Le co-porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez, fait partie des signataires de cette demande.
Le co-porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez, fait partie des signataires de cette demande.

Le report de la deuxième partie des audiences du BAPE demandé

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Plusieurs groupes citoyens et environnementaux demandent au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, la suspension du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de GNL Québec, après que le BAPE ait annoncé la tenue de la deuxième partie des séances de consultations en monde numérique seulement.

Parmi ces groupes, on y retrouve la Coalition Fjord, Greenpeace Canada, le Pacte pour la transition, Eau Secours et le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada). Ils sont appuyés par une dizaine d’autres groupes et réclament le report des audiences jusqu’à ce que les mesures sanitaires actuelles soient levées, de sorte à permettre à la population de participer adéquatement à la démarche.

« La suspension de l’audience est nécessaire afin de permettre à toutes les personnes intéressées de participer pleinement aux consultations publiques sur ce projet hautement controversé et qui aurait de forts impacts sur le climat planétaire et la biodiversité. La pleine participation du public est tributaire de la possibilité de participer en personne et toute limitation de cette participation aurait inévitablement un impact sur la qualité de l’évaluation par le BAPE », a fait savoir le groupe dans une lettre cosignée par la quinzaine de groupes.

Il s’agit d’une demande qui avait été faite en juin dernier au président du BAPE, advenant le cas où les mesures sanitaires du printemps dernier seraient de retour.

Selon eux, les séances de consultation numérique auront pour effet de limiter la participation des citoyens. « Il est évident qu’une consultation publique uniquement virtuelle défavoriserait grandement les personnes les plus démunies et les plus âgées, ainsi que les personnes qui vivent dans des régions éloignées. Aussi, l’accès à des communications numériques n’est pas à la portée de tous et toutes, tant en termes d’équipements que de compétences nécessaires à l’utilisation de ces technologies. Ces personnes ont aussi le droit de poser des questions, d’émettre des commentaires et de parler de leurs préoccupations par rapport au projet, alors que des audiences virtuelles ne permettraient pas leur pleine participation », peut-on lire dans le communiqué envoyé par Greenpeace Canada et signé par les leaders des autres groupes.

Ils croient d’ailleurs que l’expérience de la première partie du BAPE a démontré que la participation à distance peut poser d’importants enjeux techniques et peut générer des inconforts pour certaines personnes. Ils sont également d’avis que le moment est mal choisi pour aller de l’avant avec les audiences, alors que la population vit des moments difficiles.

« Alors que nous sommes frappés de plein fouet par la pandémie et que plusieurs vivent une intense période de stress et de confinement, nous considérons qu’il est totalement déplacé d’aller de l’avant avec des audiences publiques sur ce mégaprojet de gaz fossile dont les répercussions se feraient sentir pendant des décennies. L’évaluation d’un projet de cette ampleur nécessite que les plus hauts standards d’évaluation environnementale soient respectés, chose qui est impossible en ce moment en raison de la pandémie », conclut le regroupement.