Ils étaient nombreux, samedi, devant les bureaux de la ministre Andrée Laforest.
Ils étaient nombreux, samedi, devant les bureaux de la ministre Andrée Laforest.

Le personnel du secteur public lassé des mercis de François Legault

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Les travailleurs et travailleuses du secteur public étaient nombreux à faire du bruit devant les bureaux de la ministre Laforest, samedi, crécelles et drapeaux à la main, afin que leur message soit entendu au gouvernement. Lassés des « mercis » de François Legault en conférence de presse, ils réclament un « réel coup de barre ».

Le personnel du réseau de la santé et des services sociaux, celui de l’éducation, ainsi que des organismes gouvernementaux y étaient tous représentés, eux dont les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars dernier. Il s’agissait d’une action parmi plusieurs autres, organisées par la CSN à l’échelle du Québec, samedi.

Aux yeux de Manon Tremblay présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la visite « en grande pompe » du ministre de la Santé , Christian Dubé, lundi dernier, n’a rien changé.

« À part des reproches, le ministre n’est arrivé avec aucune annonce pour des bras supplémentaires sur le terrain. Nos services publics s’écroulent depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on voit l’étendue des dégâts et c’est toute la population qui en souffre », affirme-t-elle.

Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La pandémie n’a pas été sans conséquence pour le réseau des cégeps dans les derniers mois, soutient quant à lui Frédéric David, représentant régional pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

Et les 25 millions de dollars annoncés dans la mise à jour économique du gouvernement cette semaine pour aider le personnel enseignant et les étudiants sont pour lui insuffisants, alors qu’au moins « le double » aurait été nécessaire.

« Ce sont 60 % des profs au Cégep de Jonquière qui disent vivre une détresse psychologique, et à Saint-Félicien c’est encore plus, où la moitié de ces profs-là sont dans une détresse grave. […] Les premiers à payer après les profs eux-mêmes, ça va être les étudiants », affirme celui qui souligne que ces chiffres sont reliés aux 150 millions de dollars de coupures effectuées entre 2011 et 2015 dans le réseau.

Ces réalités, communes à bien des sphères du secteur public selon la CSN, ne sont pas sans solutions, soutient Marjorie Gagnon, représentante régionale de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Le problème de la pénurie de main-d’œuvre ne se réglera selon elle que par le biais de meilleures conditions de travail et de pratique, de meilleurs salaires, mais aussi par l’élimination d’une « surcharge de travail devenue insoutenable ».

« Le personnel des réseaux et l’ensemble de la population du Québec méritent mieux. Nous allons, au cours des prochaines semaines, accentuer les moyens de pression et à partir d’aujourd’hui ce gouvernement va nous voir et nous entendre », prévient Guillaume Wilson-Patry, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).