Gilles Bergeron, Michel Roche, Isabel Brochu et Jacques Pelletier ont présenté la conférence «La gouvernance sous Jean Tremblay».

Le règne de Jean Tremblay analysé

Le règne de Jean Tremblay aura fait reculer la ville de vingt ans. Voilà ce qui ressort, entre autres, d’une conférence organisée par le groupe de recherche et d’intervention régionales. Cette séance de réflexion collective prenait place alors que la mairesse Josée Néron vient de franchir le cap des 100 jours au pouvoir.

Plus d’une trentaine de personnes ont assisté à la conférence « La gouvernance sous Jean Tremblay ». Ce rendez-vous de réflexions et d’échanges aura été l’occasion d’entendre le bilan de Gilles Bergeron, économiste, Isabel Brochu, consultante, Michel Roche, politicologue, et Jacques Pelletier, citoyen impliqué, qui par le passé, se sont opposés à la façon de faire de Jean Tremblay.

Alors que plusieurs se tournent vers des problèmes de gouvernance, la chroniqueuse au Quotidien, Isabel Brochu, cible plutôt un renversement démocratique. « Même si les visages ont changé, le travail à faire est encore énorme », témoigne celle qui cible l’aliénation des citoyens, l’incapacité des médias à jouer leur rôle et une culture d’impunité parmi les nombreux problèmes. Celle qui ne se cache pas d’être une citoyenne militante souligne aussi le profilage politique. Les commentaires négatifs formulés, entre autres, via les réseaux sociaux étaient surveillés et reprochés par l’administration de Jean Tremblay. Une façon de faire qui n’a jamais été décriée, selon elle.

De son côté, Michel Roche, professeur en science politique à l’UQAC, dresse un parallèle entre l’époque de Duplessis et les années de Jean Tremblay à la mairie. « Il y a parfois des ressemblances troublantes entre les deux régimes. Combien ont ressenti en novembre dernier qu’on sortait d’une espèce de noirceur ? », ajoute le politologue. Il a choisi de faire une analyse de cette période sur les bases d’un régime politique de clientélisme. Cette forme de corruption prend place dans le cadre de la démocratie libérale. Il s’agit d’une culture où l’on se sent redevable, a-t-il expliqué.

Les quatre participants ont également présenté des pistes de solutions pour l’actuel mandat. L’ancien professeur Gilles Bergeron propose de redynamiser la participation de la société civile et de ramener la participation des conseillers aux décisions. L’information transmise par les journalistes restera très importante. Toutefois, selon M. Bergeron, Saguenay doit rendre l’information plus compréhensible pour ses citoyens. Limiter le nombre de mandats des maires et conseillers fait également partie des pistes de réflexion proposées par Michel Roche. Selon lui, cette option éviterait la formation de réseaux de clientélismes.

Promotion Saguenay
Questionnée par le public quant à la pertinence de Promotion Saguenay, Isabel Brochu croit que la structure et la mission de l’organisation doivent être revues.