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Le poste de police de Chicoutimi se trouve au centre-ville.
Le poste de police de Chicoutimi se trouve au centre-ville.

Le poste de police de Chicoutimi devenu un «vestiaire», dénoncent des élus

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
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Chicoutimi, le plus grand arrondissement de Saguenay avec près de 70 000 citoyens, a perdu le service d’accueil à son poste de police situé au centre-ville.

Il est encore possible de rencontrer des policiers dans cet édifice, construit et aménagé en 2014 à la suite de la fermeture des anciens bureaux du Service de police de Saguenay (SPS) situés sur le boulevard de l’Université. Il faut toutefois prendre rendez-vous ou attendre qu’un répartiteur envoie un patrouilleur sur place. Un téléphone est mis à la disposition des gens dans la petite entrée de l’édifice. Les citoyens doivent composer le numéro de téléphone inscrit sur le mur. Ils peuvent ensuite choisir l’option parmi une liste de choix, dont celle de parler à un répartiteur. Il n’existe aucun bouton d’urgence pour une réponse immédiate.

Chicoutimi comme La Baie

Ce poste a donc maintenant la même vocation que celui de La Baie, un arrondissement de 18 000 personnes, qui n’a pas de service d’accueil. Contrairement à la station de Chicoutimi, qui se trouve dans un immeuble loué, le poste baieriverain est situé dans la caserne de pompiers.

Le bâtiment du centre-ville de Chicoutimi, appartenant au groupe Gestion W.E., est devenu en quelque sorte un « vestiaire » et une « cafétéria » pour les policiers, dénoncent des élus chicoutimiens.

Les gens qui se rendent au poste de police peuvent communiquer avec un répartiteur par téléphone.

« De centraliser l’administratif à Jonquière, je n’ai pas de problème avec ça. On avait ouvert le poste de quartier pour continuer de donner un service direct à la population. Mais cinq ans plus tard, on le ferme, et ce, dans l’arrondissement qui en a le plus besoin », déplore Simon-Olivier Côté, conseiller municipal du centre-ville de Chicoutimi.

Il s’agirait d’une décision prise « unilatéralement » par la direction du SPS qui, selon les élus, n’aurait pas été ouverte à offrir une alternative. Les statistiques affichaient un bas achalandage en plein jour. Le service n’était offert que de 8h à 16h30. Les élus ont proposé de réaffecter la ressource d’accueil les soirs et fins de semaine. Cette demande serait demeurée lettre morte.

« Ça fait six ou huit mois qu’on en discute, qu’on fait des propositions. Oui, on peut comprendre qu’il n’y avait pas beaucoup de demandes de jour. Mais ce qu’on a proposé, c’est de réaffecter la personne de soir et de fins de semaine, aux moments où on en a le plus besoin. C’est toutefois une fin de non-recevoir. Ça reste un vestiaire de policiers et ça nous coûte plus de 100 000 $ par année. Tant qu’à ne pas utiliser les locaux de manière optimale, on pourrait les occuper. À l’arrondissement, on n’a plus de place », donne en exemple Simon-Olivier Côté, estimant que les locaux payés par les contribuables pourraient être davantage rentabilisés. Conseiller du secteur Chicoutimi-Nord, Marc Pettersen se montre également déçu par cette décision.

« Ça confirme ce que je disais. Ce n’est plus les élus qui décident, ce sont les fonctionnaires. Chicoutimi est le plus gros arrondissement et on n’est même pas capable d’avoir un poste de quartier digne de ce nom. Ce n’est pas la faute des policiers, c’est la faute de la direction », soupire M. Pettersen.

La décision de réaffecter le policier d’accueil a été prise au début de la pandémie, en mars 2020. Mais ce changement serait maintenant permanent. Il a cependant été impossible d’avoir la confirmation de ces changements auprès du SPS. La direction a refusé d’expliquer la situation. « Il n’y aura aucun commentaire à ce sujet », répond le porte-parole, Bruno Cormier.