Le quart des naissances par césarienne

L’Observatoire des tout-petits de la Fondation Lucie et André Chagnon a publié un portrait des enfants âgés de zéro à cinq ans pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean qui révèlent quelques données intéressantes, notamment sur l’allaitement et les césariennes.

« De façon générale pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le portrait 2017 comprend des bonnes nouvelles, mais aussi des données préoccupantes. (...) On publie notre portrait pour que les différents secteurs interpellés en prennent connaissance, comme la santé, l’éducation, les gens d’affaires ou les élus. On souhaite que ces gens-là prennent acte du portrait et qu’ils se demandent ce qui peut être fait », a fait savoir au Quotidien, Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Les césariennes

Le rapport indique qu’en 2016 dans la région, 24,2 % des accouchements ont été réalisés par césarienne, contre 24,9 % pour la province. Le pourcentage régional était de 20,1 % en 2002. Il s’agit donc d’une hausse de 20 % en 15 ans, ce qui est semblable à la moyenne québécoise pour la même période. « On est au-dessus des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon eux, une proportion entre 10 % et 15 % devrait être l’idéal. Il faut se poser la question pourquoi on est au-dessus des normes internationales. On n’a pas la réponse, mais on espère que les gens en périnatalité vont prendre connaissance de ça », a-t-elle poursuivi.

Le Quotidien a posé la question au porte-parole du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc-Antoine Tremblay. « Tant qu’on reste dans le 22-24 %, on est dans les bonnes pratiques. Nos ratios ne sont pas préoccupants du tout », a-t-il exprimé. Il avançait cependant une explication à la hausse connue depuis 15 ans. « En 2002, l’hôpital de Chicoutimi n’avait pas la désignation pour les grossesses à risque », a-t-il mentionné, expliquant que ces derniers cas peuvent résulter plus souvent en des accouchements par césarienne. Il faut toutefois rappeler que la hausse provinciale a été la même.

L’allaitement

Pour ce qui est de l’allaitement, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se démarque statistiquement. Selon l’enquête de 2013-2014, 75,7 % des femmes âgées de 15 à 55 ans ayant donné naissance à un enfant au cours des cinq années précédentes ont allaité ou essayé d’allaiter leur dernier enfant. C’est presque 15 % de moins que la moyenne provinciale qui se situe à 89 %. Selon Mme Dagenais, il s’agit tout de même d’une augmentation par rapport aux années précédentes, mais moins marquée qu’ailleurs dans la province. Elle a rappelé que l’OMS recommande l’allaitement jusqu’à six mois.

Accès aux médecins

Comme il avait été rapporté récemment dans ces pages, la région fait belle figure par rapport au nombre de patients qui ont accès à un médecin. Ainsi la proportion de familles ayant un médecin de famille ou un pédiatre pour tous leurs enfants de zéro à cinq ans en 2015 était de 92,4 % dans la région, contre 88,8 % pour la moyenne provinciale. « Le problème d’accès est moins élevé dans la région, mais on vise qu’il n’y en ait aucun », a souhaité Mme Dagenais.

Niveau de vie

Quant au niveau de vie des familles, 8 % des tout-petits de la région vivaient dans une famille à faible revenu en 2015, contre 13,4 % en 2004. Et depuis 2006, le nombre de naissances a augmenté de seulement 0,6 % contre 5,4 % pour l’ensemble du Québec.

Taux de mortalité

Le rapport indique aussi que le taux de mortalité infantile est généralement plus élevé au Saguenay-Lac-Saint-Jean que dans le reste du Québec. Les chiffres précisent, pour les années 2009-2013, un taux de 6,7 enfants sur 1000 naissances qui décèdent avant un an, soit une augmentation de 34 % par rapport à 1999-2003. Entre l’âge d’un et quatre ans, le taux s’est établi à 0,13 enfant pour 1000 naissances. Le taux était de 0,38 dix ans plus tôt.

L’asthme

Finalement, l’asthme semble en forte baisse dans la région, passant de 753,6 hospitalisations pour 100 000 enfants de quatre ans et moins en 2007-2010 à 373 en 2013-2016, ce qui est encore beaucoup plus élevé que la moyenne provinciale qui se situe à 162,4. Toutefois, l’Observatoire publie une note disant qu’il faut interpréter avec prudence cette variation statistique.