L’entreprise de François Collard, Voyage Vasco Jonquière, a perdu temporairement son permis d’agence de voyages émis par l’Office de protection du consommateur.

Le permis de Voyage Vasco Jonquière suspendu par l’OPC

Le permis de la franchise de Jonquière de Voyage Vasco, une agence qui se démarque entre autres dans la vente de croisières, a été suspendu par l’Office de protection du consommateur (OPC) le 2 novembre dernier.

Selon l’OPC, Voyage Vasco Jonquière, dont le propriétaire est François Collard, ne possède pas les cautionnements financiers nécessaires pour vendre des voyages à ses clients. Le permis de Voyage Vasco Jonquière pourrait être définitivement révoqué si l’agence ne fournit pas certaines garanties financières d’ici le 15 novembre prochain.

C’est un client qui voulait acheter un voyage pour aller voir jouer le Canadien de Montréal à Las Vegas qui a alerté Le Quotidien de la suspension du permis de Voyage Vasco Jonquière. Le client, qui préfère ne pas être nommé, veut éviter que certaines personnes paient pour un voyage qui n’aurait jamais lieu.

Du côté de l’entreprise, on prétend être toujours en affaires. La direction de Voyage Vasco Jonquière a affirmé, par courriel, se plier à la décision de l’OPC. Dans un message non signé, la direction précise que cette situation est « temporaire ».

« La cause de cette erreur de notre part provient d’un processus administratif plus long que prévu [...]. Tout devrait revenir à la normale dans quelques jours », est-il écrit dans le courriel. La direction assure que les réservations faites avant le 3 novembre seront honorées.

Protéger le public

Le responsable des partenariats stratégiques et des relations avec les médias à l’OPC, Charles Tanguay, explique que les cautionnements demandés aux agences de voyages servent à assurer la protection du public et à créer un fonds pour indemniser les clients qui auraient été floués.

« En général, lorsqu’une agence cesse ses activités, ferme ses portes ou déclare faillite, ses clients peuvent obtenir le remboursement des services qu’ils n’ont pas obtenus en faisant une réclamation au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages », explique M. Tanguay.

« Dans le cas de Voyage Vasco Jonquière, ajoute le porte-parole de l’OPC, comme il ne s’agit que d’une suspension du permis et que l’entreprise est toujours en activité jusqu’à preuve du contraire, les consommateurs qui ont des réclamations doivent les faire valoir auprès de l’agence ». Si jamais l’entreprise venait à perdre son permis de façon définitive et à fermer ses portes, ses clients devront faire une réclamation à l’OPC pour obtenir un remboursement.

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PAS LES PREMIERS DÉMÊLÉS AVEC LA JUSTICE

Voyage Vasco Jonquière n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. L’ouverture de la franchise de Jonquière, en 2012, ne s’est pas faite sans heurts.

Selon un jugement de la juge Christine Baudouin, rendu le 23 août dernier, Voyage Vasco a été condamnée à payer plus de 240 000 $ à une entreprise de Stéphan Valois, qui opère lui aussi une agence de voyages au Saguenay. M. Valois, qui détenait l’exclusivité du territoire de Saguenay, prétendait avec raison que Voyage Vasco avait commis une faute contractuelle en permettant à François Collard d’opérer une autre franchise à Jonquière.

François Collard a aussi eu des différends avec une agente de voyages qui travaillait pour son entreprise. Dans un jugement publié le 13 août 2017, cette agente a eu gain de cause contre la franchise de Jonquière de Voyage Vasco. François Collard lui devait plus de 8000 $ en commission non payée. Le propriétaire de Voyage Vasco Jonquière a reconnu ses torts durant le procès, mais n’a tout de même pas payé celle qui travaillait pour lui. L’agente de voyage a fini par obtenir l’argent qui lui était dû avec l’aide d’un huissier de la Cour.