Le pénitencier pour Gilbert

Âgé d'à peine 19 ans, David Gilbert purgera une peine d'emprisonnement de quatre années.
Il a pensé qu'en envoyant deux jeunes de 15 et 16 ans braquer un dépanneur avec des armes à feu, ces derniers risquaient peu de choses.  S'ils étaient pris, ils s'exposaient tout au plus à quelques heures de travaux communautaires et un sermon de la juge de la Chambre jeunesse, en présence de leurs parents. Gilbert a toutefois oublié que par le biais de la complicité, il devenait tout aussi responsable de vol qualifié avec une arme à feu et que il s'exposait, en tant qu'adulte, et ce même sans antécédent judiciaire, à une sentence minimale de quatre ans de pénitencier.
Vendredi midi, il a reconnu avoir transporté en auto les deux jeunes armés à proximité du dépanneur d'où ils sont repartis avec une somme de 400$, le 2 décembre.
Malgré son jeune âge, l'absence d'antécédent adulte et le fait qu'il ne soit pas entré dans le commerce pour braquer la commis, David Gilbert a été condamné au minimum de quatre ans de pénitencier.
Le juge Michel Boudreault de la Cour dui Québec lui a demandé de réaliser que «ce n'est pas tous les jours qu'on donne quatre ans à un jeune de 19 ans».
Il a ensuite enchaîné : «(Une somme de) 400 $ divisés par trois, ça fait un peu plus de 100 $. (...) Quatre ans de pénitencier pour 100$.  Vous gâchez quatre ans de votre vie pour 100$.  Y avez-vous pensé?», a demandé le juge.  La réponse pratiquement inaudible n'a pas été convainquante.  Gilbert n'avait rien à dire non plus à l'employée du dépanneur qui a été terrorisée, avant que le juge lui rappelle son traumatisme. Le principe des sentences minimales empêche la Cour d'infliger une peine moindre, peu importe les circonstances.  
Évènements
Le 2 décembre 2013, Gilbert fait la fête avec les deux mineurs à qui il fournit marijuana et métamphétamines.  De l'alcool est consommé.  Le trio s'enhardit au fur et à mesure que le cerveau ramollit et le jugement s'estompe.  Ils s'imaginent des milliers de dollars qui les attendent au dépanneur F.L de la rue Anicet à La Baie. 
Il suffit d'enfiler des cagoules et de demander au commis, pointé d'une arme à feu.  On devient riche en quelques minutes et on continue la fête. L'employée du commerce n'a finalement que 400 $ en caisse, un montant qu'elle leur remet sans résister. 
Les deux jeunes montent dans l'automobile stationée tout près du chemin de motoneige voisin. Les policiers voient les traces de pas et de pneus dans la neige.  Les médias publient les images des cagoulards dans l'espoir d'obtenir des renseignements.
Quelle ne fut pas la surprise du père de l'un des deux mineurs de reconnaître la stature, la démarche et les vêtements de son fils en train de manacer la caissière à la télévision. Les deux mineurs sont identifiés par leurs parents qui les conduisent aux enquêteurs.  Ils livrent le planificateur adulte. 
La perquisition de l'automobile valide la compatibilité des semelles de pneus avec les traces notées près du dépanneur.
Pendant ce temps, David Gilbert s'est réfugié dans une chambre de l'auberge des Battures où sa conjointe, une mère de trois enfants, cachera sa présence aux policiers. Après son arrestation, Gilbert voudra être remis en liberté en échange d'une thérapie, d'une garantie de 1000 $ et de    la caution morale de sa mère ainsi que de sa conjointe. 
La Cour du Québec déclinera cette offre et l'enverra à procès  
Vie
L'avocat du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Michaël Bourget, a déclaré que Gilbert a accumulé les condamnations à la Chambre jeunesse pour des vols, des introductions par effractions et du recel à partir de l'âge de 13 ans.  En raison de son statut de mineur, il a bénéficié de la clémence jusqu'à la plus sévère: quelques mois de garde fermée dans un centre de jeunes. Depuis son arrestation, Gilbert a été détenu 64 jours, ce qui est déduit de la sentence de quatre ans. Cette fois-ci, sa mère n'était pas dans la salle d'audience.