Depuis la décennie 1971-1980, la température moyenne a augmenté de 2,5 degrés en octobre.

Le mois d'octobre le plus chaud

Ceux qui ont eu l’impression que le mois d’octobre avait été particulièrement chaud n’ont pas eu la berlue. Il s’agit en effet du mois d’octobre le plus chaud à la station de Bagotville depuis que les statistiques ont commencé à être enregistrées en 1942.

Le Quotidien a compilé les données comprises sur le site d’Environnement Canada. Ainsi, la température moyenne a été de 8,9 degrés Celsius en octobre dernier. Il n’y a d’ailleurs eu que quatre jours où le mercure n’a pas atteint la marque des 10 degrés. Cependant, on n’a pas connu de journée exceptionnellement chaude alors que le maximum atteint, le 8 octobre, fut de 21,8.

Cette donnée s’inscrit dans une hausse marquée des moyennes depuis quelques décennies. La moyenne des années 2011-2017 a été de 6,9 degrés, en hausse notable de 2,5 degrés depuis la décennie 1971-1980 (4,4). Cette dernière avait été la plus froide avec notamment des moyennes mensuelles de seulement 2,0 (1974), 2,6 (1972), et 2,9 (1976).

Entre cette période et aujourd’hui, la tendance s’était vérifiée avec trois décennies consécutives à 5,0, 5,2 et 5,7.

Un réchauffement, précédé d’un refroidissement

Toutefois, c’est en regardant plus loin vers le passé que surgit une tendance qui pourrait surprendre de prime abord. Le deuxième mois le plus chaud enregistré était octobre 1947 à 8,8 degrés, avec des mois à 7,1 en 1946 et 1957 ! La moyenne des années 1942 à 1950 a même atteint 6,2 degrés, avant de refroidir dans les deux périodes de dix ans subséquentes.

Cette courbe à la hausse depuis les années 70, qui avait suivi un refroidissement, est tout à fait compatible avec les données mondiales observées dans la même période, a indiqué Dominique Paquin, spécialiste en simulations et analyses climatiques à Ouranos. « Par contre, au niveau mondial, il est notoire qu’au milieu du vingtième siècle les émissions polluantes de particules ‘‘aérosols’’ (suie) étaient suffisamment importantes pour masquer les effets du changement climatique », avait d’abord répondu la scientifique par courriel. En entrevue téléphonique par la suite, elle a cependant tenu à émettre un bémol scientifique. Elle reconnaissait que la période étudiée était assez grande pour être valable, mais elle a ajouté qu’une seule station (Bagotville) ne suffisait pas à réaliser une analyse scientifique assez forte. Elle a toutefois admis que les données semblaient concorder avec un constat plus large de réchauffement climatique qui avait suivi une période de refroidissement causée par la pollution. « L’effet de la pollution était alors super important », a-t-elle ajouté.

Ouranos est un consortium en climatologie régionale qui se veut un lieu de concertation permettant à la société québécoise de mieux s’adapter à l’évolution du climat. L’organisme prépare d’ailleurs son 7e symposium qui aura lieu à Montréal du 15 au 17 novembre.

Moins au printemps

Si bien des gens ont remarqué que les automnes demeuraient tempérés pendant une plus longue période, la situation est moins marquée au printemps, a reconnu Mme Paquin. « C’est plus l’automne qui est plus chaud, plutôt que le printemps. Mais ce qui se réchauffe le plus, c’est l’hiver », a fait remarquer celle qui, avec son groupe, porte attention aux données et réalités québécoises. Les nuits se réchauffent également plus que les jours, a-t-elle mentionné.