Le copropriétaire de la Scierie Girard, Jean-Pierre Girard, le directeur général du Patro de Jonquière, Yannick Gagnon, la conseillère municipale Julie Dufour, la coordonnatrice à l'animation au Patro de Jonquière, Émilie Caron, et la présidente du Centre Multiservice, Rolande Lavoie, ont travaillé ensemble pour offrir un camp de jour aux enfants de Shipshaw cet été.

Le Patro s'exporte à Shipshaw

Pour la première fois depuis la fusion municipale de 2002, les enfants de Shipshaw pourront bénéficier d'un camp de jour cet été. Le Patro de Jonquière ouvre une antenne dans l'ancienne municipalité, ce qui permettra à une soixantaine de jeunes âgés entre cinq et 12 ans de bénéficier d'une panoplie d'activités et de sorties pendant sept semaines.
C'est la conseillère Julie Dufour qui a mis la machine en branle pour permettre aux familles shipshoises d'avoir accès à un camp de jour à coût abordable, en plein coeur de leur localité. Comme il n'était pas possible d'étendre le service de la ville jusqu'à Shipshaw, l'élue a décidé d'approcher le directeur général du Patro, Yannick Gagnon.
« Julie y a cru énormément. On offrait déjà un service de coaching et un support à d'autres municipalités, mais on ne s'était jamais vraiment exportés ailleurs », met en contexte le DG du Patro, qui a vu d'un bon oeil la démarche entreprise par la conseillère. Yannick Gagnon raconte que lors de la vente du chalet de la marina de Shipshaw par Serge Godin, une entente a été conclue avec le Patro, un organisme à qui l'homme d'affaires originaire de l'ancienne municipalité a remis la totalité des profits de la vente.
« Il nous a dit qu'il nous faisait un don à condition qu'on aille chercher des enfants de Shipshaw pour les emmener au Patro. On a honoré notre promesse et pendant 10 ans, ont est allés chercher des jeunes de Shipshaw en autobus pour les emmener au Patro. Maintenant, c'est le Patro qui débarque dans la communauté », pointe-t-il.
Investissement exterieur
Aucune subvention municipale n'a été accordée à la corporation du Centre multiservice de Shipshaw, l'organisme sans but lucratif qui accueillera les enfants entre le 27 juin et le 10 août. Le Patro a été en mesure de puiser à même ses budgets pour embaucher trois moniteurs et un responsable. Il manquait toutefois une pièce maîtresse pour compléter le puzzle : de l'équipement. Julie Dufour a sollicité la Scierie Girard, le plus gros employeur de Shipshaw, qui s'est associée au projet. L'un des copropriétaires, Jean-Pierre Girard, a été facile à convaincre, lui qui croit en l'importance d'investir dans des projets porteurs et durables.
« Avant, on subventionnait le Festival forestier de Shipshaw. Ça nous coûtait 10 000 $ en subvention et 10 000 $ en temps. C'est fini cette époque-là. On s'est retiré de ça en 2007 et maintenant, on investit dans des projets à caractère éducatif qui vont profiter à la communauté », dit l'un des dirigeants de l'entreprise familiale. La Scierie Girard a donc versé près de 4000 $ pour l'achat de matériel et d'équipement sportif destiné au « Patro de Shipshaw ».
Yannick Gagnon est heureux que la démarche entreprise par Julie Dufour ait porté ses fruits et qu'une entente ait pu être conclue rapidement. Au départ, le camp de jour devait accueillir 40 enfants. Ils seront une soixantaine à visiter le Centre Multiservice cet été.
Attiser le sentiment d'appartenance au milieu
Depuis le début de son mandat, Julie Dufour veut attiser le sentiment de communauté, déjà bien présent à Shipshaw.
Elle rappelle qu'autrefois, le Centre Multiservice ne servait pratiquement qu'aux besoins du Festival forestier, un événement qui ne durait qu'une fin de semaine et qui recevait près d'un demi-million de dollars en deniers publics. L'activité a été suspendue sur fond de controverse. Aujourd'hui, c'est tout le secteur avoisinant qui bénéficie d'investissements.
«On a maintenant une corporation indépendante qui administre le centre. Des organismes occupent les locaux et la salle est louée pour des événements. On a installé des jeux d'eau et on est en train d'aménager le seul ''Snake Park'' de Saguenay (des rampes de béton destinées à plusieurs usages). Les familles viennent ici et profitent des installations. Les investissements servent vraiment aux citoyens», note Julie Dufour, qui souhaite continuer de renforcer le sentiment identitaire à Shipshaw. La conseillère rappelle d'ailleurs que l'école primaire Boisjoli déborde, ce qui signifie, selon elle, un heureux problème. Mélyssa Gagnon