Le patrimoine chicoutimien sous le pic des démolisseurs

Une autre maison patrimoniale de Chicoutimi passera sous le pic des démolisseurs, cette semaine. Il s’agit de la maison située au 1155 rue Jacques-Cartier Est, dans le quartier Notre-Dame, un bâtiment construit en 1967 par l’architecte Jacques Coutu de Chicoutimi reconnu de comme un pionnier de l’architecture moderne au Québec.

La démolition a été dénoncée sur le site Facebook L’évolution du patrimoine bâti et des paysages au Québec. « Bien que de nombreux dossiers de démolition d’immeubles d’intérêt patrimonial ont fait les manchettes à Saguenay au cours des dernières années, le conseil municipal de cette ville continue d’errer et n’a toujours pas adopté un règlement permettant d’encadrer ce type d’intervention », dénoncent les administrateurs du site.

Dans un ouvrage sur le patrimoine moderne de Chicoutimi rédigé par Lucie K. Morisset (connue pour ses écrits sur Arvida), Luc Noppen et Patrick Dieudonné, la maison est décrite comme « le premier exemple élaboré à Chicoutimi d’une résidence influencée par les architectes scandinaves contemporains, cette maison retient de l’expressionnisme formel un plan très complexe qui engendre les projections de sa volumétrie découpée. »

Le texte souligne aussi que « le cubisme de la composition est mis en évidence par les fenêtres en aluminium disposées en coin, ainsi que par un somptueux lambris de cèdre brut, qui n’est pas sans rappeler le retour de la valorisation des qualités naturelles des matériaux que les Suédois, tout comme les Californiens, mettent en vigueur à l’époque. »

Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault a d’ailleurs rendu hommage à l’architecte de 93 ans, en janvier 2019, en lui remettant la médaille de l’Assemblée nationale. C’est lui qui a conçu les plans du Pavillon principal de l’UQAC, du Palais de justice d’Alma, du Séminaire Marie-Reine du Clergé, à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, de l’église Notre-Dame à La Baie, entre autres.

Cet architecte à la retraite a interpelé l’auteur de ces lignes récemment pour réfléchir sur l’aménagement de la zone portuaire. Il avait dit : « Chicoutimi a des atouts qu’on passe notre temps à ne pas développer ». Il a suggéré d’exploiter cet espace avec de la verdure et des liens piétonniers.

Il avait dit au sujet de la zone ferroviaire : « D’abord on démolit l’autogare et on aménage un grand escalier qui relie la rue du Havre à la rue Racine. Un grand escalier comme on en trouve dans les grandes villes avec des paliers et des bancs publics. Ça ferait une belle grande ouverture visuelle sur la zone portuaire et la rivière Saguenay en plus de relier harmonieusement la rue Racine et la rue du Havre », avait fait valoir le retraité.