leur rareté ou leur beauté.
Toutefois, un géoparc ne doit pas seulement avoir une signification géologique, mais aussi écologique, archéologique, historique ou culturelle. L'importance géologique devra être reconnue par des autorités scientifiques.
Selon le chercheur Richard Cloutier, la sous-région du Saguenay regorge de trésors et possède tous les atouts nécessaires pour devenir un géoparc. «C'est le directeur du Mont-Édouard, Claude Boudreault, qui a commencé à penser à ce projet avec un jeune étudiant. Mon beau-père, habitant à L'Anse-Saint-Jean, m'a alors contacté, étant donné que je suis chercheur en géographie et que j'ai monté le dossier de la reconnaissance patrimoniale du parc national de Miguasha. Je suis donc à l'aise avec ce genre de démarche», a expliqué Richard Cloutier, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.
«Nous avons également contacté Promotion Saguenay, afin de monter le projet», a ajouté le chercheur.
Actuellement, l'équipe de chercheurs prépare le dossier de candidature, qui devra d'abord être approuvé par un comité canadien, avant d'être acheminé à l'UNESCO.
Au Canada, un seul géoparc est reconnu par l'UNESCO, soit celui de Stonehammer, au Nouveau-Brunswick. «Au Québec, des démarches sont présentement en cours pour d'autres régions, mais aucun géoparc n'est encore reconnu», a indiqué Richard Cloutier, en ajoutant qu'une centaine de géoparcs sont présents à travers le monde. Ils sont surtout situés en Europe.
«Afin d'être éligible, un géoparc doit être composé de 40 géosites. Les géosites sont des endroits bien précis, qui ont des qualités géologiques ou historiques. Par exemple, la faille présente dans le fjord pourrait être un géosite, tout comme la statue de Rivière-Éternité. Il peut également d'agir d'une croisière éducative. Un géosite doit avoir un passé et une signification. C'est un outil d'éducation», a expliqué le chercheur.
Tourisme populaire
Selon Promotion Saguenay et Richard Cloutier, la création d'un géoparc est un excellent outil pour promouvoir une région.
«Les géoparcs sont de plus en plus populaires à travers le monde. Plusieurs touristes recherchent ces endroits. Les études montrent que les touristes qui visitent les géoparcs restent en moyenne trois jours de plus dans les régions visitées que les autres touristes. Imaginez donc les retombées économiques», a indiqué le chercheur.
La démarche visant à présenter le dossier à l'UNESCO risque d'être assez longue. «Nous devons cibler les géosites pour commencer. Présentement, une équipe s'affaire à dénicher les dix plus intéressants sur le territoire du Saguenay. Nous espérons envoyer notre dossier cette année au comité canadien, qui le validera avant de l'acheminer à l'UNESCO», explique Richard Cloutier.
Les géosites pourraient être situés autant sur la rive nord que sur la rive sud du Saguenay. «Nous n'avons pas de territoire défini encore. Les géosites pourraient être situés autant à Sainte-Rose-du-Nord qu'à Petit-Saguenay, par exemple», note le chercheur.
Une équipe de chercheurs s'affairera sur le terrain au cours de l'été prochain.