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La travailleuse de rue Roxanne Gervais était bien heureuse de participer à l’assemblage des paquets cadeaux, mardi dernier, tout juste avant leur distribution.
La travailleuse de rue Roxanne Gervais était bien heureuse de participer à l’assemblage des paquets cadeaux, mardi dernier, tout juste avant leur distribution.

Le quartier Saint-Paul en aide aux itinérants [VIDÉO]

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
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Le Carrefour communautaire Saint-Paul s’est associé au Service de travail de rue de Chicoutimi pour venir en aide aux itinérants de Saguenay. Le Carrefour a mis sur pied l’initiative « Cadeau chez soi » en encouragent les gens du quartier à être solidaire avec les personnes sans-abri, en donnant des trousses de produits d’hygiène et d’articles faits maison, le tout avec une petite touche personnalisée.

En tout, une trentaine de trousses ont pu être remises aux personnes en situation d’itinérance, ce qui a fait le grand bonheur de la directrice générale du Service de travail de rue de Chicoutimi, Janick Meunier.

« Le Carrefour m’a contacté, sachant qu’on vivait une réalité difficile dans les derniers mois. Isabelle Brassard voulait aider tout en faisant un geste de solidarité dans le quartier Saint-Paul, ce que nous avons accepté rapidement. La majorité du temps, on court après l’aide dont on a besoin, alors ça fait du bien de voir des gens penser à nous. C’est une chance qu’on a eue. Ils ont tout organisé de A à Z. Il nous restait seulement à faire la distribution. »

De son côté, l’artiste-intervenante pour le Carrefour communautaire Saint-Paul, Isabelle Brassard, a trouvé une façon de faire d’une pierre deux coups. « On cherchait une initiative pour revaloriser le quartier et que les gens soient fiers de leur milieu de vie. On a approché le service de travail de rue pour voir les besoins et on nous a parlé de l’itinérance et des besoins de ces personnes. On a donc décidé d’essayer d’apporter du réconfort à ces personnes-là avec de petits cadeaux. »

Pour ce faire, Mme Brassard a approché les résidants du quartier pour qu’ils confectionnent de petits cadeaux et la réponse a été très positive. « On a approché les familles et les gens seuls du quartier pour produire des cadeaux. À l’intérieur, il y avait des produits d’hygiène, des trucs à grignoter et un petit mot pour personnaliser le cadeau. Il y en a aussi qui ont donné des livres. On a aussi fait un concept de capuchon-col et de mitaines que les gens ont cousu à la maison. »

En plus des gens du quartier, Mme Brassard a sollicité l’appui de la population de la région, ce qui aura permis d’amasser encore plus de cadeaux, même un léger surplus qui ne sera pas perdu.

« On a aussi fait des collectes un peu partout à Saguenay et aux alentours pour amasser des produits d’hygiène. Avec ça, on a remis des boîtes au Service de travail de rue avec les surplus qu’on avait, donc ils auront un peu de produits en banque pour aider à plus long terme. »

La solidarité se fait sentir

Selon Mme Meunier, la situation de l’itinérance est grandissante à Chicoutimi et il y a une augmentation du nombre de personnes touchées. « À l’heure où on se parle, nous sommes en lien avec une douzaine d’hommes qui dorment encore partiellement dans la rue. Il y en a qui vont dans les refuges d’urgence, mais d’autres qui préfèrent encore être dans la rue et qui ne vont pas du tout dans les ressources. Au total, on parle d’une trentaine de personnes qui sont en situation d’itinérance », déplore Janick Meunier.

D’autres initiatives ont également vu le jour au cours des derniers mois et Mme Meunier voit un élan de solidarité en ces temps difficiles. « Il y a quelques semaines, on a fait une collecte de sacs de couchage. Rapidement, on a dû arrêter parce qu’on en avait déjà bien assez. Je pense qu’il y a un bel élan de solidarité au sein de la population et la problématique est plus visible à Saguenay qu’avant. Quand on le voit, on a tendance à mieux comprendre, et les gens donnent davantage. »

Cette aide supplémentaire survient à un moment bien opportun alors qu’avec la fermeture des restaurants et des édifices publics, ces personnes n’ont plus de place pour se réchauffer, aller à la salle de bain ou prendre un café.

« On est dans les besoins de base. Ils se réfugient donc souvent dans des portiques de commerces et on reçoit des appels pour leur présence, et pas seulement au centre-ville. C’est un geste apprécié. Ces personnes-là ont besoin d’avoir de petites choses pour se réchauffer, de produits d’hygiène ou même de bouteilles d’eau. Ç’a l’air simple, mais ils n’ont plus de place pour boire », conclut Mme Meunier.