Le propriétaire du Temaki de Chicoutimi a annoncé l’ouverture de sa salle à manger de la rue Racine pour la journée de vendredi.
Le propriétaire du Temaki de Chicoutimi a annoncé l’ouverture de sa salle à manger de la rue Racine pour la journée de vendredi.

Le restaurant Temaki de Chicoutimi défiera les règles en zone rouge

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le chef propriétaire du populaire restaurant Temaki de Chicoutimi, Michaël Tremblay, passe de la parole aux actes et annonce l’ouverture de sa salle à manger de la rue Racine pour la journée de vendredi, au risque de s’exposer aux amendes salées prévues pour ceux qui défient le décret gouvernemental de la zone rouge.

Le restaurateur spécialisé dans les sushis en a fait l’annonce sur sa page Facebook en milieu d’avant-midi, mardi. Il n’a fallu que quelques minutes pour que des clients confirment une réservation malgré le risque de recevoir eux aussi des amendes pour avoir également défié le décret gouvernemental imposant la fermeture des restaurants quand une région passe en zone rouge.

« En fin de semaine, c’était rempli de monde au [Costco] et les gens touchent à tout et ce n’est pas un problème. C’est la même chose pour les centres commerciaux. De notre côté, on ouvre et on ferme et c’est très difficile alors qu’on est en mesure d’accueillir des gens sécuritairement », insiste Michaël Tremblay.

Les réactions à cette décision ont été rapides. Certains clients l’ont appuyé alors que d’autres n’apprécient pas la désobéissance civile. Le personnel de la santé est plus sensible à cette situation et certains ont exprimé leur inquiétude face à un tel geste puisque ce sont eux qui s’exposent au virus pour dispenser des soins aux gens qui développent la COVID-19 de façon sérieuse.

« C’est vrai que je suis établi depuis 15 ans et que mon restaurant fonctionne bien. Je peux me permettre d’être un peu plus baveux que d’autres propriétaires de restaurants qui vivent une situation difficile. C’est difficile de se lancer dans le ‘‘takeout’’ quand ce n’est pas une spécialité. Ça nécessite des investissements pour quelques semaines seulement. »

La décision du restaurateur pourrait lui valoir une amende de 400 $ à 6000 $. Les clients qui se trouveront dans l’établissement lors de la visite des policiers se verront également remettre des contraventions.

« C’est clair que si je risque de perdre ma licence, c’est autre chose puisque je viens d’investir 500 000 $ dans mon restaurant. Mais j’aurais aimé voir les grands chefs qui sont toujours à la télévision comme Martin Picard, Normand Laprise ou Ricardo prendre la défense des restaurateurs. Notre industrie est en phase terminale et personne ne prend sa défense. J’ai décidé de ne pas me taire et de contester à ma façon », reprend Michaël Tremblay.

Les restaurateurs de la région, tout comme ceux de partout au Québec, auront droit au programme gouvernemental de soutien financier à partir du moment où la zone rouge est décrétée. Ce qui permet à un restaurateur d’obtenir un prêt qui peut atteindre 15 000 $ qu’il n’aura pas à rembourser à 100 %, selon certains critères établis par le ministère de l’Économie.

Selon Michaël Tremblay, ce montant n’est pas suffisant pour couvrir tous les frais découlant de la fermeture des salles à manger et de la mise en place de tout le système nécessaire pour offrir le service de commandes à emporter.

Possible réouverture

En point de presse mardi, à Québec, le directeur national de la Santé publique, le docteur Horracio Aruda, a confirmé qu’il y avait des discussions pour un changement de position par rapport aux restaurants. Il ne serait pas impossible que la direction de la Santé publique autorise l’ouverture des restaurants à partir du 8 novembre.

Le médecin n’a pas confirmé que la décision était prise, mais a laissé entendre que cette proposition pourrait être faite au gouvernement dans l’objectif de rechercher un équilibre dans la société, et ce, malgré le fait qu’une région soit en zone rouge.