L'auteur de la lettre, qui est retourné vivre dans sa région d'origine, le Lac-Saint-Jean, croit que le gouvernement ne fait pas suffisamment d'effort pour inciter les gens à vivre en périphérie des grandes villes. 

Le nord du Lac vu des airs

Qu'y a-t-il au nord du Lac-Saint-Jean, à part des épinettes et des champs ? C'est ce que propose de faire découvrir le nouveau volet touristique de la Régie de l'aéroport Dolbeau-Mistassini-Normandin-Saint-Félicien.
« On voit énormément de choses au premier coup d'oeil », résume le responsable de la coordination et de l'interprétation chez Vols panoramiques Lac-Saint-Jean, Paul Vézina.
Lancé cet été avec un investissement de quelque 60 000 $, le projet-pilote de trois ans est encore en phase promotionnelle, et c'est ce qui a amené la journaliste du Quotidien dans un petit avion Cessna 172 la semaine dernière. Même si les touristes internationaux sont ciblés en premier, même des habitants du coin peuvent y trouver leur compte et découvrir la région sous un nouveau jour.
Le guide Paul Vézina et le pilote Larry Shepherd ont fait faire un tour du nord du Lac-Saint-Jean divertissant et sécuritaire.
Il n'y a pas que des épinettes à perte de vue dans le nord du Lac-Saint-Jean, même si on pourrait le croire en roulant. En volant, on est surtout impressionné par les trois grandes rivières qui alimentent le Piékouagami.
Après le décollage exécuté par l'expérimenté Larry Shepherd, la bleuetière autour s'offre à la vue des deux passagers. La visite est d'ailleurs gratuite avec un forfait de vol. Notons que l'aéroport situé dans le secteur Saint-Méthode, sur la route 373, est l'un des seuls en Amérique du Nord à tirer ses principaux revenus d'une autre activité que l'aviation. Dans ce cas-ci, l'or bleu plutôt que l'or noir, ou l'argent des municipalités.
Aussitôt l'avion stabilisé, Paul Vézina propose quelques informations. Le passionné de géomatique a répertorié tous les sites dignes d'interprétation dans la zone.
« Trois grandes rivières se jettent dans le lac Saint-Jean, soit l'Ashuapmushuan, la Mistassini et la Péribonka. Les terres autour sont très sablonneuses. Quand c'est bien drainé, c'est parfait pour les bleuetières, et il n'y a qu'ici au Québec que les bleuets poussent dans ce type de sol. Quand c'est mal drainé, ça crée plutôt des tourbières », explique M. Vézina.
L'activité industrielle est aussi importante dans la région. On peut voir sur cette photo un champ d'épuration de l'entreprise Produits forestiers Résolu.
Vols panoramiques Lac-Saint-Jean permet d'apprécier les aspects naturels, industriels, historiques et sociaux. Sur cette photo, l'avion passait près de Saint-Félicien.
À 1800 pieds dans les airs, on peut voir la différence, en effet. Les premières sont légèrement pourpres, alors que les secondes sont plus vertes. Mais difficile de le remarquer sans un guide...
L'avion pivote, et le lac Saint-Jean peut être admiré. Une vision magnifique, même avec un ciel gris. L'entreprise propose cette fois-ci un trajet d'environ 45 minutes, à peu près 175 $ par personne. L'appareil suit les plaines fertiles jusqu'à la limite de la forêt boréale, vers Sainte-Élizabeth-de-Proulx après Dolbeau-Mistassini, s'oriente à l'ouest en direction de Girardville, descend la rivière Ashupmushuan jusqu'à Saint-Félicien, en passant près de Saint-Thomas-Didyme, et retourne finalement à l'aéroport.
Des trajets de 30 à 90 minutes sont offerts selon quatre grands thèmes, mais bien d'autres seraient envisageables : les bleuetières, les forêts, la boréalie et les Pekuakamiulnatsh, comme sont nommés les Autochtones de Mashteuiatsh.
Effectivement, la foresterie et l'agriculture sont des aspects importants de la vie au nord du Lac-Saint-Jean. On aperçoit les usines de Produits forestiers Résolu et les arbres atteints par l'épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. On apprend que les plaines de Normandin sont les deuxièmes plus fertiles de la région. Pourtant, ce n'est pas ce qui marque l'esprit lors d'un survol.
Les trois grandes rivières jeannoises ont l'air bien banales lorsqu'on les traverse sur un pont, mais elles sont grandioses du haut des airs. Les énièmes chutes de la rivière Mistassini, surtout, captent l'attention, et aussi les informations historiques sur la rivière Ashupmushuan, qui composait la route des fourrures pour les Autochtones.
Tout ça, ce n'est qu'un fragment des découvertes à faire au Lac-Saint-Jean. Les vols sont offerts jusqu'en octobre. La Régie de l'aéroport espère pouvoir s'associer à des agences de voyages pour faire mûrir le projet, qui vise avant tout à augmenter l'achalandage sur le site.