La députée néo-démocrate Karine Trudel a lancé une campagne nationale sur la protection des régimes de retraite en compagnie de son chef, Thomas Mulcair, et du coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes, Dave Chartrand.

Le NPD veut protéger les travailleurs

Le NPD a profité du passage du chef Thomas Mulcair dans la région pour procéder au lancement d'une offensive nationale visant à forcer le gouvernement canadien à modifier la loi sur la faillite afin de mieux protéger les retraités et travailleurs dont les régimes de retraite sont à risque en cas de fermeture d'entreprise.
L'opération n'est pas simple puisque le parti de Thomas Mulcair n'a d'autre rapport de force que l'opinion publique pour convaincre le premier ministre Justin Trudeau de respecter ses propres engagements électoraux. Hier, Thomas Mulcair a rappelé les promesses électorales de Justin Trudeau d'améliorer le sort des retraités au Canada.
« Les pensions accumulées par les travailleurs sont des salaires différés, c'est aussi simple que ça. Il devrait être illégal de détourner, de retenir ou de saisir ces fonds », a insisté le chef néo-démocrate devant un groupe de retraités de la chaîne de commerce au détail Sears. Ces derniers risquent de voir leur retraite baisser de l'ordre de 25 à 30 % si l'entreprise cesse ses opérations.
Le moyen privilégié par le NPD pour en arriver à mieux protéger les travailleurs et retraités de la classe moyenne est une modification législative aux dispositions de la Loi sur la faillite ou la Loi canadienne sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
Cette modification ferait en sorte, selon la députée de Jonquière Karine Trudel, que les compagnies devraient obligatoirement verser dans les régimes de retraite l'argent nécessaire pour atteindre 100 % de solvabilité avant de verser un premier dollar aux créanciers garantis (banques et autres institutions financières). Les entreprises devraient de plus verser toutes les indemnités de licenciement avant de verser de l'argent aux mêmes créanciers.
En fonction des dispositions actuelles des deux lois, les caisses de retraite sont considérées comme des créanciers ordinaires. Il n'est pas rare qu'il ne reste plus d'actifs dans une entreprise une fois que les créanciers garantis et les gouvernements sont passés à la caisse. Il y a des craintes dans le dossier de Sears puisque l'entreprise a cessé les versements au régime de retraite. Cette décision va accentuer les problèmes de solvabilité du régime.
« Les libéraux doivent montrer l'exemple et prioriser la protection des régimes de retraite des travailleuses et des travailleurs. Ces derniers ont respecté leurs obligations quant à leurs pensions, les compagnies doivent en faire autant, point final ! Il s'agit seulement d'équité, a déclaré la députée néo-démocrate de Jonquière, Karine Trudel, qui sera responsable de la mobilisation pour le Québec. Nous continuerons à nous battre pour les travailleuses et travailleurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Québec en exigeant que les sociétés et les multinationales ne puissent pas voler les pensions que leurs employés et retraités ont méritées. »
Les deux politiciens ont lancé cette campagne en compagnie de Dave Chartrand, le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et travailleurs de l'aérospatiale. Ce dernier est touché de près par cette réalité puisque sa propre mère vit en ce moment des moments d'inquiétude à titre de retraitée des magasins Sears. Il ne voit pas comment elle pourra réussir à joindre les deux bouts si jamais la petite pension qu'elle tire de son ex-employeur devait être amputée de 25 à 30 %.