Le projet de chemin de fer QcRail progresse

Le projet de chemin de fer QcRail évalué à 1,5 G $ initié par Innovation et développement Manicouagan, pour relier l’Ouest canadien au port en eau profonde de Baie-Comeau en passant par Dolbeau-Mistassini, entrera dans sa phase de réalisation dans les prochaines semaines, avec les études de faisabilité et la préparation des études environnementales.

Ce projet, qui consiste à construire un tronçon de chemin de fer de 370 kilomètres à partir de Dolbeau-Mistassini avec un point d’arrivée dans le parc industriel de Baie-Comeau, n’a pas vraiment soulevé d’intérêt au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En phase de construction, il aura des retombées économiques majeures pour la région dans une perspective de croissance des exportations vers l’Europe.

« Que les projets de BlackRock ou d’Arianne Phosphate se réalisent ou non n’aura pas d’impact sur la justification de notre projet, qui vise principalement à relier Winnipeg (l’Ouest canadien), au port en eau profonde de Baie-Comeau. Notre projet n’est pas contre le Saguenay ou Grande-Anse, puisque nous avons identifié un vaste marché potentiel dans huit secteurs économiques », précise Guy Simard, directeur général d’Innovation et développement Manicouagan.

Selon une étude préliminaire sur le potentiel de développement de ce service, le Canada verra ses exportations croître de 14 à 32 millions de tonnes métriques de différentes marchandises, d’ici 2024. Port de Saguenay transborde approximativement 325 000 tonnes métriques par année. Ces exportations, selon Guy Simard, seront concentrées sur les marchés d’Europe et découlent des ententes de libre-échange. Le port de Baie-Comeau, dans un tel contexte, a une position stratégique intéressante, et le projet permettra de faire une boucle nordique pour le transport de marchandises.

« Quand on regarde les quantités identifiées dans les analyses de préfaisabilité, on comprend que nous n’enlevons rien à personne. Au contraire, le projet va avoir des impacts partout pendant la construction et l’exploitation. L’idée est de créer une route d’exportation par le système de voies ferrées du nord, puisque la route du sud commence à être assez engorgée », poursuit M. Simard.

Le prolongement du chemin de fer du Canadien National d’une longueur d’environ 370 km débute à environ 10 km au sud-ouest de la ville de Dolbeau-Mistassini, pour se raccorder au chemin de fer existant de la de la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau dans le parc industriel régional Jean-Noël-Tessier de Baie-Comeau.

Le DG d’Innovation et développement Manicouagan explique que cette nouvelle route des exportations permettra aux entreprises de gagner un temps précieux par rapport au réseau de transport du sud. Un wagon de potasse qui est expédié à partir de la Saskatchewan va atteindre un port d’Europe en six jours de moins par la route du nord. Ce sont des gains majeurs dans un contexte d’exportation.


« Le projet va avoir des impacts partout pendant la construction et l’exploitation. L’idée est de créer une route d’exportation par le système de voies ferrées du nord, puisque la route du sud commence à être assez engorgée. »
Guy Simard

« Par le sud, le wagon est transbordé au port de Sudbury, et les bateaux empruntent la route des Grands Lacs et le réseau des écluses du Saint-Laurent. Il y a aussi un problème pendant la période hivernale, alors que le transport maritime est restreint. La route du nord permet d’expédier le même wagon d’un seul trait jusqu’au port en eau profonde de Baie-Comeau. La potasse est transbordée dans un bateau qui est déjà à l’entée du golf Saint-Laurent », reprend Guy Simard.

Le promoteur a déjà identifié des sources de financement. Le gouvernement fédéral a prévu une enveloppe de 10,1 G $ pour le programme du Fonds national des corridors commerciaux. Québec a mis de l’avant la Stratégie Saint-Laurent, en plus du Plan Nord.

« Nous avons eu des contacts avec des fonds spécialisés pour du financement privé. C’est intéressant d’investir dans une infrastructure qui aura une longue durée de vie », insiste Guy Simard.

L’organisme de développement économique dispose d’appuis solides dans le monde des affaires. L’entreprise Alcoa est présente à la table, en plus de la multinationale Cargill, qui opère un port d’exportation de grain à partir de Baie-Comeau. « Il y a déjà sur place une expertise intéressante, et les installations portuaires actuelles pourraient répondre à une augmentation du transbordement », conclut-il.