Le soldat Samuel Monier, l’adjudant-maître Line Therrien et le caporal Charles-Olivier Long ont aperçu de la fumée sortant d’un bâtiment avant leur quart de travail.
Le soldat Samuel Monier, l’adjudant-maître Line Therrien et le caporal Charles-Olivier Long ont aperçu de la fumée sortant d’un bâtiment avant leur quart de travail.

Le militaire Charles-Olivier Long a sauvé des vies en allant au travail

Alors qu’il s’apprêtait à être déployé dans un CHSLD, un militaire de Bagotville a contribué à sauver des vies sur les lieux d’un incendie. Dimanche matin, en se rendant au travail, le caporal Charles-Olivier Long a aperçu de la fumée sortant du toit d’un bâtiment et n’a pas hésité à jouer son rôle de citoyen, avant même de jouer celui de militaire. Après avoir trouvé une porte de secours mal fermée, le technicien médical a pu entrer à l’intérieur du bâtiment et déclencher l’alarme incendie, réveillant ainsi les locataires toujours endormis.

Le caporal Long, affecté à la Base militaire de Bagotville, a été déployé à la Résidence Berthiaume Du Tremblay, à Montréal, pour l’Opération LASER, laquelle vise à soutenir les équipes de soins dans les CHSLD. Dimanche matin, vers 6 h 30, le technicien médical a aperçu de la fumée sortant du toit d’un bâtiment, alors que son équipe et lui s’étaient arrêtés pour prendre un café. « Il y avait un problème. La solution était d’évacuer les gens et nous n’avons pas hésité à l’appliquer », a raconté le caporal.

Étant sur les lieux avant l’arrivée des pompiers, le militaire a eu l’idée d’entrer dans le bâtiment afin de réveiller les locataires. Après que l’un de ses collègues ait composé le 911, il a réussi à trouver une porte d’urgence pour se glisser à l’intérieur et a déclenché l’alarme.

« J’ai mentionné à mes collègues qu’il y avait de la boucane et seulement quelques secondes après, des flammes sont apparues. Tout le monde dormait encore. Je me suis ensuite rendu à l’édifice adjacent pour déclencher l’alarme incendie et réveiller les locataires. Après seulement six minutes, les pompiers sont arrivés et ont maîtrisé la situation », a expliqué le caporal Long, qui est originaire du Nouveau-Brunswick.

Selon le militaire, des vies auraient pu être perdues si son équipe et lui n’avaient pas remarqué la fumée. « Les flammes se propageaient de façon exponentielle. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait que de la fumée, puis le feu est rapidement apparu. Étant donné que les résidants dormaient, certains ne se seraient peut-être pas réveillés à temps. Nous avons agi instinctivement », a-t-il souligné.

Opération Laser

Le caporal Long fait partie des 1450 militaires des Forces armées canadiennes (FAC) déployés dans les CHSLD du Québec afin d’appuyer les équipes de soins, lesquelles ont perdu beaucoup de collègues en raison de la COVID-19.

« Nous ne sommes pas nécessairement habitués de travailler avec la clientèle gériatrique, ce qui nous a demandé une petite période d’adaptation. En plus de la différence de clientèle, nous sommes en période de pandémie, alors nous devions aussi nous adapter aux équipements de protection individuelle, mais nous avons été bien formés pour y arriver. »

Interrogé quant aux difficultés rencontrées, le militaire de Bagotville a répondu que l’empathie ressentie est parfois plus grande qu’à l’habitude.

« Dans les Forces armées, nous sommes formés pour toutes sortes de situations. Celle que nous vivons actuellement est toutefois plus personnelle. Les personnes que nous soignons sont les grands-parents de quelqu’un et nous nous imaginons plus facilement dans leur situation », a-t-il conclu.