Les néphrologues Damien Bélisle et Jérôme Pineault misent sur le Fonds des maladies rénales du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour donner un coup de pouce aux personnes défavorisées qui font face à des obligations dans le cadre d’un traitement pour une maladie rénale.

Le rein, cet organe méconnu

L’équipe médicale de la Clinique de néphrologie et de dialyse de l’hôpital de Chicoutimi profitera de la Journée mondiale du rein pour sensibiliser la population à la nécessité de prendre soin de cet organe méconnu, tout en recueillant des dons pour le Fonds des maladies rénales du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’activité de financement se déroulera sous la forme d’une séance de formation populaire et s’adressera à la population en général. La jeune fondation ne souhaite pas recueillir des records en dons, mais vise surtout à générer les fonds nécessaires pour venir en aide aux personnes atteintes de maladies rénales en plus de mettre un peu de gaieté dans les cliniques de dialyse.

Le néphrologue Damiens Bélisle et son collègue et président de la fondation, Jérôme Pineault, sont confrontés régulièrement à des situations où des patients ont des besoins spécifiques qui peuvent devenir des obstacles importants pour un traitement des reins.

« À titre d’exemple, une personne qui a des problèmes de santé buccale doit avoir des traitements pour régler cette situation si elle souhaite obtenir une greffe rénale. Dans certains cas, elles n’ont pas les moyens de payer les soins dentaires et on veut être en mesure de le faire pour lui permettre d’obtenir une greffe et d’améliorer sa santé », explique le spécialiste.

Il arrive aussi qu’un patient en attente d’une greffe ou d’un traitement particulier ait besoin d’un médicament qui n’est pas couvert par la RAMQ. Lorsque ce médicament a un impact sur le traitement, le fonds peut intervenir afin de le payer. Damiens Bélisle assure que tout est fait en fonction d’offrir les meilleures chances possibles au patient pour le traitement de ses problèmes rénaux.

La soirée d’information sera le moment de démystifier le rein qui a, il faut le dire, le dos bien large dans la vie de tous les jours. « Les gens ont mal aux reins, se font un tour de rein. Ça n’existe pas », insiste le médecin avec un sourire.

Cet organe est toutefois important pour le corps humain. Dans la région, il y a plus ou moins 500 personnes qui doivent subir des traitements de dialyse en clinique et à la maison. Dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, pas moins de 25 000 personnes vont connaître dans leur vie, à différents niveaux de gravité, des problèmes rénaux.

un organe à protéger

Si les médecins entendent démystifier l’organe et ses particularités, ils vont aussi parler de l’importance de protéger ses reins. De façon globale, tout ce qui touche les maladies cardiaques est aussi étroitement associé au développement de maladies rénales.

« L’ennemi public numéro 1 pour les maladies rénales est le sel. Il est à la source de l’hypertension et quand ce n’est pas soigné, ça cause des problèmes aux reins », précise le médecin qui ajoute, comme facteur de risque, la croissance importante du diabète qui affecte aussi les fonctions rénales.

Le médecin revient sur le combat contre le sel. Il fait des mises en garde contre la trop grande consommation d’aliments transformés puisque l’industrie nord-américaine, contrairement à l’Europe, utilise de grandes concentrations de sel dans les produits transformés.

La mise en garde s’applique également pour la cuisine préparée d’avance dans les supermarchés. Il y a encore une utilisation de sel importante qui, à long terme, aura des répercussions sur la santé d’une personne.

L’adoption de saines habitudes de vie constitue donc un moyen efficace pour protéger la santé de ses reins au même titre que pour la prévention des maladies cardiaques. Il suffit d’un régime alimentaire équilibré et de faire de l’exercice pour se garder en forme. Le néphrologue Damien Belisle rappelle que le Fonds des maladies rénales fait des dons uniquement dans la région et que chaque dollar recueilli est utilisé pour les personnes ayant des besoins en lien avec les maladies rénales. Il n’y a aucuns frais d’administration.

La soirée d’information populaire se déroulera le 12 mars prochain à l’auditorium Beauchamp de l’hôpital de Chicoutimi. Le coût du billet est de 20 $ et les sommes recueillies serviront à faire l’achat de tensiomètres pour les patients défavorisés de la Clinique de néphrologie et de dialyse du Saguenay-Lac-Saint-Jean.