Luc-Antoine Cauchon, porte-parole de Québec solidaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le mouvement Je crois en ma région ne fait pas l'unanimité

Québec solidaire (QS) estime que le mouvement Je crois en ma région est un « faux mouvement » et une autre tentative « d’acheter l’acceptabilité sociale ».

Luc-Antoine Cauchon, porte-parole de Québec solidaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a réagi à la mise sur pied du mouvement réunissant, entre autres, des intervenants du milieu économique régional, lesquels donnent leur appui conditionnel aux grands projets dans la région. 

« Ce n’est pas un mouvement populaire à la défense des intérêts publics, c’est une énième mobilisation des intérêts privés, » affirme-t-il, dans un communiqué, soulignant que la liste des initiateurs du projet, qui comprend notamment Promotion Saguenay, le regroupement des chambres de commerce et Port Saguenay, parle d’elle-même. 

« Encore une fois, on tente d’acheter l’acceptabilité sociale, cette fois-ci par le biais de promoteurs enrôlés et, pour certains, à même les fonds publics. Je trouve assez malheureux qu’on nous dise que si on ne croit pas en ces projets-là, on ne croit pas en la région », ajoute-t-il. 

Luc-Antoine Cauchon assure que les membres du parti croient en leur région et qu’ils souhaitent le meilleur pour son avenir. Il estime que le mouvement fait un « odieux déni » quant à l’urgence climatique. « Dans urgence climatique, il y a le mot urgence ; c’est pas un pique-nique climatique ! Dire qu’un projet pétrolier est durable est tout simplement mensonger. »

Le porte-parole de QS se dit désolé que « Karine Trudel vende si rapidement sa crédibilité aux intérêts privés. » Il rappelle que l’ancienne députée fédérale affirmait dans les pages du Quotidien du 29 janvier qu’« on ne peut pas vouloir s’attaquer aux changements climatiques tout en achetant un pipeline ». 

Luc-Antoine Cauchon affirme même que le mouvement fait preuve de « lâcheté » en se « cachant lui aussi derrière le BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) et l’AÉIC (Agence d’évaluation d’impact du Canada), des instances gouvernementales strictement de recommandation, pour se commettre à savoir s’il est acceptable ou non qu’un projet de développement augmente de 60 % les gaz à effet de serre du Québec ! »

« Pour relever les défis du 21e siècle, nous avons un problème commun : d’urgence, nous devons migrer vers des énergies propres et ce n’est certainement pas ce genre de “grands projets” dont nous avons besoin pour nous y rendre », conclut-il. 

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SYLVAIN GAUDREAULT ESPÈRE PLUS DE DISCIPLINE

Le mouvement Je crois en ma région ne trouve pas que des appuis. Des voix opposées se sont fait entendre, mercredi, au lendemain du lancement de cette initiative portée, à la base, par des acteurs du milieu économique du Sageunay–Lac-Saint-Jean. 

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui est l’une de ces voix, a rappelé d’entrée de jeu qu’il croit lui aussi en la région 

« C’est polarisant. C’est comme si on croit ou pas en la région parce qu’on n’appuie pas GNL Québec. Il faut bien comprendre que derrière le vernis de Je crois en ma région, c’est la promotion de GNL Québec », a-t-il mentionné au Quotidien.

Le député péquiste va même jusqu’à avancer qu’il pourrait joindre ledit mouvement advenant une plus grande inclusion et l’acceptation de membres qui se sont positionnés contre GNL Québec ou qui apportent des nuances. 

Il rappelle l’importance d’une instance de concertation régionale qui défend les intérêts de celle-ci ainsi que tous les projets. « La région a besoin d’être défendue et d’être unie derrière une vision pour le 21e siècle. Il faut devenir les champions de l’économie verte, des énergies renouvelables et de la transition énergétique », a-t-il ajouté. En ce sens, il se dit prêt à travailler avec tous dans cette optique.

M. Gaudreault dénonce également le lien avec Promotion Saguenay, qui est financé par la Ville et qui « fait la promotion d’un seul projet ». 

Par ailleurs, le député péquiste s’est montré étonné face à l’acceptation de l’ancienne députée fédérale Karine Trudel pour le rôle de porte-parole du mouvement. Il en a profité pour rappeler le programme du NPD lors de la dernière campagne électorale.