Plusieurs centaines de chercheurs d’emploi ont sillonné le salon de recrutement qui se tenait à Alma.

Le Rendez-vous de l'emploi plus populaire que jamais

Laura Lévesque

llevesque@lequotidien.com

Signe de la pénurie de main-d’oeuvre, le Rendez-vous de l’emploi Lac-Saint-Jean-Est a été plus populaire que jamais auprès des employeurs. 

Plus d’une cinquantaine d’entreprises ont participé à ce salon de recrutement, tenu jeudi à l’Hôtel Universel d’Alma. Victime de leur popularité, les organisateurs ont même dû refuser des employeurs, en raison d’un manque d’espace.

« L’an dernier, on avait une trentaine d’entreprises. On avait senti la pénurie de main-d’oeuvre à ce moment-là aussi, mais cette année, la situation a grimpé. On a dû déborder de notre salle pour étendre les kiosques dans le hall. On n’a pas pu non plus accepter tout le monde », constate Marie-Claude Deschênes, de la Chambre de commerce Lac-Saint-Jean-Est, coorganisatrice de l’événement.

Des centaines d’offres d’emploi étaient affichées dans les kiosques et les dizaines de babillards aménagés dans le salon. Plusieurs entreprises de construction et usines étaient sur place ainsi que des institutions publiques, notamment le Palais de justice d’Alma qui souhaitait pourvoir des postes vacants.

Des représentants d’établissements de formation ont également conseillé les chercheurs d’emploi, que ce soit pour acquérir des compétences ou mieux vendre celles déjà acquises.

« Avoir des compétences et mettre en valeur ses compétences, c’est deux choses. Les gens ont parfois besoin d’aide pour actualiser leurs compétences, que ce soit concernant un logiciel par exemple. Mais on peut aussi accompagner les gens pour faire un bilan de compétences et ensuite les faire valoir », décrit Julie Gilbert de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean. 

Cette dernière estime également que les gens ont maintenant besoin de compétences lorsque vient le temps de chercher un emploi. Les gens ont de la difficulté à se retrouver dans la mer de sites affichant des postes.

« Ça demande des compétences juste pour se retrouver dans tout ça. Avant, on avait juste à regarder le journal. Maintenant, c’est sur plein de sites différents. Les gens doivent donc développer des habiletés pour naviguer dans cet univers. D’où l’importance d’organiser des événements comme celui-ci », constate Mme Gilbert. 

Marie-Claude Deschênes de la Chambre de commerce Lac-Saint-Jean-Est.

Des chercheurs d'emploi exigeants

Le manque de qualification n’arrête pas les candidats qui se montrent exigeants en terme de conditions de travail.

Interrogés par Le Quotidien, au Rendez-vous de l’emploi Lac-Saint-Jean-Est, plusieurs chercheurs ont confié viser des postes avec des salaires dépassant de loin le salaire minimum, alors qu’ils n’ont aucune formation particulière. 

« En bas de 17 $ de l’heure, je ne suis pas preneur », lance un quinquagénaire rencontré devant le babillard affichant des dizaines d’emplois. 

Bénéficiant de l’assurance-emploi depuis quelques mois, l’homme a toutefois admis n’avoir aucun diplôme supérieur à un secondaire cinq. « J’aime mieux être sur le chômage avec 400 $ par semaine qu’être au salaire minium », ajoute-t-il. Ce dernier a toutefois bon espoir de trouver un emploi bien rémunéré avant la fin de ses prestations.

Un autre homme rencontré sur place a aussi avoué qu’il recherchait avant tout un emploi avec des conditions alléchantes comme un fonds de pension et plusieurs semaines de vacances. « Ils disent qu’il y a des emplois partout. Mais ce n’est pas vrai. C’est difficile se trouver une bonne “job” », commente-t-il. Questionné sur sa scolarité, l’homme âgé dans la quarantaine a aussi confirmé qu’il n’avait pas de diplôme. 

Les salaires offerts dans la grande entreprise, dont Rio Tinto et Produits forestiers Résolu, ont peut-être élevé leurs attentes. Les hommes aux compétences manuelles cherchent souvent un salaire semblable à celui qu’on retrouve dans les usines de la grande entreprise. « On aimerait tous travailler là », confie un autre chercheur d’emploi, en parlant de RT.

Travailleur dans le Nord-du-Québec, un père de famille était aussi sur place pour tâter le terrain. Il espérait trouver un nouvel emploi avec le même salaire qu’il gagne dans le Nord. « J’aimerais travailler ici pour être proche de mes enfants. Je pars toutes les semaines. Mais pour que je gagne la même chose, il faudrait que je travaille sept jours sur sept », calcule le père de famille du Lac-Saint-Jean. 

D’autres chercheurs étaient toutefois ravis de leur passage, comme cette femme qui a obtenu un emploi sur place. « On voit les offres d’emploi sur les sites Internet, mais en personne, c’est encore mieux. On peut voir aussi si ça “fit” avec les gens, les employeurs », témoigne la jeune femme. 

« Moi, je viens de revenir de l’extérieur du pays et j’ai trouvé un emploi tout de suite. Ç’a bien été pour moi », raconte Maygan Gagnon, qui a été la seule personne interrogée à accepter de dévoiler son nom.