Le mouvement #moiaussi

En octobre 2017, la publication d’un article de fond dans le New York Times rapportant le harcèlement sexuel perpétré par le producteur Harvey Weinstein à l’endroit d’actrices et de mannequins américaines crée une onde de choc. La publication du texte fait boule de neige.

Dans la foulée de la parution du dossier, des vedettes hollywoodiennes dénoncent successivement, sur Internet, les gestes commis par Weinstein. Parmi les dénonciatrices figurent les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Mira Sorvino, Kate Beckinsale et Ashley Judd, pour n’en nommer que quelques-unes.

Toutes mettent au jour et condamnent les gestes inappropriés du producteur, relatant tour à tour que Weinstein les aurait accueillies en peignoir ou carrément nu dans des chambres d’hôtel, qu’il se serait masturbé devant elles ou qu’il aurait insisté pour qu’elles le touchent ou l’embrassent. Certaines femmes l’accusent de viol.

Quelques jours plus tard, la comédienne Rose McGowan déclare sur le réseau social Twitter que Weinstein l’a agressée sexuellement. Son compte est suspendu.

S’enclenche alors un véritable mouvement de solidarité sur la toile, lequel donne naissance au mot-clic #womenboycottwitter (les femmes boycottent Twitter). Puis entre en scène l’actrice Alyssa Milano, qui fait état de l’agression dont elle a été victime. Le mouvement #metoo (moi aussi), qui deviendra un véritable phénomène social, est né.

Son pendant français, #balancetonporc, a aussi une portée considérable en Europe. Des hommes et des femmes des quatre coins du globe emboîtent le pas, utilisant le mot-clic pour témoigner de ce qu’ils ont vécu.

Le mouvement permet aux victimes d’agressions et de harcèlement d’avoir une voix et de partager leurs histoires.

Une vague de dénonciations déferle aussi sur le Québec. L’affaire Weinstein précède de peu la publication d’un dossier dans La Presse + au sujet des agissements de l’animateur et producteur Éric Salvail qui, à la lumière des nombreux témoignages recueillis, s’est comporté de manière inappropriée envers des collègues et employés pendant des années. La comédienne Patricia Tulasne dénonce ensuite l’agression dont elle aurait été victime aux mains du producteur et homme d’affaires Gilbert Rozon. Cette sortie trouve une résonance chez d’autres femmes du milieu artistique québécois. Julie Snyder et Pénélope McQuade sortent publiquement pour dire qu’elles ont elles aussi été victimes de Gilbert Rozon.