Le point de presse virtuel du ministre de la Santé Christian Dubé a été diffusé à partir de Saguenay, lundi.
Le point de presse virtuel du ministre de la Santé Christian Dubé a été diffusé à partir de Saguenay, lundi.

Le ministre Dubé fait appel à la population

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé est débarqué au Saguenay, lundi, pour bien faire comprendre à la population qu’un effort additionnel doit être fait pour le respect des mesures en zone rouge afin de protéger le réseau hospitalier régional et son personnel.

« Ça va continuer d’empirer avant de mieux aller. Je vais être transparent, les bons résultats n’arrivent pas tout de suite. Québec a eu une détérioration avant que ça aille bien », a déclaré le ministre en ouverture du point de presse. Il faisait référence à la progression impressionnante du nombre de cas dans les derniers jours. Durant la fin de semaine, tous les indicateurs utilisés par le CIUSSS pour mesurer l’intensité de la pandémie ont dépassé ceux de la première vague.

Sa collègue ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a fait l’énumération des différentes statistiques pour illustrer que le gouvernement se préoccupe de la situation régionale de la pandémie. Elle a fait référence aux décès, aux éclosions qui se multiplient et aux cas actifs pour bien faire comprendre à la population que les mesures aussi simples que le port du masque, le lavage des mains et la distanciation physique sont plus que jamais nécessaires pour freiner la progression de la pandémie.

Le ministre Christian Dubé a fait de nombreuses comparaisons entre la région et celle de la Capitale-Nationale qui a traversé une période semblable à celle de la région avant une amélioration de la situation. Cette amélioration n’est pas sans rassurer le ministre puisque la région de Québec est identifiée comme étant celle qui pourrait supporter le réseau de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean advenant des problèmes au niveau des ressources.

Les informations en provenance des syndicats du CIUSSS font état d’une grande fragilité avec la contamination qui a obligé l’établissement à retirer pas moins de 260 travailleurs infectés, combiné à la directive d’interdire le passage du personnel d’un service à l’autre. « Je n’aime pas parler de contrainte », a assuré le ministre quand il a été questionné sur les actions qui pourraient être déployées pour permettre à la région d’obtenir du renfort des autres CIUSSS et CISSS du Québec.

« La première raison pour laquelle on demande un effort aux citoyens, particulièrement quand on met une zone en rouge, c’est pour protéger notre réseau de la santé. On le fait pour que nos enfants aillent à l’école et que les commerces fonctionnent, mais la principale raison, c’est notre réseau de la santé », a déclaré le ministre.

Ce dernier estime qu’il ne faut pas se fier uniquement sur la possibilité de recevoir de l’aide de la capitale provinciale. Il est particulièrement inquiet pour le mois de novembre avec le changement de température. « Oui, on pourrait avoir de l’aide externe, mais la plus belle façon de le faire est de redevenir autonome ici. » 

Il est revenu sur la présence dans les hôpitaux de la région d’équipes de spécialistes de l’extérieur pour évaluer le travail en matière de protection des infections. Ces visites, a insisté Christian Dubé, ont pour but de rassurer les équipes en place. « Les gens se demandent si ce qu’ils font est correct et ils ont besoin de se faire rassurer. »

Le ministre a de plus évoqué une démarche avec les directions de tous les CIUSSS et CISSS du Québec. Il s’agit d’une démarche réalisée afin de rappeler l’importance de l’application des meilleures pratiques en matière de protection des infections pour les professionnels de la santé.

Le ministre a référé les journalistes à une récente étude de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), concernant toute la dynamique des contacts sociaux. Avant le début de la pandémie, les Québécois pouvaient avoir en moyenne 7 à 8 contacts sur une base quotidienne. Au moment du grand confinement, pendant la première vague, ce nombre est passé à trois contacts par jour, ce qui se résume à la bulle familiale. Avec les mesures modifiées mises en place dans le cadre du code de couleur, en situation de zone rouge, ce nombre de contacts passe à 6 et, selon Christian Dubé, cette diminution d’un à deux contacts par jour par individu sur une base quotidienne, tout en maintenant les différentes autres mesures, a permis de rétablir la situation à Montréal et Québec.

« Le premier ministre l’a dit, les enfants vont à l’école. On se déplace pour le travail et on reste chez nous. Si on veut avoir un bon Noël, il faut que l’on passe à 6, 5 et 4 contacts par jour », de plaider le ministre Dubé. 

Il a poursuivi en évoquant la règle du 20-80, selon laquelle 80 % des problèmes sont causés par 20 % de la population qui ne suit pas nécessairement les recommandations du gouvernement du Québec en matière de contacts quotidiens et de distanciation physique. Il suffit, selon le ministre, que ces personnes mettent l’épaule à la roue pour réussir à freiner la propagation.

En ce moment, le virus circule sur tout le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il finit par pénétrer dans les milieux de soins et quand il franchit cette barrière, il devient très difficile pour les spécialistes des infections de le contrer comme en témoignent les statistiques provenant des hôpitaux d’Alma et Chicoutimi ainsi que des CHSLD Isidore-Gauthier et Jacques-Cartier.

Malgré la courbe de croissance des cas qui ne montre aucun signe de fléchissement, le gouvernement du Québec n’a pas l’intention d’ajouter de nouvelles mesures de restriction ni de fermer des écoles ou des commerces. Les mesures appliquées en ce moment dans la région ont permis d’obtenir des résultats dans les régions de Montréal et Québec.