Mélanie Martel, propriétaire du Salon Gentelmel, déplore le vol de son poteau de barbier qui a trôné sur la rue Racine depuis 67 ans. Photo Rocket Lavoie Le Quotidien

Le poteau du barbier Lavoie dérobé

Qui a volé le poteau du barbier Lavoie qui a trôné sur la rue Racine pendant 67 ans?

Cette question trotte dans la tête de Mélanie Martel, propriétaire du Salon Gentle Mel situé au 444 rue Racine, à Chicoutimi. En novembre dernier, elle s’est fait dérober le poteau authentique indiquant qu’un salon de coiffure était présent.

En entrevue, elle a mentionné que le poteau a dû être enlevé, puis remis en place temporairement l’automne dernier, à l’occasion de la mise en place d’un abri pour la réfection de la façade de l’immeuble de la succursale de la Banque Nationale par l’entrepreneur Lapointe et Gagnon. Selon elle, le poteau aurait été laissé sur le sol, du côté du chantier, une occasion qu’auraient saisie des voleurs pour le dérober. «Je trouve ça dommage parce que c’était une pièce de collection en place depuis 1952. Il s’en vend encore à 300 $ ou 400 $, mais ça n’a pas la valeur de l’ancien», affirme-t-elle.

Le barbier Philippe Lavoie, dont la plaque est toujours apposée sur la porte du petit commerce, avait installé le poteau. Son successeur, Gilles Doré, avait repris les affaires par la suite.

Tradition du Moyen-Âge

Selon des sources encyclopédiques, la tradition d’apposer une colonne bleue, blanche et rouge en façade d’un commerce de barbier remonterait au Moyen-Âge, à une époque où ceux-ci jouaient des rôles de chirurgien et de dentiste, et pratiquant également des saignées. Un bâton servant à faire saillir les veines des clients était utilisé à l’époque. Une fois l’opération terminée, les bandelettes tachées de sang étaient mises à sécher sur le poteau, d’où le bleu pour les veines, le rouge pour le sang et le blanc pour les bandelettes.