Le conseiller municipal Marc Bouchard est entouré de Robert Bouchard, ex-directeur des loisirs et des parcs de Chicoutimi et ex-député bloquiste, et Sylvain Villeneuve, président de la Corporation du Parc de la Rivière-du-Moulin.
Le conseiller municipal Marc Bouchard est entouré de Robert Bouchard, ex-directeur des loisirs et des parcs de Chicoutimi et ex-député bloquiste, et Sylvain Villeneuve, président de la Corporation du Parc de la Rivière-du-Moulin.

Le Parc de la Rivière-du-Moulin prend de l’expansion

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Très fréquenté par les citoyens de Chicoutimi, le Parc de la Rivière-du-Moulin prend de l’expansion avec l’ajout d’une nouvelle superficie de 175 000 mètres carrés aux 2,6 millions de surfaces existantes.

Le comité exécutif de Saguenay a entériné il y a deux semaines l’acquisition d’une nouvelle bande de terrain auprès du ministère des Transports du Québec pour la somme de 105 000 $, ce qui devrait permettre l’aménagement de nouveaux sentiers pédestres.

Le Parc de la Rivière-du-Moulin est de nouveau appelé à s'agrandir. 

En entrevue au Quotidien, le conseiller du secteur Marc Bouchard, accompagné de Sylvain Villeneuve, président de la Corporation du Parc de la Rivière-du-Moulin et de Robert Bouchard, ex-fonctionnaire municipal, explique que depuis 2016, des démarches ont lieu auprès du ministère afin d’acquérir une bande de terrain qui donnera un accès complet aux rives de la rivière du Moulin, du côté ouest du parc se terminant presque à l’intersection du boulevard de l’Université et du boulevard Saint-Jean-Baptiste.

Selon M. Villeneuve, la nouvelle acquisition comporte déjà certains sentiers fréquentés par des propriétaires de véhicules tout-terrain et le voisinage. Certains citoyens ont apposé des affiches maison pour marquer les limites du parc, une façon d’indiquer que les VTT pouvaient continuer de fréquenter les sentiers. « Lorsqu’on a finalisé la piste cyclopiétonnière il y a quatre ans, nous avions déjà comme projet de développer l’autre côté de la rivière. On s’est buté rapidement au fait que la Ville n’était pas propriétaire du terrain. On a demandé à la Ville de l’acquérir », explique M. Villeneuve.

L’intention de la direction est d’aménager trois kilomètres de sentiers pour la randonnée pédestre dans un cadre qui demeurera assez rustique. Le tout sera réalisé dans le respect de la faune et la flore présente, mais sans la présence de véhicules à moteur comme c’est le cas pour l’ensemble du parc urbain. Des travaux d’aménagement légers seront également réalisés pour la protection de la bande riveraine.

Le président du parc rappelle qu’en 2016, le circuit cyclopiétonnier du parc s’était enrichi au coût de 3,5 M$ de nouveaux segments de pistes avec l’aménagement de passerelles de bois surmontées, passant sous le pont du boulevard de l’Université, ce qui a permis d’étaler davantage la fréquentation des citoyens sur le territoire.

Le conseiller Marc Bouchard précise qu’avec sa grande superficie linéaire en orientation nord-sud, s’étendant presque des rives du Saguenay jusqu’au chemin de fer de Roberval-Saguenay, le parc constitue un poumon naturel à l’intérieur du périmètre urbain, directement accessible par les citoyens de nombreux quartiers limitrophes comme Notre-Dame du Saguenay, Desjardins. Murdock, etc. L’intention de la direction du parc est d’aménager de nouveaux sentiers accessibles pour les citoyens du quartier Hamel-Fradette. Il rappelle que l’organisme les Verts boisés du fjord a fait part de son intention de prolonger le réseau jusqu’à Laterrière.

Un autre projet relié au parc concerne l’intention de chercheurs de l’UQAC de planter 300 érables de différentes variétés provenant d’un peu partout dans le monde à des fins de recherche.

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UN PARC QUI N'EST PAS QUE L'AFFAIRE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES

Contrairement à certaines idées reçues, la mosaïque foncière ayant permis de constituer le Parc de la Rivière-du-Moulin n’est pas que l’affaire des communautés religieuses puisque les citoyens de Chicoutimi et des autres arrondissements de Saguenay ont dû mettre la main dans leurs poches pour se doter de cet équipement au fil du temps,

C’est ce que permet de constater la liste de l’origine des droits de propriété fournie par Saguenay, puis commentée par l’ex-directeur des loisirs et des parcs de Chicoutimi et ex-député bloquiste Robert Bouchard.

Ce dernier affirme qu’il faut remonter au 13 mars 1964 pour situer les premières acquisitions de terrain situant l’origine du parc urbain, alors que M. Isidore Gauthier procédait à la vente de 30 568 mètres carrés de terrain à la corporation municipale de Chicoutimi pour la somme de 2000 $.

Au fil des décennies, 25 transactions impliquant des propriétaires privés ont permis d’acquérir 1,1 million de mètres carrés pour un déboursé de 330 300 $ de la part des contribuables.

De leur côté, les communautés religieuses incluant le Séminaire de Chicoutimi, les Augustines et les Soeurs du Bon-Conseil ont cédé gratuitement et vendu 1,4 million de mètres carrés en échange de sommes totalisant 919 953 $ provenant des contribuables.

L’ex-directeur des loisirs se souvient d’avoir participé, en 1974, au Congrès canadien des loisirs et des parcs à l’occasion du 100e anniversaire de la ville de Winnipeg. « Nous avions effectué une visite du parc de la rivière Assiniboine, une rivière aussi longue que la rivière du Moulin. Je me suis dit qu’on avait la même chose à Chicoutimi », explique M. Bouchard. 

À son retour au Saguenay, Robert Bouchard dépose un rapport au conseil municipal et c’est à ce moment que les élus adoptent une motion de zonage des deux rives de la rivière.

En ce qui a trait à la plus importante acquisition de surface de terrain (563 950 m2) effectuée auprès des Augustines en 1976, M. Bouchard rappelle que la communauté religieuse avait aménagé un pavillon de loisir pour voguer en chaloupe sur la rivière, au même endroit qu’actuellement. « Leur pavillon avait passé au feu. Soeur Robin, économe, et Mère Bergeron commençaient à être bousculées par la présence de chasseurs. C’est à ce moment-là qu’on a fait l’acquisition du terrain pour 273 000 $. »

M. Bouchard mentionne que dans les années 70, les parcs urbains étaient très peu développés au Québec, contrairement à ce qui se faisait du côté anglophone. À l’époque le Parc Rosaire-Gauthier permettait la pratique du ski et de la natation avec sa piscine. Par contre, le point fort des francophones était l’organisation des loisirs.

L’aménagement de sentiers pour la pratique du ski de fond et de la randonnée pédestre au Parc de la Rivière-du-Moulin a été réalisé au fil des années avec le support financier de programmes gouvernementaux et les implications de Lucien Boivin, qui allait devenir plus tard préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine.

Robert Bouchard conclut en affirmant que le développement du parc avait été planifié sur plusieurs décennies et que dès les années 70 , l’aménagement d’une passerelle sous le pont du boulevard de l’Université avait été pensé.