Sylvain Gaudreault (Jonquière), Mireille Jean (Chicoutimi) et Alexandre Cloutier (Lac-Saint-Jean) ont rencontré la presse afin de discuter de l’année électorale à venir.

Le PQ tend la main aux intervenants

Les trois députés péquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean tendront la main aux intervenants socio-économiques afin de se doter d’une plateforme de discussion pour faire prospérer la région.

La présidente du caucus régional et députée de Chicoutimi, Mireille Jean, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, et son collègue de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ont tracé le bilan de la dernière session parlementaire. Les trois élus se sont surtout attardés sur l’année électorale à venir.

En premier lieu, les péquistes cherchent une solution pour amener les intervenants régionaux (sociaux et économiques notamment) sur une même plateforme afin de discuter des enjeux régionaux. Les premières rencontres auront lieu prochainement.

Cette initiative survient à la suite de la disparition de la Conférence régionale des élus (CRÉ), une décision du gouvernement libéral.

« Il y a un manque criant d’une plateforme pour que les acteurs puissent se parler, se coordonner relativement aux enjeux auxquels ils font face et pour planifier l’avenir avec une cohérence efficace », explique la députée Mireille Jean.

« Nous voulons initier une rencontre afin de tendre la main aux intervenants pour déterminer la meilleure plateforme dont la région devrait se doter pour élaborer la vision que nous voulons et pour avoir un futur régional le plus prospère possible », reprend Mme Jean.

Rio tinto

Dans un autre ordre d’idées, le député Alexandre Cloutier précise que les députés du Parti québécois solliciteront, en début d’année 2018, une rencontre avec les hauts dirigeants de Rio Tinto afin d’en savoir davantage sur les plans de la multinationale pour les installations régionales.

Les députés ont participé au symposium sur l’aluminium à Jonquière, la semaine dernière, et ont pris connaissance des demandes de la compagnie de prolonger la durée de vie des salles de cuve précuites du Complexe Jonquière.

« 2018 doit être une année de bonnes nouvelles où nous verrons des investissements sur notre territoire. Nous voulons un état de la situation, un échéancier et un calendrier sur les enjeux importants de Rio Tinto. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est un leader mondial en matière de production d’aluminium et nous produisons l’aluminium le plus vert au monde. Il y a donc des opportunités d’emplois et de développement économique. Nous avons toujours été des acteurs actifs de ce développement et nous allons continuer à l’être », indique Alexandre Cloutier.

« Il y aura aussi des discussions à venir sur la propriété des terrains sur le bord du lac Saint-Jean, qui ont une valeur de 70 millions de dollars. Les propriétaires vivent l’incertitude. Ça remet en cause des ventes », dit-il.

Sylvain Gaudreault a poursuivi dans le même sens sur Rio Tinto et il est content de voir que le gouvernement de Philippe Couillard a retenu sa proposition d’exiger un plan, des échéanciers et des investissements en retour d’une prolongation pour les précuites.

Mauvais choix

Le député de Jonquière n’est pas, par ailleurs, très impressionné par les baisses d’impôt annoncées par le gouvernement Couillard.

Il croit qu’il aurait été préférable de répondre aux besoins de la population.

« Au lieu de ça, Jonquière-Médic a dû remiser son deuxième véhicule et les ressources intermédiaires ont vu leur négociation, afin d’obtenir plus d’aide, être arrêtée depuis deux ans. C’est sans oublier l’inaction du gouvernement pour la crise des opioïdes ou pour les ex-travailleurs de Graphic Packaging. »

« C’est le retour de la grande noirceur. Ce n’est certainement pas une baisse d’impôt électorale qui va régler le tout », de dire M. Gaudreault.


Il y a un manque criant d’une plateforme pour que les acteurs puissent se parler, se coordonner relativement aux enjeux auxquels ils font face et pour planifier l’avenir avec une cohérence efficace.
La députée de Chicoutimi, Mireille Jean

Des convictions à défendre

Même si le Parti québécois ne semble pas avoir la cote auprès de l’électorat, les députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean entendent faire valoir leur conviction, estimant qu’ils offriront le meilleur programme électoral.

L’année 2018 devrait être fertile dans le milieu politique avec la tenue de l’élection provinciale à l’automne.

Le parti du chef Jean-François Lisée traîne la patte derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault et du Parti libéral du Québec (PLQ), de Philippe Couillard.

« Les sondages, on en voit régulièrement, tous les mois et quelques fois par mois. Nous ne nous arrêtons pas à ça. Je ne veux pas me faire embarquer sur les sondages. Nous allons travailler avec nos convictions et pour défendre les intérêts de la région. Nous n’essayons pas de placer nos pions ou de négocier avec le parti, comme Serge Simard (PLQ dans Dubuc), pour savoir si on se représente ou pas », répond Sylvain Gaudreault. 

« Il n’est pas question pour notre parti de négocier avec le chef. On se présente en politique pour nos convictions. Nous allons travailler avec sincérité », ajoute-t-il.

Mireille Jean précise que le PQ présentera éventuellement sa plateforme électorale et demeure convaincue que le programme saura convaincre la population.

Les trois députés élus n’ont pu affirmer qu’ils seront en poste pour la prochaine élection provinciale. Alexandre Cloutier a précisé que des assemblées d’investiture seront annoncées au cours des semaines à venir pour toutes les circonscriptions du Saguenay-Lac-Saint-Jean en prévision du rendez-vous électoral.

Téléphonie

Les députés Cloutier et Gaudreault se sont aussi attardés sur l’importance de la téléphonie cellulaire et sur Internet à haute vitesse.

« Je suis toujours sous le choc de constater que des municipalités doivent encore se battre pour avoir la téléphonie cellulaire. Québec a annoncé un programme financier pour faire en sorte d’utiliser des outils électroniques dans les classes. Mais on n’a même pas la base pour le cellulaire et l’Internet haute vitesse. Ça n’existe pas à Lamarche, Labrecque et l’Ascension, ni sur la 169 entre Québec et le Lac-Saint-Jean. C’est bien beau les annonces, mais ça ne change rien », note le député Cloutier.

Son collègue de Jonquière abonde dans le même sens. Il remarque que l’Internet haute vitesse n’est pas non plus accessible dans des secteurs urbains comme Lac-Kénogami ou le lac Bleuet. « Les annonces touchent Dubuc et Roberval, mais rien pour Jonquière et Lac-Saint-Jean », dit-il.

Au sujet des inconduites sexuelles, la députée Mireille Jean croit que ce n’est que le début des dénonciations.

« Et c’est pour le mieux. Nous espérons que ça va changer la culture, surtout dans les milieux de pouvoir », a ajouté Mireille Jean.

Baisse démographique

Les députés ont aussi abordé la question de la baisse démographique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et qu’il est temps que l’on pense davantage à l’immigration.

« Le gouvernement libéral agit comme un pompier pyromane. Il songe à ramener les bureaux régionaux. Il devrait se rappeler qu’il y en a déjà eu dans le passé et que le gouvernement les a concentrés vers Québec et Montréal », de dire M. Gaudreault.