Le PQ veut contrer la « financiarisation » des terres

Réagissant à la décision du Fonds de solidarité FTQ et de la Caisse de dépôt et placement du Québec d'investir dans la société Pangea, le député de Berthier à l'Assemblée nationale, André Villeneuve, et son collègue de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, croient qu'il est temps pour le gouvernement Couillard d'inscrire au feuilleton le projet de loi 599 visant à contrer la « financiarisation » des terres agricoles.
Le parrain du projet de loi rappelle que l'objectif est de mettre en place un processus qui édicterait des mesures de contrôle lors de l'acquisition d'une ou plusieurs terres. Toute personne acquérant une terre de plus de 100 hectares serait obligée de la déclarer et d'obtenir une autorisation préalable de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).
Même si le projet de loi porte la notion d'accaparement dans son titre, M. Villeneuve préfère le terme « financiarisation » puisqu'il est évident qu'avec la démographie mondiale en croissance, la perte de 30 millions d'hectares par année, les terres agricoles sont en train de devenir une valeur refuge pour des investisseurs comme Pangea et d'autres. 
Dans ce contexte, le porte-parole péquiste croit qu'il est nécessaire d'examiner la finalité des transactions d'autant plus que Pangea laisse entendre qu'elle est partenaire avec les agriculteurs-propriétaires jusqu'à hauteur de 49 % et qu'au terme des ententes signées, les agriculteurs recouvrent la propriété pleine et entière de leur terre. L'examen pratiqué par la CPTAQ permettrait non seulement de savoir à qui seront vendues les terres agricoles, mais aussi s'il n'y a pas d'autres intérêts comme des fonds d'investissement aux moyens infinis impliqués dans les transactions.
Selon lui, il est clair que le modèle de la relève apparentée doit être privilégié afin que les agriculteurs puissent transmettre à leurs enfants les entreprises agricoles. Pour ceux qui n'ont pas de relève ou pour qui la vente d'un bien immobilisé peut être intéressante afin d'assurer leurs vieux jours, M. Villeneuve croit que la fiscalité pourrait venir en aide.
Dans tout ce dossier, M. Villeneuve croit que le gouvernement commence à sentir la pression d'autant plus que le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, a déjà déclaré que le modèle Pangea est sous examen.