Plus d'une centaine d'enseignements ont manifesté devant les bureaux du député caquiste Éric Girard, lundi.

Le ministre Roberge rappelé à l’ordre par le Syndicat de l'enseignement du Lac-Saint-Jean

Les membres du Syndicat de l’enseignement du Lac-Saint-Jean (CSQ) ont démontré leur désaccord face à la réforme du système scolaire façonnée par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. Ils étaient plus d’une centaine d’enseignants, lundi, à se faire entendre devant les bureaux du député caquiste de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, établis sur la rue Sacré-Coeur, à Alma.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a lancé l’opération « Réforme Roberge : danger d’inégalités ! », laquelle s’inspire de la signalisation routière et qui illustre « l’accentuation des inégalités scolaires et les déséquilibres possibles dans la prise de décisions au sein des conseils d’établissement » qui pourraient découler du projet de loi 40.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), qui regroupe plus de 34 syndicats et représente plus de 65 000 enseignants au Québec, Josée Scalabrini, participait à la manifestation. Elle a décrié l’écart entre la promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) annonçant l’abolition des commissions scolaires et le contenu final de la réforme Roberge.

« Quand le projet de loi 40 est sorti, ce qu’on a découvert, c’est que c’était une attaque de plein front à la profession enseignante. On n’en est plus seulement à changer une structure de commission scolaire, mais on vient dire aux enseignants comme ils devront faire leur profession, comment ils doivent évaluer, qu’est-ce qu’ils devraient suivre comme formation. À ça, on dit: ‘‘Pas question!’’ Si on veut faire des changements, c’est ensemble qu’on doit les faire, c’est ensemble qu’on doit parler de notre réalité », a-t-elle expliqué au Quotidien.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, et la présidente du Syndicat de l’enseignement du Lac-Saint-Jean (CSQ), Pascale Juneau, participaient à la manifestation organisée devant le bureau du député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard.

Mme Scalabrini, qui est d’avis que ces modifications n’auraient jamais dû se retrouver dans un projet de loi, explique que les enseignants ne s’opposent pas aux changements, mais qu’ils désirent plutôt être parties prenantes et faire partie des solutions.

Le travail du ministre Roberge est gravement contesté alors que la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement dénonce le recours à une loi pour modifier la profession.

L’imposition d’un ordre professionnel, qui se retrouve dans cette réforme qualifiée «à sens unique», est l’un des irritants décriés.

« Par ce qu’il a fait dans sa loi, il vient imposer un ordre professionnel avec ce qui est désagréable, mais en oubliant ce qui aurait pu être agréable, dont les actes protégés. L’évaluation d’un enfant, ça appartient à l’enseignant. C’est l’enseignant qui sait si l’enfant doit passer ou pas. Si comme enseignant, je ne fais pas ce que j’ai à faire, il existe dans la convention des mesures. Ce n’est pas vrai que c’est par une loi qu’on va nous dire qu’elle note mettre à un élève », ajoute-t-elle

L’obligation de formation pour les enseignants est également dénoncée. Mme Scalabrini invite le gouvernement à faire ses devoirs et ainsi à valider les raisons qui expliquent le fait que les enseignants n’aiment pas la formation imposée et le manque de temps invoqué.

« Le projet de loi 40 du ministre Roberge est inquiétant et laisse entrevoir un danger d’inégalités à plusieurs égards. D’abord, il contient des dispositions qui stimuleront davantage la compétition entre les établissements publics, compromettant encore plus l’égalité des chances. Ensuite, la réforme Roberge transformerait radicalement le conseil d’établissement, notamment en éliminant la parité entre les groupes, au détriment du personnel scolaire. C’est un désaveu complet de l’apport essentiel du personnel à la vie de l’établissement. Les dangers d’inégalités que comporte la réforme Roberge sont inacceptables », a mentionné, par voie de communiqué, la présidente du Syndicat de l’enseignement du Lac-Saint-Jean (CSQ), Pascale Juneau.

Le député Éric Girard était absent de son bureau lors de la manifestation de lundi. Une rencontre est prévue entre le Syndicat de l’enseignement du Lac-Saint-Jean et l’élu au cours des prochains jours.