C’est à Saint-Fulgence qu’Arbre-Évolution a réalisé son plus gros projet de plantation, avec la mise en terre de 2150 arbres.
C’est à Saint-Fulgence qu’Arbre-Évolution a réalisé son plus gros projet de plantation, avec la mise en terre de 2150 arbres.

Le reboisement social en vogue dans la région

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Après Saint-Fulgence, Alma, Lac-Bouchette et Roberval, c’est maintenant au tour de la ville de Saint-Félicien de réaliser un projet de reboisement social. Au cours de la fin de semaine, 650 arbres seront mis en terre en bordure de la voie de contournement et dans le parc des Ancêtres. Un projet piloté par Arbre-Évolution qui permettra de capter 135 tonnes de carbone tout en sensibilisant la population.

Samedi matin, une vingtaine de bénévoles sont attendus le long de la voie de contournement, derrière les entrepôts du Centre récréatif Marianne St-Gelais, à Saint-Félicien, pour réaliser un projet de reboisement collectif. Le but : planter 575 arbres pour faire une haie brise-vue et brise-vent sur les terrains de la municipalité et du Cégep de Saint-Félicien.

C’est à Saint-Fulgence qu’Arbre-Évolution a réalisé son plus gros projet de plantation, avec la mise en terre de 2150 arbres.

« On voulait cacher la vue des entrepôts de la foire agricole qui se trouvent près du Centre récréatif en misant sur un projet de reboisement », explique Dany Coudé, le directeur général de la ville de Saint-Félicien.

Dimanche, 75 autres arbres seront mis en terre dans le parc des Ancêtres, sur le boulevard du Jardin, question d’implanter la relève là ou on retrouve plusieurs arbres centenaires.

400 arbres ont été mis en terre, lors d’un projet de reboisement à Alma.

La ville de Saint-Félicien a décidé de travailler avec Arbres Évolution pour réaliser ce projet, car la coopérative a développé un Programme de Reboisement social en 2014. « On a lancé ce programme pour répondre au besoin de verdissement des communautés du Québec tout en faisant de la sensibilisation », explique Simon Côté, coordonnateur d’Arbre-Évolution.

Pour stimuler la plantation d’arbres au plus faible coût possible, la coopérative a développé un modèle d’affaires misant sur la vente de crédits carbone volontaires à des entreprises. Par exemple, les 135 tonnes de carbone qui seront captées grâce à la plantation de 650 arbres à Saint-Félicien ont été achetées, sous forme de crédit carbone compensatoire, par le Mouvement Desjardins et Dataiku, une entreprise franco-américaine qui développe une plateforme de gestion de données et d’intelligence artificielle.

À Lac-Bouchette, le projet a permis de planter 300 arbres.

« Dataiku a choisi de compenser ses émissions avec nous il y a deux ans, en versant 50 000$ pour les projets de reboisement social, souligne Simon Côté. On ne s’y attendait vraiment pas, parce qu’on n’avait jamais entendu parler d’eux et qu’ils n’ont pas d’activités au Québec. Ils ont tripé sur notre projet. »

Ensemble, Dataiku et Desjardins ont injecté un total de 5000$ diminuant grandement le coût du projet pour la ville, qui a investi 4000$ dans l’aventure. Ce mode de financement est un « game-changer », selon Simon Côté, car les municipalités n’ont pas toujours le temps, l’expertise, ni les fonds disponibles pour financer des projets de reboisement.

400 arbres ont été mis en terre, lors d’un projet de reboisement à Alma.

Pour vendre des crédits carbone sur le marché compensatoire, Arbre-Évolution a fait valider son protocole par la Coop Carbone. De plus, l’organisme est aussi parrainé par FSC Canada. Contrairement à d’autres projets de compensation carbone, les crédits ne sont pas audités par un vérificateur indépendant. Nos projets sont souvent assez petits, parfois seulement cinq arbres dans une cour d’école, et les investissements pour faire venir un auditeur ne seraient pas rentables, soutient Simon Côté. On s’est plutôt basé sur un concept de l’ONU, qui permet de valider la plantation avec la communauté.

En travaillant avec les communautés dans des lieux publics, la présence des citoyens sur le terrain vient donc accréditer les plantations et les crédits carbone qui en découlent.

La ville de Roberval a planté plus de 600 arbres dans six sites, cet été, en partenariat avec Arbre-Évolution.

Pour chaque arbre planté, Arbre-Évolution calcule de manière conservatrice la quantité de carbone qui serait capté sur les 50 prochaines années. Ce calcul fait qu’un arbre permet de capter 208 kg de carbone. « C’est un calcul conservateur, parce qu’on sait que les arbres vont vivre plus longtemps et on se garde un tampon de 20 % au cas où il y aurait de la mortalité », soutient Simon Côté.

Depuis 2014, Arbre-Évolution a réalisé 175 projets dans 150 municipalités, plantant plus de 50 000 arbres, générant 10 000 crédits carbone. Bien qu’impressionnants, ces chiffres demeurent petits quand on les compare au reboisement fait en forêt, par exemple.

La ville de Roberval a planté plus de 600 arbres dans six sites, cet été, en partenariat avec Arbre-Évolution.

« On mise sur la qualité plus que sur la quantité », explique Simon Côté. Au-delà de réaliser un projet de plantation qui permettra d’embellir le milieu et de créer un microclimat, en réduisant l’effet du vent, ces projets ont aussi une vocation éducative. « Planter un arbre, c’est un acte de foi en l’avenir, dit-il. C’est rare qu’on puisse poser un geste qui a un impact sur un siècle et qui va profiter aux gens qui ne sont pas encore nés. »

À Saint-Félicien, une dizaine d’essences d’arbres seront plantées, au cours de la fin de semaine, dont plusieurs conifères, mais aussi des feuillus nobles comme des chênes et des érables. « En plus de cacher les entrepôts, on va faire un aménagement qui va créer un microclimat, en coupant le vent, ce qui va permettre de faire d’autres projets dans le futur », souligne Simon Côté.

La ville de Roberval a planté plus de 600 arbres dans six sites, cet été, en partenariat avec Arbre-Évolution.

Bien qu’aucun autre projet ne soit prévu en ce moment à Saint-Félicien, un premier projet est souvent suivi d’autres initiatives. À Saint-Constant, par exemple, Arbres-Évolution en est déjà à son quatrième projet de reboisement.

Le cas de Roberval

La ville de Roberval a elle aussi travaillé avec Arbre-Évolution, au cours de l’été 2020, alors que 685 arbres ont été plantés sur six sites, dont plusieurs parcs municipaux et sur le terrain de l’église.

En offrant un forfait clé en main, avec l’expertise, l’équipement et l’aide financière, Arbre-Évolution a développé une formule gagnante, estime Sabin Côté. « C’est un gros WOW, dit-il pour commenter le projet. On planifiait déjà des projets de reboisement et Arbre-Évolution nous aide à diminuer les coûts, tout en offrant l’aide technique pour l’aménagement. On a l’intention de poursuivre dans ce sens-là au cours des prochaines années. »

Fait à noter, c’est à Saint-Fulgence qu’Arbre-Évolution a réalisé sa plus grosse plantation, alors que 2150 arbres ont été mis en terre. À Alma, 400 arbres ont été plantés et 300 autres à Lac-Bouchette.