Le MFFP dévoile les modifications au régime forestier

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) considère que les modifications administratives et réglementaires du régime forestier qui entreront en vigueur dans les deux prochaines années devraient permettre d’améliorer l’environnement d’affaires et ainsi de générer une diminution du prix de la fibre.

Le ministère a procédé vendredi au dévoilement de ces modifications avec la tenue d’une séance d’information technique destinée aux communautés et à l’industrie.

«Cette révision a pour but d’offrir plus de prévisibilité aux entreprises, de simplifier l’exécution des opérations, de favoriser la récupération des bois lors de perturbations naturelles et de produire un plus grand volume de bois. Surtout, il répond aux caractéristiques recherchées par l’industrie», stipule un communiqué émis par le MFFP.

Les trois éléments cités par ces changements visaient une modification des mécanismes de mise en marché des bois, l’optimisation des processus de planification forestière et l’amélioration de l’environnement d’affaires.

«L’annonce d’aujourd’hui trace la voie pour faire du secteur forestier un acteur incontournable de la relance économique du Québec et de ses régions. Les mesures que nous mettons en avant (ou que nous proposons) permettront aux entreprises d’accroître leur compétitivité à court terme. Un Québec qui croit dans sa forêt comme outil de développement est un Québec qui voit dans le bois une ressource durable, renouvelable, écologique et porteuse de richesses pour les générations actuelles et futures», a déclaré le ministre Pierre Dufour.

La grande préoccupation des communautés et des industriels visait spécifiquement la planification afin d’avoir une plus grande prévisibilité. Sur cet élément, la sous-ministre aux opérations régionale, Lucie Ste-Croix, a fait référence à la décision d’accorder à l’industrie des volumes pour une période de trois ans. La mesure entrera toutefois uniquement en vigueur le 31 décembre 2021 et personne en ce moment ne sait si les détenteurs de garanties d’approvisionnements pourront modifier la planification à l’intérieur des territoires de récolte. Il est aussi question de tirer profit des travaux réalisés dans le cadre d’un projet pilote mené dans l’Outaouais.

L’industrie avait également réclamé des modifications au fonctionnement du Bureau de mise en marché des bois (BMMB). La façon de faire du BMMB devrait changer au cours des prochains mois de façon a obtenir une valeur plus juste pour la matière ligneuse tout en permettant d’accroître les volumes pour l’industrie de l’ordre de 600 000 mètres cubes par année.

Le BMMB, selon les réponses fournies par le sous-ministre délégué aux Forêts Alain Sénéchal, doit également se rapprocher de l’industrie. Ce dernier a assuré que le fonctionnement du BMMB permet d’avoir une bonne représentation pour la qualité de la matière première ainsi que sa localisation par rapport aux infrastructures de transport. Il s’agit de la conclusion tirée à partir du portrait global des lots mis en vente. Les modifications visent à améliorer l’adéquation des territoires entre l’industrie et le BMMB dans le futur.

Les fonctionnaires n’ont fixé aucun objectif de départ quant à une réduction du coût du mètre cube de bois. Le sous-ministre aux Forêts s’est contenté de parler de modifier l’environnement d’affaires. La direction du ministère est convaincue que ces modifications vont avoir un effet et amélioreront la compétitivité de l’industrie québécoise.

Des éléments importants annoncés vendredi par le ministère dans sa séance d’information technique ont en fait été récupérés d’annonces déjà faites par le ministre Pierre Dufour en juin dernier. C’est le cas de l’atteinte de la prévisibilité de 300 % pour 2021 ainsi que les travaux d’un comité déjà en place en Outaouais.

Enquête accablante

Interrogé sur les résultats de l’enquête menée par l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec sur le régime forestier, le sous-ministre est demeuré vague. Il a simplement laissé entendre qu’il s’agissait d’une enquête auprès d’individus dont les réponses pouvaient dépendre de situations personnelles.

Il est déjà assuré que les communautés forestières, les entreprises et autres intervenants qui ont réclamé des modifications dans le régime forestier actuel vont accueillir froidement ces différentes annonces. Depuis quelques semaines, les informations circulaient dans le milieu à l’effet que la haute direction du ministère était opposée catégoriquement à modifier de façon importante le cœur du régime forestier.