Des travaux avaient été amorcés au mois de mai.

Le report de Métaux BlackRock amène des questions

La décision de Métaux BlackRock de retarder au printemps la poursuite des travaux de la future fonderie du parc industriel de Grande-Anse soulève certaines questions quant à la concrétisation de ce projet qui nécessitera des investissements de l’ordre de 1,3 milliard $.

À la fin avril, BlackRock confirmait compléter le financement de son projet dans quelques semaines, précisant qu’on parlait de semaines et non de mois. Dans un courriel transmis au Quotidien mardi, la minière, qui n’est pas inscrite en bourse (capital fermé), a expliqué laconiquement que son financement n’était toujours pas complété malgré ce qu’elle avançait dans son communiqué d’avril, et ce, après avoir obtenu les certificats d’environnement pour son projet d’usine.

Le Quotidien a demandé à la minière si le fonds de financement Orion Mine Finance de New York faisait toujours partie des investisseurs de premier plan dans le projet. « Nous pouvons vous confirmer que tous nos investisseurs soutiennent le projet. Nous continuons à travailler afin de boucler notre financement de construction. Lorsque nous aurons quelque chose à annoncer, nous nous assurerons de vous le communiquer », a écrit David Dufour dans le retour de courriel du Quotidien.

Le fonds américain a toujours sur son site Internet le projet BlackRock. Le fonds doit toutefois composer avec un historique difficile au Québec. Orion Mine Finance avait injecté 400 millions $ dans le projet Stornoway, la première mine de diamant qui a eu recours à un plan de financement spécial afin d’éviter un manque de liquidité. Orion est également partenaire dans le projet Nemaska Lithium pour un montant de 150 millions $. Ce projet rencontre aussi des problèmes de financement pour le parachèvement de l’usine de traitement de Shawinigan ainsi que sa mine de la Baie-James.

Un problème est survenu dans le calendrier de la minière. La société avait fait circuler au sein de la communauté d’affaires un certain nombre d’informations qui laissaient croire que le projet prenait son envol au début de l’été.

Le Quotidien a d’autre part demandé à la minière si elle avait des partenaires d’affaires en Asie. Une information a circulé voulant que l’entreprise devait écouler des produits secondaires auprès d’un partenaire chinois. Encore là, BlackRock s’est contentée de dire que l’entreprise travaillait à finaliser son financement.

Le Quotidien a effectué des vérifications afin de retracer des projets semblables dans le monde. Il s’agit du procédé de pyrométallurgie pour la production de vanadium et d’acier à partir d’un minerai comparable. L’usine de Highveld Steel and Vanadium corporation en Afrique du Sud a cessé ses opérations alors qu’elle était supportée par le géant Anglo America, une entreprise minière qui affiche un chiffre d’affaires de l’ordre de 27 milliards $ US par année. La New Zealand Steel a également cessé sa production de vanadium dans une fonderie située en Nouvelle-Zélande.

Le gouvernement du Québec, via ses différents organismes de financement, a confirmé une participation de 185 millions $ dans le projet BlackRock. La minière a refusé de répondre aux questions du Quotidien sur les sommes provenant du gouvernement qui ont été jusqu’à maintenant dépensées.

Finalement, BlackRock affirme que la période hivernale n’est pas idéale pour les travaux de génie civil et de bétonnage qui constituent la prochaine étape pour l’usine de Grande-Anse.