Le spécialiste de la planche à roulette Simon Gagnon et le conseiller municipal Michel Tremblay ont travaillé ensemble pour l'implantation de nouvelles rampes au parc du Bassin, à Chicoutimi.

«Le plus gros et le plus beau» parc de planches à roulettes

Saguenay peut désormais se targuer d'avoir le plus beau et le plus gros parc de planches à roulettes extérieur du Québec. C'est du moins l'avis de Simon Gagnon, spécialiste du sport en région. Depuis samedi, la Ville met officiellement à la disposition du public les nouvelles rampes aménagées au parc du Bassin, à Chicoutimi, tout près de la Petite maison blanche.
Le conseiller municipal Michel Tremblay s'était engagé à dénicher les sommes nécessaires à la création d'un parc au goût du jour et dessiné selon les standards actuels. Rencontré jeudi sur les lieux, l'échevin a précisé que plusieurs adeptes du sport l'ont approché à ce sujet en cours de mandat. Les infrastructures présentes à Chicoutimi étaient désuètes et les planchistes demandaient des équipements mieux adaptés et plus sécuritaires. Au départ, il a été question de construire des rampes sur la Zone portuaire, mais le projet, évalué à près d'un million de dollars, était pharaonique. Michel Tremblay a su qu'un parc avait été aménagé à La Doré au coût de 50 000 $ et qu'il faisait l'envie des amateurs du sport. Il s'est donc dit qu'il serait possible de revoir le projet chicoutimien à la baisse et a cru bon de l'emmener au coeur de son district, là où des rampes de métal vétustes existaient déjà, et où les mordus avaient l'habitude de se regrouper sur une base régulière. Le conseiller municipal, qui sollicite un deuxième mandat sous la bannière du Parti des citoyens de Saguenay (PCS), a obtenu 200 000 $ en provenance des coffres municipaux pour concrétiser le projet.
Ce qui est novateur dans ce dossier, c'est que des spécialistes du sport ont été invités à proposer des plans et à formuler des idées. Simon Gagnon, qui dirige l'école Skateboard/Snowboard Saguenay, l'organisme mandataire des programmes de planche en sports études à Chicoutimi et à Arvida, a joué un rôle clé dans l'aboutissement du projet, tout comme Jean-Luc Painchaud, spécialiste du patin à roues alignées. 
Simon Gagnon a la discipline de la planche à roulettes dans la peau depuis des années. Il a fait appel à son ami designer de rampes montréalais Hugo Papillon et l'a invité à proposer des esquisses. La Ville a procédé par appel d'offres et c'est lui qui a obtenu le contrat, au grand bonheur de Simon Gagnon, qui croit que Papillon est maître de son art au Québec. 
« C'est un parc de rêve ! Les rampes sont en béton est c'est fait spécialement pour ça. En plus, il est adapté à tous les niveaux et à toutes les disciplines, autant pour la planche que pour la trottinette, le patin à roues alignées et le BMX. C'est beaucoup mieux que les modules préfabriqués en métal qu'on avait avant. Chaque pied carré du mobilier va servir », se réjouit celui qui ouvrira prochainement un parc intérieur entre les murs de l'ancienne brasserie Labatt. 
Soulignant que son sport connaît un essor fulgurant dans la Belle Province, Simon Gagnon note que les nouvelles infrastructures ne manqueront pas d'attirer des gens de partout au Québec, voire au Canada. Les néophytes l'ignorent sans doute, mais au sein de la confrérie de planchistes, Chicoutimi est reconnue bien au-delà des frontières régionales pour ses pentes, son relief et sa vue imprenable sur le Saguenay.
« C'est un mini San Francisco », pointe Simon Gagnon, qui prévoit que l'ouverture du parc au Bassin permettra à Saguenay d'accueillir des événements de haut calibre et des compétitions d'envergure.
De son côté, Michel Tremblay en a appris beaucoup sur le sport et comprend maintenant pourquoi son fils de 19 ans est un fanatique de planche et se déplace d'un parc à l'autre au Québec pour vivre des sensations fortes. Comme les plus belles rampes seront désormais à un jet de pierre de chez lui, en plein coeur d'un site qui enchante de nombreux touristes, le conseiller pourra même aller constater les acrobaties de sa progéniture de visu. Les installations seront éclairées le soir et des tables seront installées. On espère y attirer des familles. 
«  Je suis content qu'on ait réussi à amener ça dans mon quartier et qu'on ait pu le réaliser à un coût raisonnable. Je voulais absolument qu'on implique les jeunes là-dedans parce qu'ils ont une expertise que nos services n'ont pas. Ce sont eux qui connaissent ça. Je ne voulais pas qu'on se trompe et c'est pour ça qu'on leur a donné carte blanche », a fait valoir le conseiller municipal.