Guy Bouchard d’Informe Affaires, Marlène Claveau de Trium Médias et Denis Bouchard du Quotidien ont répondu à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est.

Le milieu des affaires rencontre les médias

La Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est s’est invitée, mercredi, dans la réflexion entourant la crise des médias qui frappe actuellement l’univers de la presse écrite. Une partie de la communauté d’affaires almatoise a eu l’opportunité de s’entretenir avec les dirigeants des journaux Le Quotidien, Le Lac-Saint-Jean et Informe Affaires.

La réalité de ces trois médias écrits régionaux qui offrent un contenu différent, mais complémentaire, a été présentée à la cinquantaine de participants à l’initiative de la chambre de commerce. Les actuels défis, la place occupée par les réseaux sociaux ainsi que l’indépendance des salles de nouvelles figuraient parmi les divers sujets abordés.

Aucun lien n’existe entre les difficultés vécues par Groupe Capitales Médias et le lectorat du Quotidien. « Les chiffres nous prouvent que les gens nous aiment, que les gens nous lisent de plus en plus. Il n’y a jamais eu de succès d’achalandage aussi fort dans toute l’histoire de notre journal », a mentionné le directeur général, rédacteur en chef et éditeur adjoint du Quotidien, Denis Bouchard. Il est impératif pour celui qui gravite dans l’univers de l’information depuis 1979 d’offrir une voix qui défend la région.

La copropriétaire de Trium Médias et directrice des ventes, Marlène Claveau, ne semble pas faire face aux mêmes difficultés. « Ça va très bien parce qu’on a fait une recette qui était probablement adaptée à ce qui doit être fait aujourd’hui. On a eu un ajustement à faire », a souligné la copropriétaire d’un réseau de trois hebdomadaires du Lac-Saint-Jean depuis un peu plus de deux ans. Pour elle, la réussite passe notamment par une publication papier qui offre un contenu différent de la plate-forme Web.

Le député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, est catégorique, ceux qui piquent de la nouvelle doivent être taxés.

Célébrant son 10e anniversaire d’existence, le journal Informe Affaires tire son épingle du jeu en offrant un produit médiatique distinct. « C’est un produit qui n’existait pas avant notre arrivée. On a dû faire notre place, ça n’a pas été facile. Les gens d’affaires, les PME, les équipementiers et les fournisseurs n’étaient pas habitués à faire de la publicité pour faire parler d’eux », a expliqué l’éditeur Guy Bouchard.

Un effort de conscientisation a été fait par la copropriétaire de Trium Médias devant de potentiels clients. « Si le journal est essentiel pour la couverture journalistique, pourquoi il ne l’est pas pour la publicité ? Les médias ont tellement donné leur contenu et ont tellement été quelque chose d’acquis qu’on n’a pas ce prisme-là », a-t-elle lancé en piste de réflexion. Pour Denis Bouchard, la solution réside, en partie, dans le fait de « s’abonner, d’acheter de la publicité et d’encourager ceux qui achètent de la publicité ».

Le GAFA, qui regroupe les géants d’Internet, soit Google, Apple, Facebook et Amazon, s’est lui aussi invité dans la discussion des trois panellistes. « C’est vrai que Facebook nous fait mal, en termes de publicité. C’est vrai que Facebook n’est pas ici aujourd’hui. S’il y avait une annonce chez Rio Tinto, il n’y serait pas non plus », a exposé Denis Bouchard, qui affirme que les médias apprennent à vivre avec les réseaux sociaux. Pour Guy Bouchard, il s’agit d’un mécanisme utilisé pour propulser son média.

Le député sortant de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, a rappelé que la défense des médias a été le premier dossier rencontré au palier fédéral. « Le GAFA ne peut continuer impunément de voler. Les choses semblent faciles quand on les regarde de loin. Si c’était si facile à régler, tous les pays du monde l’auraient déjà tous fait. La solution, c’est de taxer les gens qui piquent la nouvelle. Il faut continuer dans la même direction », a-t-il ajouté.

Le maire d’Alma, Marc Asselin, a salué la nécessité de réagir à la crise. Il en a profité, au passage, pour rappeler l’importance du Lac-Saint-Jean dans le paysage médiatique régional.

Présentés quelques fois par année, les dîners-conférences de la CCI Lac-Saint-Jean-Est sont le reflet des enjeux et des dossiers qui touchent ses membres. « On s’est demandé comme chambre de commerce ce qu’on pouvait faire concrètement au-delà de soutenir médiatiquement. C’est de démontrer à nos membres de quelle façon on pouvait rendre service à nos médias écrits régionaux », a mentionné la directrice générale de la CCI Lac-Saint-Jean-Est, Kathleen Voyer.