Le site de microliquéfaction de gaz naturel projeté à Jonquière compterait deux fois plus d’unités que celui-ci.

Le projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel à Jonquière progresse

Le projet de Solutions de gaz décentralisées Canada (DGSC) d’implanter un site de microliquéfaction de gaz naturel à Jonquière, qui devrait nécessiter des investissements de 120 M$ d’ici 2021 et générer des retombées annuelles de près de 10 M$ dans la région, a été présélectionné par le gouvernement québécois pour approvisionner des entreprises de la Côte-Nord.

Même si les principaux clients, soit l’aluminerie Alouette à Sept-Îles et l’usine de bouletage d’ArcelorMittal à Port-Cartier, optent pour une des trois autres propositions retenues lors de l’appel d’offres, DGSC compte tout de même poursuivre ses démarches. L’entreprise veut s’installer près du réseau d’Énergir, source du gaz naturel qui serait liquéfié puis transporté par camions-citernes.

«Il y a d’autres possibilités pour le gaz naturel liquéfié sur la Côte-Nord. Compte tenu du potentiel du marché, on veut continuer de se développer, assure le chef de la direction Stéphane Boyer, en entrevue téléphonique. C’est une position stratégique. En s’installant au point le plus au nord du gazoduc déjà existant, ça donne aussi accès au Nord-du-Québec et à l’Abitibi-Témiscamingue.»

Le terrain convoité, d’une superficie d’environ quatre hectares entre la rue Panet et l’autoroute 70, dans la zone industrielle, appartient à la Ville de Saguenay. Le projet de DGSC a reçu l’appui du conseil lors d’une résolution adoptée en octobre, avant la date de limite de dépôt. Une quinzaine d’emplois pourraient être créés, sans compter ceux pour le transport. Des discussions ont lieu pour trouver un partenaire local, qui doit avoir des équipements particuliers et donner une formation spéciale aux chauffeurs.

Les retombées économiques pour la région viendront en grande part de la facture d’Hydro-Jonquière, indique M. Boyer.

DGSC devrait présenter son projet à la population dans les prochains mois, mais déjà, l’entreprise veut éviter toute confusion avec le projet Énergie Saguenay de GNL Québec. «C’est une tout autre envergure. On ne vise pas les mêmes marchés et on ne fait pas d’exportation. On est environ trente fois plus petit», nuance Stéphane Boyer.

Les unités mobiles de microliquéfaction Cryobox qui seraient utilisées au site de Jonquière n’ont pas encore été déployées au Canada pour l’instant, mais on en trouve aux États-Unis et en Amérique du Sud. Avec un cycle thermodynamique à haute pression, le gaz naturel est converti à l’état liquide à une température d’environ moins 160 degrés Celsius.

Les utilisateurs finaux de la desserte en gaz naturel liquéfié devraient prendre leur décision à l’automne. Énergir a aussi déposé son propre projet avec son usine montréalaise. Stéphane Boyer explique que l’accès au gaz naturel est assuré pour DSGC, puisque l’activité d’Énergir est réglementée sur cet aspect.

DSGC doit franchir encore plusieurs étapes, par exemple des analyses environnementales. Plusieurs rencontres sont prévues, par exemple avec des représentants de Ville de Saguenay pour s’entendre sur l’achat du terrain.

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GAUDREAULT «SOUHAITE LA BIENVENUE»

Même s’il s’oppose au projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel d’Énergie Saguenay et au projet Gazoduq, le député de Jonquière Sylvain Gaudreault «souhaite la bienvenue» dans sa circonscription à Solutions de gaz décentralisées Canada (DGSC). Il souhaite que l’entreprise développe avec Énergir un plan de reconversion de leur approvisionnement pour favoriser le gaz naturel renouvelable.

Ce gaz est produit par exemple à partir de matières putrescibles recyclées dans des sites d’enfouissement ou de résidus forestiers. «Énergir a justement fait réaliser une étude qui montre le potentiel gigantesque dans la région avec la biomasse», met de l’avant l’élu en entrevue téléphonique. En mars, le gouvernement du Québec a d’ailleurs haussé par règlement la proportion de gaz naturel renouvelable qui doit être livrée par un distributeur.

«Ça permet de réduire l’empreinte environnementale, souligne M. Gaudreault. C’est bien que l’entreprise s’installe et commence avec du gaz naturel conventionnel, mais d’ici quelques années, il faudrait reconvertir la source d’approvisionnement. La région pourrait être un beau laboratoire.»