Le meurtrier Gérald Patoine

Le meurtrier Gérald Patoine décède en prison

Le meurtrier Gérald Patoine est décédé en prison en début de semaine. L’annonce de la mort de l’homme de 44 ans a été faite, vendredi, par le Service correctionnel du Canada. L’homme de Chicoutimi, qui était atteint d’une maladie incurable, purgeait une peine pour un double meurtre au pénitencier fédéral à sécurité moyenne de La Macaza, dans les Laurentides.

Le 23 novembre 2004, Daniel Lemieux, 25 ans, a été assassiné de 53 coups de couteau dans un appartement de la rue Bégin à Chicoutimi. Le lendemain, le corps de son ancienne conjointe, Karine Gaudreault a été retrouvé dans son appartement du chemin de la Réserve. La femme de 25 ans est décédée par strangulation. 

Le criminel de Chicoutimi accusé d’agression sexuelle et de meurtre au premier degré avait finalement plaidé coupable à des accusations réduites de meurtre au deuxième degré et d’homicide involontaire. En mars 2007, il fut condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans. 

À l’époque, l’histoire avait retenu l’attention alors que Gérald Patoine s’était rendu au palais de justice pour rencontrer Me Charles Cantin. Il s’était ensuite livré aux policiers de Saguenay en sa compagnie. Son arrestation avait été faite une dizaine de jours plus tard, le temps de compléter les éléments d’enquête. 

Le criminaliste, qui a appris la nouvelle par Le Quotidien, confirme qu’il s’agit de l’un des cas les plus marquants de sa pratique. Sa dernière discussion avec Gérald Patoine remonte à environ 4 ans alors que celui-ci l’avait contacté.

Famille de daniel lemieux

La famille de Daniel Lemieux a été informée de la demande de libération conditionnelle exceptionnelle formulée par Gérald Patoine à la fin de l’année 2017. Le frère de la victime, Marc-Antoine Lemieux, a entrepris des démarches pour rencontrer le meurtrier de son frère. Devant les procédures laborieuses et le peu de temps, il a finalement laissé tomber l’idée. 

Alors que la nouvelle du décès de Patoine a été rendue publique vendredi, la famille Lemieux l’a apprise plus tôt. Mercredi, Johanne Côté a reçu un appel confirmant le décès de l’assassin de son fils, survenu dans la nuit de mardi à mercredi. Le soulagement a été immédiat pour la femme qui s’occupe des deux filles de Daniel Lemieux et Karine Gaudreault depuis le drame de novembre 2004. « On n’a comme pas le temps de faire le deuil avec deux fillettes d’un an et trois ans qui arrivent à la maison. C’est beaucoup ça qui m’a aidé à passer au travers », affirme la dame qui n’a jamais cherché la vengeance, ayant toujours une pensée pour la famille de Patoine. De son côté, Marc-Antoine Lemieux affirme qu’il peut maintenant tourner la page. 

En Phase terminale et jugé dangereux 

Jusqu’à la toute fin, Gérald Patoine aura été considéré comme trop dangereux pour être libéré. Même s’il était en phase terminale, la Commission des libérations conditionnelles lui a refusé l’accès à une maison de soins palliatifs en décembre. Cette décision ne surprend pas le criminaliste Charles Cantin dont l’ancien client refusait de se soumettre à divers programmes de réhabilitation.