C'est avec regret que l'ingénieur à la retraite et passionné d'histoire, Gilles L. Michaud, ferme les livres de l'organisme sans but lucratif qu'il a cofondé en 2008 dans le but d'implanter le Centre patrimonial d'Arvida.

Le projet de musée abandonné

La Corporation patrimoniale d'Arvida (CPA) ferme les livres. L'organisme sans but lucratif (OSBL), qui avait pour principal objectif d'implanter un musée dans la cité du métal gris, a demandé la permission de se dissoudre au Registraire des entreprises du Québec.
Cette demande ne s'est pas faite sans un pincement au coeur pour l'ex-ingénieur et passionné de l'histoire d'Arvida, Gilles L. Michaud. Invité à expliquer les motifs de la dissolution après la parution d'un avis en ce sens dans Le Quotidien il y a quelques jours, l'ancien employé d'Alcan s'est dit à bout de souffle.
Gilles L. Michaud ne veut pas soulever de polémique, mais il laisse entendre que lui et ses collègues de la CPA restent avec un goût amer en bouche. L'organisme comptait notamment en ses rangs l'ancien maire d'Arvida et de Jonquière, Francis Dufour, et le professeur en relations industrielles de l'UQAC, Pierre Deschênes. Jean-Hugues Lalancette a aussi fait partie des membres fondateurs de la petite corporation, officiellement enregistrée en 2008. L'entité a succédé au Centre de valorisation d'Arvida et de l'aluminium (CVAA), qui lorgnait l'église Saint-Jacques pour y installer un centre d'interprétation en deux volets. Le premier était consacré aux artéfacts et aux divers procédés de fabrication d'hier à aujourd'hui, alors que le deuxième était axé sur l'interprétation et les visites pédagogiques. Le temple religieux a finalement été acquis par Robert Doré, le patron de Québec Issime. 
Manque de soutien
« On a travaillé très fort sur ce projet-là, mais on n'a jamais obtenu le soutien de la Ville. Elle a formé la Corporation pour la reconnaissance patrimoniale d'Arvida (CORPA) et il y a eu quelques tentatives de rapprochement qui n'ont jamais fonctionné. La Ville a suggéré qu'on devienne un appendice du Musée Sir William Price, mais nous n'avions pas les mêmes objectifs », raconte Gilles L. Michaud, qui a été nommé membre du Club des ambassadeurs d'Arvida l'an dernier. Le citoyen natif de la rue Hunt possède une imposante collection d'objets, de documents d'archives et de photographies relatant l'histoire d'Arvida. 
Le groupe de Gilles L. Michaud n'a jamais réussi à obtenir des engagements financiers des trois paliers de gouvernement, nécessaires à l'implantation de son musée. 
« On avait réussi à convaincre Étienne Jacques et Rio Tinto avait accordé 20 000 $ au projet. Le CQRDA avait mis 10 000 $. On a obtenu des archives du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), qu'on a remis à la Société historique. On a recueilli plein d'artéfacts. On y croyait vraiment », énonce Gilles L. Michaud. Après avoir constaté que le projet de centre d'interprétation ne verrait pas le jour, faute de moyens financiers, la corporation a remis l'argent à la compagnie.
Des capsules en héritage
Au cours des dernières années, les dirigeants du Centre patrimonial d'Arvida ont réalisé des capsules vidéo à partir de 35 entrevues faites avec d'anciens cadres supérieurs d'Alcan. 
« C'est ce qu'on va laisser comme héritage. Quand on a fermé les livres, il nous restait environ 8000 $. Cet argent a été donné à l'UQAC pour des bourses qui seront remises aux étudiants », poursuit Gilles L. Michaud.  Le conseiller municipal Carl Dufour pointe que le financement public nécessaire à la création de nouveaux musées est extrêmement difficile à obtenir. Selon lui, c'est pour cette raison qu'il n'a pas été possible pour le groupe de M. Michaud de réaliser son projet.
« Il aurait pu y avoir un maillage avec un autre organisme et on a offert que leur projet se greffe à un musée existant (Sir William Price), mais ça n'a pas pu se faire. Personne ne pouvait s'engager financièrement et on vit un peu la même chose en ce moment. Gilles Michaud est un excellent ambassadeur pour Arvida. Si le projet de reconnaissance avance, c'est beaucoup grâce à lui », a mis en relief l'élu, qui préside également le Comité pour la reconnaissance patrimoniale d'Arvida (CORPA). L'organisme mène une démarche en vue de faire reconnaître Arvida comme patrimoine exceptionnel mondial par l'UNESCO. Il n'y a toujours pas de musée dédié à l'histoire d'Arvida et à l'aluminium, mais l'implantation de ce type d'installation figure parmi les projets caressés par le conseiller Dufour et ses collègues.
Quelques dates
1999 : L'architecte Léo Lapointe, Gilles L. Michaud et l'ancien surintendant d'Alcan E.W. Taylor oeuvrent à la mise en place du Musée de l'aluminium Alcan.
2004 : Le regretté Roch Laroche, Francis Dufour et une équipe multidisciplinaire veulent trouver une nouvelle vocation pour l'église Saint-Jacques. Le projet est abandonné en 2007.
2008 : Gilles Michaud, Jean-Hugues Lalancette, Pierre Deschênes, Francis Dufour et d'autres partenaires fondent le Centre patrimonial d'Arvida (CPA).
2017 : La CPA est dissoute.