Le même plaisir au Zoo sauvage de Saint-Félicien

Au lieu d’accueillir jusqu’à 4000 personnes par jour, le Zoo sauvage de Saint-Félicien en accueillera un maximum de 1440 pour respecter les mesures imposées par la Santé publique, dès son ouverture, aujourd’hui, le 13 juin. Alors que la patience sera de mise à certains endroits pour respecter le flux de visiteurs en sens unique, la curiosité des animaux, qui n’ont pas vu de visiteurs depuis plusieurs mois, pourrait rendre l’expérience encore plus intéressante, du moins pour les premières semaines.

En tant qu’institution muséale à vocation scientifique, l’attrait touristique a reçu l’autorisation d’ouvrir ses installations le 29 mai, alors que les zoos réguliers pourront reprendre leurs activités le 19 juin.

Dans l’habitat de l’ours blanc, Kinuk s’amuse avec un pneu déchiqueté avant de plonger dans l’eau. En s’approchant de la vitrine, l’ours de 253 kg, qui a un peu plus d’un an, semble attiré par la présence humaine. Il se cache derrière un pilier de béton avant de nager à proximité de la vitrine où il vient coller son museau, avec un collier de pneu autour du cou.

« Un de nos gardiens s’est amusé à jouer à la cachette avec Kinuk pendant de longues minutes, il y a quelques jours, en se cachant derrière les piliers », lance Michael Viens, coordonnateur des ventes et du marketing. 

Depuis le 13 mars, les animaux du Zoo sauvage n’ont vu aucun visiteur et certains d’entre eux démontrent des comportements différents, ajoute ce dernier. Par exemple, les tigres de l’Amour tentent de se cacher, sans se faire voir des gardiens, lors de leur visite quotidienne, un peu comme s’ils devaient se cacher dans la nature. La tigresse Kouma semble pour sa part plus sociable, jouant davantage avec les gardiens, notamment avec le souque à la corde. 

« Au cours des premières semaines, on s’attend à ce que les animaux démontrent une certaine curiosité, parce que ça fait longtemps qu’ils n’ont pas vu de gens sur les passerelles », ajoute Lorraine Gagnon, directrice générale. 

Le zoo réinventé

Comme toutes les entreprises, le Zoo sauvage de Saint-Félicien a dû instaurer des mesures sanitaires pour éviter la propagation du coronavirus. Pour respecter les deux mètres de distanciation exigés par la santé publique, l’achalandage devra être limité à 1440 personnes par jour, alors que le site est en mesure d’en accueillir 4000 en temps normal. 

Les changements de fonctionnement commencent dès l’achat du billet, lequel devra se faire obligatoirement en ligne. Aucun billet de sera vendu sur place. En achetant un billet sur le site Web, les visiteurs devront aussi choisir une plage horaire de 30 minutes pour leur arrivée sur le site. Le but de l’opération : éviter les contacts et gérer le flux de l’achalandage. La visite se fera en sens unique. 

L’accueil se fera entre 9 h et 14 h 30 et les visiteurs pourront rester sur le site jusqu’à 18 h. Une période de quatre heures est recommandée pour faire la visite complète. 

Dès l’arrivée, près de l’accueil, des signes au sol rappellent les mesures de distanciation physique. « Notre plus grand défi est de faire en sorte que les gens respectent les mesures sanitaires », soutient Lorraine Gagnon. 

Pour y arriver, plus de 2300 rappels ont été installés sur le site, sous la forme de marques peintes sur le sol, d’autocollants placés sur les structures, de petites pancartes près du sol ou de multiples affichages. 

Étant donné que le site est assez grand, il est possible de conserver deux mètres de distance en tout temps, ce qui fait en sorte que le port du masque n’est pas requis. Les employés qui sont en contact avec le public porteront des masques à l’effigie du zoo. 

Aucun dépliant ne sera distribué sur place, mais les visiteurs pourront tout de même télécharger le plan du site, qui indique comment se fera la visite en sens unique. Le parcours commencera par la visite des singes géladas, puis vers le secteur de l’Asie, où l’on retrouve les macaques et les tigres, avant de se diriger vers le secteur de la montagne, avec les cougars et les lynx. Par la suite, les visiteurs pourront faire la balade des sentiers de la nature en train, d’une durée de 65 minutes. Enfin, les visiteurs se dirigeront vers la petite ferme, le secteur de la Mongolie et de la forêt mixte. 

Malgré le sens unique, les personnes à mobilité réduite et les poussettes pourront rebrousser chemin ou éviter les escaliers en empruntant les larges sentiers qui permettent de circuler dans les deux sens, tout en respectant les deux mètres. 

Sentiers de la nature

Une attention particulière a été portée pour permettre de faire la balade en train. Par exemple, des cloisons vitrées ont été installées entre chaque banc. Une seule famille sera admise par section de train. Les visiteurs devront aussi se désinfecter les mains avant la visite et les trains seront désinfectés après chaque balade. Un bloc sanitaire temporaire a aussi été ajouté à la sortie pour éviter de croiser d’autres visiteurs. « On est très contents de pouvoir offrir la balade, parce que les sentiers de la nature sont une des activités de prédilection, où l’on peut voir les animaux en liberté », remarque Michael Viens.

Les restaurants ont été repensés. Pour la première fin de semaine, les visiteurs devront obligatoirement manger à l’extérieur. Dès lundi, la Santé publique le permettant, il sera possible de manger à l’intérieur, mais le restaurant ne pourra accueillir que 111 personnes au lieu de 460.

Seule une famille sera acceptée à la fois dans les toilettes et des employés veilleront à faire respecter ce règlement, tout en fournissant du désinfectant. 

Alors que la majorité du site sera accessible, les jeux d’eau, le tunnel d’observation du castor, le film multisensoriel et la pouponnière seront fermés jusqu’à ce que la Santé publique permette de les rouvrir, tout en respectant les mesures sanitaires. 

De nouvelles normes sont également en vigueur pour les clients qui feront l’achat d’un passeport. En début de saison, ils pourront visiter le zoo en tout temps, mais de la mi-juillet à la mi-août, les détenteurs de passeport seront invités à visiter le zoo en fin de journée, soit après 14 h 30, pour permettre à un maximum de visiteurs d’avoir accès au site. 

Pour l’instant, le Zoo sauvage de Saint-Félicien prévoit demeurer ouvert du 13 juin au 7 septembre, car la saison automnale est généralement destinée à accueillir les visiteurs européens, lesquels seront absents cette année, avec la fermeture des frontières. Cette clientèle représente 33 % des visites annuelles.

Michael Viens.

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DES ENTREPRENEURS DE LA RÉGION SOLLICITÉS

Plusieurs entreprises de la région ont participé à la réouverture du Zoo sauvage de Saint-Félicien. « On est choyés d’avoir autant d’entrepreneurs de confiance près de nous », souligne Lorraine Gagnon, directrice générale.

Par exemple, Vitrerie SG a été embauchée pour installer les multiples cloisons vitrées en plexiglas partout sur le site. Nettoyeur FB, de Saint-Félicien, a pour sa part remporté l’appel d’offres pour fournir le désinfectant, en plus de proposer une formule fort efficace pour le nettoyage des trains. « Le nettoyage pourra se faire en moins de 15 minutes avec des boyaux à l’air qui pulvérisent un produit désinfectant utilisé pour nettoyer les camions », explique Louis Bouchard, directeur financier. 

SonXplus a fourni les haut-parleurs qui seront installés dans chaque cabine de train pour que tous les passagers entendent bien l’animation malgré les cloisons vitrées. 

Pour l’affichage, c’est l’entreprise JAGRAPH, de Normandin, qui a réalisé le mandat. Le Zoo sauvage a également passé une commande à Joker Sports, de Saint-Prime, pour la production de masques à son effigie.

« C’est “l’fun” de travailler avec des entreprises efficaces et qui ont su répondre à nos besoins malgré les délais serrés », conclut Lorraine Gagnon.