Le notaire Samuel Blais a tenu à donner sa version sur la saga de la Pourvoirie des Laurentides.

Le notaire Blais a eu des idées suicidaires pendant la saga de la Pourvoirie des Laurentides

Sali pendant plusieurs années, selon lui, Samuel Blais, le notaire qui a travaillé sur le dossier de la vente de la Pourvoirie des Laurentides, est passé à un cheveu de se suicider. Après être resté muet depuis 2015 pour respecter le secret professionnel, il a fait une sortie médiatique, mardi, pour donner sa version.

D’entrée de jeu, Me Blais a tenu à défendre son intégrité en soulignant qu’il était toujours un membre actif de la Chambre des notaires du Québec. Une enquête du Syndic, qui a duré huit mois, l’a complètement blanchi, mentionnant qu’il n’a commis aucune faute déontologique dans le dossier de la vente de la Pourvoirie des Laurentides.

« Malgré le jugement, la famille a continué d’alléguer une faute professionnelle et des manquements déontologiques », a-t-il avancé, lors d’une conférence de presse tenue au motel Chutes des pères à Dolbeau-Mistassini, mardi.

L’enquête policière a aussi été abandonnée lorsque les policiers ont reçu le dossier de 15 pages rédigé par la Chambre des notaires. Aucune plainte au criminel n’a été retenue contre le notaire.

Le notaire Samuel Blais en veut particulièrement à Samuel Thivierge, le fils de Réal Thivierge, propriétaire de la pourvoirie, qui a été le plus actif dans les médias, même s’il n’était pas directement concerné par plusieurs dossiers.

« Il n’a pas été témoin des faits dont il fait mention dans les entrevues, souligne Samuel Blais. Tout ce qu’il sait de la transaction vient de son père. »

Son témoignage serait donc de second ordre, basé sur des ouï-dire, ajoute l’homme qui mentionne avoir toujours agi avec honnêteté et professionnalisme.

Samuel Blais prétend qu’en déformant les faits et en présentant des mensonges aux médias, la famille Thivierge, et plus particulièrement Samuel Thivierge, ont détruit sa vie. Mais depuis le début de la saga, en 2015, le notaire a dû se taire pour respecter le secret professionnel et les conditions de sa police d’assurance responsabilité qui l’interdisait de parler.

Toujours selon lui, avec les différents reportages présentés dans les médias, la famille Thivierge a sali sa réputation. Ils auraient aussi, a-t-il poursuivi, déposé des plaintes à son syndic professionnel et à la police. Puis, il a affirmé qu’il a été condamné sur les réseaux sociaux.

« J’ai reçu des menaces et des messages haineux. J’ai été harcelé et constamment dénigré », dit-il, ajoutant que les membres de sa famille ont subi le même sort.

En 2018, Samuel Blais ne voit plus comment il pourrait s’en sortir, alors que les mauvaises nouvelles se succèdent. « J’étais décidé à m’enlever la vie, mais au lieu d’arrêter, j’ai continué jusqu’à l’urgence. J’ai eu la présence d’esprit d’aller chercher de l’aide », raconte-t-il aujourd’hui.

Après avoir passé une semaine en psychiatrie, il a graduellement remonté la pente, en misant sur le soutien de ses proches. « J’ai tout perdu, ma réputation, ma profession, mon entreprise, ma santé et mes avoirs, dit-il. Il ne me reste que le plus important, ma famille, et eux ils m’ont presque perdu. »

En se remettant sur pied, Samuel Blais a participé à la ratification d’une entente hors cour entre les différentes parties, en avril dernier. Après avoir statué sur les termes de l’entente, les Thivierge ont fait volte-face, deux semaines plus tard, explique Samuel Blais. Samuel Thivierge a alors repris ses appels à la Chambre des notaires et du Fonds d’assurance responsabilité professionnelle de la Chambre des notaires (FARPCNQ), exigeant plus d’argent et menaçant de ne pas signer. « Ce n’est qu’après s’être fait rabrouer par le FARPCNQ à quelques reprises qu’ils ont cessé leur petit jeu et sont revenus à l’entente de départ, six mois plus tard », ajoute ce dernier.

Fin septembre, les parties ont finalement signé une entente hors cour et la famille Thivierge a fait parvenir une lettre d’excuse à Samuel Blais, admettant que des commentaires et des propos véhiculés dans les médias auraient été inexacts. Cette entente devait mettre un terme à la saga de la Pourvoirie des Laurentides, obligeant les parties à ne rien divulguer ni contredire quant aux termes de l’entente, tout en respectant la lettre d’excuse, explique le notaire. Mais Samuel Thivierge en aurait décidé autrement en faisant une sortie médiatique après la ratification de l’entente. « Un signataire de l’entente a décidé que sa personne était plus importante qu’un engagement contractuel et est allé déterrer cette histoire », a accusé Samuel Blais, remerciant au passage le reste de la famille d’avoir respecté leurs engagements.

Devant cette situation, Samuel Blais a décidé de sortir du silence et de dévoiler sa version des faits pour enfin pouvoir passer à autre chose.

Pour l’instant, il souhaite panser ses plaies avant d’envisager un retour à la profession de notaire. Il a commencé la rédaction d’un roman et il suit une formation en psychologie.