Le milieu de la santé réclame de meilleures conditions de travail

Le premier ministre François Legault a été accueilli par des manifestants, jeudi matin, à son arrivée à Alma, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une trentaine d’infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes ont dénoncé leurs conditions de travail et ont réclamé des hausses de salaire aussi importantes que celles accordées aux préposées aux bénéficiaires.

Les syndicats représentant les employés de bureau, les techniciens et les préposées aux bénéficiaires en CHSLD et à domicile étaient également sur place. Tous réclament de meilleures conditions, notamment plus de postes à temps complet, mais aussi des hausses de salaire frôlant les 12 % pour les trois prochaines années. Selon les informations fournies par la FIQ Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec proposerait une augmentation de 8 % pour la même période.

Le premier ministre a d’ailleurs rencontré, en privé, les différents représentants syndicaux qui se sont déplacés à Alma. Une rencontre qui a laissé les intervenants sur leur faim. 

« Je me suis rendu compte qu’il ne connaît pas les réalités régionales. Il disait que la majeure partie du problème dans le réseau, c’est qu’il y avait des postes vacants à temps complet. Alors qu’ici, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on n’a pas de postes à temps complet qui sont vacants. Les seuls postes vacants sont ceux à deux jours semaine, des postes inhumains. Il (François Legault) a en revanche fait preuve d’une bonne ouverture et il veut régler rapidement. Mais on ne réglera rien avec les bagatelles qu’il offre », déplore Julie Bouchard, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tous les autres syndicats demandent de meilleures conditions et des hausses équivalentes.

« Nous, au niveau administratif, on est souvent les oubliés du réseau. On est le point de départ des usagers. On s’aperçoit que les gens quittent le réseau, car au niveau salarial, c’est souvent meilleur ailleurs. Si les gens ne reçoivent pas l’appel à l’administration, le médecin, l’infirmière et le préposé ne travaillent pas », plaide Sandra Quirion, présidente du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels en administration.

Selon ses informations, la moyenne salariale de ses membres frôle les 35 000 $, incluant les postes à temps partiel. 

La rencontre avec le premier ministre a aussi laissé un goût amer à Nancy Poulin, représentante nationale de l’APTS pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

« Quand on a parlé de conditions salariales et de reconnaître certains services spécialisés par des primes, on n’a pas nécessairement vu une écoute attentive. Dans la négociation, il va préférer poser des actions pour diviser les employés de l’État. Donner à certains groupes et en oublier certains. Ce n’était pas rassurant de l’entendre ce matin parler de nos négociations », exprime Mme Poulin.