Le 5 mai, l'aqueduc s'est fissuré sur quelque 500 pieds, ce qui a engendré une crise de l'eau dans les municipalités de Saint-Bruno, Hébertville-Station et Larouche.

Le rapport offre peu de réponses

Le rapport d'expertise sur le bris d'aqueduc qui a engendré une crise de l'eau dans les municipalités de Saint-Bruno, Hébertville-Station et Larouche, en mai, n'est pas concluant. Les élus se retrouvent ainsi noyés dans l'inconnu.
Invité à commenter le rapport reçu ces derniers jours, le directeur général de la municipalité de Saint-Bruno, Gilles Boudreault, a peiné à cacher son incertitude. «Ce n'est pas facile d'expertiser les raisons du bris de la conduite. Les rapports des divers intervenants disent tous que ce n'est pas leur faute», a-t-il admis, tout en refusant de dévoiler les intervenants ayant fourni des rapports.
Toutefois, selon ce que Le Quotidien a appris, les protagonistes impliqués auraient des raisons de ne pas dévoiler à qui revient la faute, car ils auraient tous une responsabilité engagée datant de la construction de l'aqueduc.
Par exemple, la compagnie experte de Montréal chargée du principal rapport d'analyse, qui est une sommité au Québec pour ce type d'étude, avait été un sous-traitant en 2012 pour les coups de bélier (phénomène de surpression).
Ainsi, la neutralité des intervenants peut être remise en question.
«La cause demeure donc inconnue, a informé M. Boudreault. Le fait qu'on ne mette pas le doigt sur le responsable, ce n'est pas prioritaire. Ce qui est important, c'est d'éviter que ça se reproduise.»
Toujours selon Gilles Boudreault, le bris d'aqueduc serait d'une envergure historique dans la province. Le bris s'était étendu sur une distance horizontale de 500 pieds, rappelle-t-il, ce qui soulève des questionnements et des inquiétudes.
«Se trouver un expert n'est pas plus facile, car ce n'est pas un trouble fréquent au Québec. Ce serait en fait le premier bris d'une telle envergure selon ce qu'ont constaté des experts. On est donc forcé de se tourner vers les États-Unis pour avoir des experts qui ont connu de tels bris. C'est arrivé à Los Angeles et Salt Lake City, entre autres», détaille le directeur général de Saint-Bruno.
«On tente donc de trouver des universités, des centres de recherche ou des laboratoires qui pourraient nous offrir cette expertise à moindres coûts, mais ce n'est pas facile. Ça fait loin pour de l'expertise et les conditions climatiques ne sont pas les mêmes», poursuit M. Boudreault.
«La cause la plus logique revient encore au gel. Les rapports qu'on a reçus écartent l'excavation, l'erreur humaine et la mise à l'eau. L'installation, la manipulation et l'opération semblent normales, mais si on réussit à avoir une autre expertise, on va tout refaire vérifier», soutient-il.
À demi-mot, Gilles Boudreault avoue ne pas avoir réellement cheminé dans ce dossier du bris du 5 mai. «Pour la cause, on est plus ou moins avancé. On en est au même point», a-t-il affirmé.
Toutefois, M. Boudreault souligne que près de 120 000$ ont été investis depuis l'incident pour corriger le bris et permettre le fonctionnement du système. La facture sera partagée entre les trois municipalités, selon des proportions qui devraient ressembler à 65% (Saint-Bruno), 25% (Hébertville-Station) et 15% (Larouche), en vertu d'un protocole d'entente basé sur la consommation.
Par ailleurs, les municipalités ont demandé une estimation pour des travaux de protection du réservoir et comptent procéder à quelques correctifs, notamment avec l'ajout de valves automatiques.
Un long délai semble inévitable dans ce dossier et certains s'inquiètent qu'un nouveau bris survienne sans expertise concluante. M. Boudreault a conclu l'entretien en disant que la municipalité faisait tout en son possible pour éviter un second trouble et qu'aucun signe ne laisse présager une autre défaillance du système.
Nombre de citoyens touchés : 5000
Date du bris d'aqueduc : 5 mai
Réparation du bris : 9 mai
Longueur de la fissure : 500 pieds
Diamètre de la conduite : 16 pouces
Contrat de pose de la conduite : 2009 (Excavation L.M.R. de Saguenay)
Municipalités concernées : Saint-Bruno, Hébertville-Station, Larouche