Le maire Marc Asselin signe la préface du premier roman de l’honorable Gratien Duchesne. Les deux hommes entourent l’épouse de M. Duchesne, Ginette Guérin, qui a aidé son mari pendant les dix années d’écriture.

Le projet secret de Gratien Duchesne

Après avoir rédigé des dizaines de jugements à la Cour supérieure du Québec, l’honorable Gratien Duchesne s’est consacré à un autre registre, au cours des 10 dernières années, soit la rédaction d’un polar d’anticipation. C’est devant sa famille, ses amis et une partie de la communauté juridique régionale que le juge à la retraite a présenté les deux premiers tomes de son roman Le Consortium.

Il y a deux semaines, celui qui s’est fait la promesse tôt dans sa vie d’écrire un roman policier a pris ses frères, ses sœurs et sa mère de 91 ans par surprise en leur dévoilant le fruit de son travail d’écriture. Personne n’était informé du projet qui l’a occupé pendant une décennie, à l’exception de sa conjointe, Ginette Guérin, et de ses trois enfants.

Au cours des dernières décennies, l’auteur s’est inspiré de ce qui l’entourait. Pour une première fois, il a dévoilé sa démarche au Quotidien. « C’est la première fois que j’en parle. Pendant une vingtaine d’années, j’ai ramassé des impressions que j’avais et certains faits imaginaires. J’en ai ignoré beaucoup alors que d’autres m’ont été très utiles. J’ai aussi mis de côté des citations et des phrases de mes jugements », a confié celui qui a dédié sa vie à la pratique du droit.

L’univers juridique ne reste jamais bien loin de celui qui a consacré 21 années à la magistrature. Le Consortium en est la preuve. « Il y a un procès dans le livre. C’est un procès intrigant. Le fait d’avoir été procureur de la Couronne, ça m’a aidé », a expliqué celui qui dévoilait son premier roman, mardi, à l’hôtel de ville d’Alma.

Questionné quant à la différence qui existe entre sa carrière dictée par les lois et l’écriture d’un roman qui fait appel à la créativité et à l’imagination, l’honorable Gratien Duchesne assure n’y avoir jamais réellement réfléchi.

Fidèle à l’image qu’il projette, il a pris son travail d’écriture très au sérieux. « J’écrivais tous les jours, mais jamais plus que quatre heures par jour. J’étais très concentré, comme dans les jugements que je rendais. Je rendais mes jugements la porte fermée et sans musique », témoigne celui qui avoue que cette passion est fatigante.

L’adage voulant que derrière chaque grand homme se cache une femme prend tout son sens alors que Mme Guérin a accompagné son mari dans cette aventure de création littéraire. Celle avec qui il partage sa vie depuis 47 ans tapait ses écrits à la dactylo et ne se gênait pas pour commenter l’histoire, et ainsi réclamer des modifications. D’ailleurs, le projet de roman occupait la majorité de leurs discussions.

La vie a obligé le couple formé de Gratien Duchesne et de Ginette Guérin à prendre une pause bien involontaire de l’écriture pendant près de deux ans alors que la maladie s’est invitée. Heureusement, M. Duchesne se fait rassurant en soulignant que son épouse est maintenant guérie.

En rédigeant Le Consortium, Me Duchesne n’avait aucun objectif en tête. L’intérêt de son comité de lecture l’a amené à amorcer le travail de correction en février 2018. C’est avant tout pour sa famille qu’il s’est lancé dans un tel exercice. « C’est quelque chose qui nous reste. On en est fiers », conclut celui qui avoue avoir un penchant pour le deuxième tome.

La préface du roman est signée par le juge retraité Jean-M. Morency et le maire d’Alma, Marc Asselin. « Depuis des années, je connais bien notre écrivain. C’est quelqu’un qui a beaucoup marqué notre société et qui a une bonne réputation », a mentionné ce dernier, en début de cérémonie.

L’honorable Gratien Duchesne ne met pas de côté l’idée d’un troisième tome qui mettrait, une fois de plus, la ville d’Alma en vedette. Une seule condition prime pour celui qui a déjà une idée de la trame de fond, celle de vendre les 1000 exemplaires imprimés.

ALMA AU COEUR DU RÉCIT 

Le roman policier d’anticipation qu’est Le Consortium met en scène un avocat montréalais qui se retrouve confronté à une organisation internationale. Après avoir échappé à une tentative d’assassinat, Me Rick Centre devra replonger dans son passé. L’enquête qu’il mène en compagnie du hackeur Francis Perrot et de la mystérieuse Felicity lui fera découvrir une organisation secrète aux ramifications mondiales.

« Ils vont affronter des bandes de motards, la pègre et le Consortium. Il s’agit d’un regroupement international extrêmement puissant de gens fortunés qui veulent avoir le contrôle de l’humanité. Ils procéderont de différentes façons pour y arriver. Le trio va tenter de déjouer les plans des motards, de la pègre et du Consortium », raconte l’honorable Gratien Duchesne. 

Le lecteur fera le tour de la planète alors que Le Consortium l’amènera d’Alma jusqu’en Australie en passant par le Japon. Le roman vise également à faire réfléchir quant aux potentiels dérapages « des nouvelles technologies mises au service des gouvernements ».

Quelques privilégiés ont eu l’occasion de découvrir l’œuvre de l’auteur Gratien Duchesne avant sa présentation officielle. Me Claude Lemieux, qui côtoie l’auteur chez SBL Avocats, qualifie sa plume d’un mélange entre Dan Brown et John Grisham. « On reconnaît le centre de ce roman qui est Alma. Je savais que Gratien était un homme de culture, mais j’ai été surpris par l’ampleur de sa culture », a-t-il confié à la trentaine de personnes qui participaient à la présentation du roman.


Le juge à la retraite et maintenant auteur Gratien Duchesne a dédicacé, mardi, de nombreux livres pour sa famille et ses amis.

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UNE RETRAITE ACTIVE 

La retraite n’a rien de fade pour l’honorable Gratien Duchesne. Après avoir exercé le droit pendant plus de cinq décennies, le juge de la Cour supérieure du Québec à la retraite n’a toujours pas quitté la pratique. 

Son plaisir professionnel réside maintenant dans son rôle d’avocat-conseil chez Simard Boivin Lemieux (SBL Avocats). Celui qui s’y consacre au maximum une journée par semaine le fait dans l’objectif de garder son esprit en action. « C’est aussi pour le milieu. Les amis, les avocats et les jeunes avocats, ça m’apporte un plaisir fou de les côtoyer. C’est agréable », confie celui qui est membre du Barreau du Québec depuis 1974.

Le maire d’Alma, Marc Asselin, a également révélé les passions pour la moto et l’ébénisterie qu’a entretenues celui qui vient de faire paraître son premier roman.