Le conseiller Nicholas Tremblay met en demeure le maire Deny Tremblay et son avocat, Me Pierre Mazurette.

Le maire de Saint-Ambroise mis en demeure

Le conseiller municipal de Saint-Ambroise Nicholas Tremblay contre-attaque. Après avoir été la cible d’une demande introductive d’instance en déclaration d’inhabileté par le maire Deny Tremblay, voilà qu’il le met en demeure, de même que l’avocat Me Pierre Mazurette. Il exige une rétractation et des excuses publiques dans les 24 heures suivant la réception de la demande et le versement de 10 000 $.

Dans la mise en demeure dont Le Quotidien a obtenu copie, l’avocat de Nicholas Tremblay, Me Marc-Antoine Cloutier, accuse le maire et Me Mazurette d’avoir tenu des « propos hautement diffamatoires que vous devez certainement savoir être inexacts envers notre client, et ce, de façon persistante, dans le seul objectif de porter atteinte à sa réputation ».

La maire accuse le conseiller d’avoir loué une pelle mécanique à un entrepreneur et celui-ci l’a par la suite utilisée pour exécuter un contrat donné par la municipalité. Nicholas Tremblay assure qu’il ne savait pas que l’entrepreneur allait l’utiliser pour excaver le terrain de baseball de Saint-Ambroire, un contrat de 1100 $.

« En aucune circonstance, notre client a loué son excavatrice en s’imaginant qu’il soit possible qu’elle soit utilisée au bénéfice de la municipalité ou n’a su qu’elle serait utilisée au bénéfice de la municipalité. Vous savez très bien que notre client a appris le tout après les faits et qu’il a agi avec toute la transparence nécessaire en divulguant cette information et en avisant le locataire de ne plus contracter avec la municipalité.

« Vous savez certainement que l’octroi du contrat par la municipalité au locataire de notre client s’est fait de gré à gré par le personnel de la municipalité sans que notre client en soit informé ou qu’il soit consulté et que notre client en fût informé après coup par la direction générale de la municipalité », poursuit le document.

Me Cloutier rappelle, dans la missive, l’article 304 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités qui stipule que pour être déclaré inhabile à siéger, le membre du conseil doit avoir agi sciemment.

La séance s’est déroulée devant une salle bondée.

Selon la poursuite, Nicholas Tremblay ne peut plus sortir de chez lui, à Saint-Ambroise ou dans les environs, sans être la cible d’insultes. Les moments difficiles sont partagés par tous les membres de sa famille, alors qu’amis et connaissances l’invitent à démissionner pour faire « cesser cette mascarade ».

« Votre demande, qui n’a aucune chance de succès, et son dépôt ont pour effets combinés de diffamer et d’intimider injustement un conseiller municipal élu par ses citoyens », souligne Me Cloutier.

La mise en demeure stipule que le maire Deny Tremblay agit à titre personnel, en tant qu’électeur, « tout en soutenant certaines allégations avec des preuves que seul un élu de la municipalité aurait pu obtenir, sauf via une demande d’accès à l’information, ce qui ne fut pas le cas. Considérant ce qui précède, il ne fait aucun doute que la demande que vous avez déposée est vouée à l’échec, diffamatoire, abusive, bâillon et qu’elle vise à intimider et à faire taire notre client ».

Frais d’avocats

Lundi soir, lors de la séance du conseil municipal, les élus ont été invités à se prononcer sur une résolution autorisant le paiement des frais de défense du conseiller municipal Nicholas Tremblay, qui a été réélu à titre de maire suppléant. La directrice générale, Carolle Perron, a rappelé qu’il s’agit d’une loi en vertu d’un article du Code municipal. La municipalité doit assumer la défense d’un élu.

Le conseiller Gabriel Brassard a tout de même voté contre, se disant mal d’appuyer une résolution en ce sens.

Ce point prévu à l’ordre du jour a ravivé le climat de tension entre les élus et les citoyens entassés dans la salle du conseil. Toutes les chaises étaient occupées et certains ont dû demeurer debout à l’extérieur.

Pour l’occasion, le conseiller et le maire ont quitté la table pour ne pas prendre part aux discussions.

Le conseiller et ses avocats, Me Marc-Antoine Cloutier et Me David-Alexandre Aubé, ont convié les médias pour une conférence de presse, mardi matin.