Le sondage mené par la firme Léger pour le compte de plusieurs organisations vouées à la protection de l’environnement démontre que 46% des Québecois sont défavorables au projet de gaz naturel liquifié.
Le sondage mené par la firme Léger pour le compte de plusieurs organisations vouées à la protection de l’environnement démontre que 46% des Québecois sont défavorables au projet de gaz naturel liquifié.

Le Québec divisé devant GNL: un sondage «déplacé» en plein mandat du BAPE

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
« Le sondage, c’est une autre des stratégies des militants anti-gaz qui tentent de faire couler le projet. »

Porte-parole de GNL Québec, Stéphanie Fortin ne se montre pas surprise des résultats du sondage commandé par des organismes environnementaux et qui dévoile que 46% des Québécois sont défavorables au projet d’usine de gaz liquéfié à Saguenay et du gazoduc. Un sondage qui démontre aussi que seulement 31% des répondants en avaient entendu parler, pointe-t-elle.

« Ce que ça me dit, c’est que les gens à l’extérieur de la région ne s’intéressent pas au projet. Malgré toutes les actions de visibilité qu’on a faite dans la dernière année et celles des militants anti-gaz, seulement 30% des gens connaissaient le projet. C’est 4% de plus que nos sondages qui remontent à 2019. »

En effet, c’est dans les régions que le nombre de personnes favorables à GNL Québec est le plus élevé avec 39%, alors que 41% s’y montrent défavorables.

« C’est un projet qui intéresse les gens du Saguenay. Ce sont les premiers concernés. Monsieur et madame Tout-le-monde, ils ne s’en préoccupent pas, et c’est correct parce que c’est un projet dont les impacts vont être vécus par les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean », mentionne Mme Fortin.

Cette dernière estime d’ailleurs que de commander des sondages alors que le mandat du BAPE bat son plein n’est pas approprié.

« C’est clairement une stratégie pour influencer le BAPE. On n’embarque pas là-dedans. D’où notre discrétion au cours des dernières semaines. C’est un peu dans les règles de l’art de ne pas commencer des campagnes de publicité en plein mandat du BAPE. Et on ne mesure pas l’acceptabilité par des sondages, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Le BAPE, c’est là-dessus qu’il se penche en ce moment et on le laisse faire le travail à cet égard », indique la porte-parole.

Questionnée sur le montage financier du projet, Mme Fortin assure que plusieurs chantiers sont en cours. L’équipe a également pris connaissance de tous les mémoires déposés pendant les audiences et certains pourraient avoir inspiré des modifications au projet.

« On a vu des suggestions intéressantes provenant du milieu, notamment sur les retombées. On va donc continuer les échanges, bonifier le projet et surtout faire mieux », insiste Stéphanie Fortin.

Le sondage, précisons-le, a été réalisé en ligne par la firme Léger. Près de 1000 personnes ont répondu aux questions du 20 au 22 novembre. Les gens questionnés se sont également montrés en majorité contre une potentielle participation financière de l’État dans ce projet.

Le Groupe GNL SAG-LAC en ajoute

GNL Sag-Lac, le groupe Facebook en appui au projet qui compte 37 000 membres, a tenu à « remettre les pendules à l’heure » relativement au sondage dont plusieurs médias ou formations politiques ont fait écho en soulignant que la population du Québec était divisée autour de ce projet.

Sans remettre en question les résultats globaux, le porte-parole de GNL Sag-Lac, Yvon Laprise, se réjouit plutôt de constater que l’appui au projet était nettement en hausse à l’échelle du Québec. « Bonne nouvelle, le soutien au projet fait un bond de 11% au Québec ! Le sondage Léger réalisé dans les derniers jours montre que 34% soutiennent le projet contre 46% qui sont d’avis contraire. Il s’agit d’une nette progression par rapport à l’an dernier. Le sondage SOM de l’automne 2019 montrait un appui de 23% alors que 39% des répondants qui s’y opposaient. »

Il croit d’ailleurs que les détracteurs préfèrent mettre l’accent sur les 54% de la population qui sont contre un soutien financier puisque « les chiffres du dernier sondage ne leur plaisent pas ».

Un sondage peu crédible

M. Laprise croit d’ailleurs que la crédibilité du sondage laisse à désirer, considérant qu’il n’y a pas assez d’informations concernant le projet. « Est-ce qu’on a dit qu’Énergie Saguenay émettra 85% moins de GES que les autres usines de liquéfaction dans le monde ? Est-ce qu’on a dit que le Québec émet 0,18% des GES dans le monde et la Chine 28% ? Est-ce qu’on demande aux gens s’ils sont d’accord pour qu’on agisse globalement sur la planète ? Voilà des questions qui doivent faire partie d’un sondage quand on veut être crédibles. »

Selon lui, les chiffres ne représentent pas la réalité de la région où le projet prendrait forme. « Au vu et au su de ces chiffres, nous demandons maintenant à la firme de sondage de publier les chiffres spécifiques à la région. Un sondage SEGMA Recherche, réalisé à l’automne, montre un appui de plus de 85% de la population régionale. Sans compter que nous sommes 37 000 membres d’un groupe Facebook en faveur de ce projet. Voilà des chiffres qui comptent », conclut le porte-parole de GNL Sag-Lac.