Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay.
Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay.

Le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay contre un moratoire sur les grands projets

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard, demande au gouvernement du Québec de refuser l’imposition jusqu’en 2023 d’un moratoire sur les grands projets actuellement en gestation au nom du droit du Saguenay-Lac-Saint-Jean d’assumer son développement économique.

Réagissant au dévoilement de l’étude réalisée par des chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et du Groupe de recherche sur les mammifères marins (GREMM) suggérant l’imposition d’un moratoire sur les projets de développement, M. Savard a mentionné qu’il était en colère. Il y a lieu de se demander, selon lui, comment il faut entrevoir l’avenir économique de la région si tous les projets sont bloqués en raison de l’impossibilité d’utiliser sa principale voie navigable que constitue le Saguenay.

« Si Rio Tinto ou Résolu arrivent avec de nouveaux projets qui demanderaient une plus grande utilisation du Saguenay, faudrait-il y renoncer ? », se questionne-t-il.

Gérald Savard affirme que la région a besoin de ces grands projets et c’est pourquoi les élus ont adopté dans le passé une résolution d’appui, à la condition qu’en matière d’environnement, ils soient conformes à la réglementation en place.

Le préfet croit que les promoteurs sont en mesure de réaliser leurs projets tout en faisant preuve d’innovation. Il cite en exemple les promoteurs du projet minier Arianne Phosphate qui ont proposé l’utilisation des bateaux de transport de bauxite de Rio Tinto pour limiter le nombre de passages dans le fjord du Saguenay, tandis que GNL Québec s’est engagé à utiliser des méthaniers plus silencieux.

« On ne peut pas arrêter les autos, les bateaux, les camions qui viennent dans la région. Il nous faut être les meilleurs en matière de transport et il faut innover », déclare-t-il.

Un autre fait qui appuie le refus du moratoire est que les chercheurs n’en sont qu’à la première année d’un projet de cinq années portant sur les interactions entre la navigation et les bélugas.

Pour le préfet, le public est en droit de se demander si le bruit sous-marin est le principal facteur de mortalité du béluga ou si plutôt la pollution chimique présente dans le Saint-Laurent ou le Saguenay n’est pas la principale cause.

Selon les analyses dévoilées par l’UQO et le GREMM à partir de photographies, il a été révélé qu’au moins 50 % de la population adulte de bélugas du Saint-Laurent fréquente le fjord du Saguenay. Il en est de même pour environ 67 % des femelles adultes.