L'activité de yoga sur la plage a tellement ravi Laurence et son accompagnatrice Élodie qu'elles ont décidé d'expérimenter d'autres exercices sur le bord du lac Saint-Jean.

Le Lac-Saint-Jean, un immense terrain de jeu

La plupart n'ont jamais mis les pieds plus loin que leur coin natal, à Lévis. Cet été, ils sont sept jeunes à faire du Lac-Saint-Jean leur terrain de jeux et à apprendre à se découvrir sous d'autres facettes grâce au nouveau volet communautaire de l'entreprise de Desbiens H2O Expédition et aventures.
Le guide Alexandre Fillion-Thibeault a monté un programme d'une semaine pour les adolescents de 11 à 15 ans de la Maison des jeunes de Saint-Nicolas et du Regroupement des jeunes de Lotbinière. Les forces de H2O et des employés qui gravitent autour sont au centre des activités proposées : rafting, canyoning, surf à pagaie, kayak, yoga, photographie, peinture et le clou du forfait: une expédition de deux jours sur la rivière Shipshaw en canot.
« On passe la nuit en camping sauvage. Ça va vraiment les sortir de leur zone de confort et de leur vie quotidienne de ville », prévoit Alexandre Fillion-Thibeault. Celui-ci a suggéré à son patron l'idée d'un forfait au prix avantageux pour la maison des jeunes, qui avait déjà fait une activité avec H2O l'an passé.
Après le succès de l'essai cet été, l'entreprise aimerait offrir un programme semblable à d'autres organisations l'année prochaine et développer son volet communautaire pour la jeunesse. « On s'adapte pour chaque clientèle », précise le guide de H2O. L'entreprise fête ses 25 ans cette année.
Pas besoin d'un télescope pour voir les étoiles dans les yeux des adolescents rencontrés la semaine dernière par Le Quotidien, la veille de leur départ pour l'expédition. Noémie Blanchette attendait cette activité avec impatience, elle qui sera dans son élément pour avoir participé à des camps de survie avec les cadets. « Cool, tu resteras avec moi alors ? », demande plus craintivement Laurence Payeur.
Cette dernière a vraiment « trippé » durant l'atelier de photo au Juvénat de Desbiens, où elle a pu apprendre le fonctionnement de son appareil reçu en cadeau. « C'était vraiment ''nice'' ! » Le guide de rivière Jonathan Desjarlais est aussi photographe professionnel.
« Les jeunes avaient apporté des lampes de poche et je les faisais courir partout durant des prises de vue à longue exposition, ce qui créait des traits lumineux dans l'image. Ça nous amène ailleurs, nous aussi, de travailler avec eux », confie-t-il.
Le canyoning et le rafting étaient les activités préférées des adolescents, jusqu'alors. Tous n'auraient jamais pensé en faire un jour, eux qui viennent de milieux moins aisés. « On leur montre qu'il y a plein de possibilités qui s'offrent à eux. On sème une graine dans leur vie, image Alexandre Fillion-Thibeault. Ils peuvent réfléchir à ce qu'ils sont, à comment ils se sentent. Certains ont eu peur, mais ils en parlent maintenant en étant heureux.»
L'accompagnateur Richard Proulx souligne que les vacances de ce genre permettent au groupe de mieux se connaître. « On voit comment les jeunes réagissent dans certaines situations. On peut observer un effet sur eux. C'est différent du reste de l'année, où on les côtoie seulement quelques heures durant la soirée. Ça crée de beaux souvenirs.»
« Mets-en ! », répond Laurence.
La troupe est logée à la Maison des jeunes de Desbiens, ce qui leur permet d'économiser et de préparer leurs repas sur place. La semaine reste exigeante, tout le monde ne dort pas beaucoup. « Ça vaut vraiment la peine », assure Kim Ross, la moins âgée du groupe.
Dépasser ses limites
Les sept jeunes la Rive-Sud de Québec ont appris à repousser leurs limites, le temps d'une semaine au Lac-Saint-Jean.
Laurence Payeur a vécu des émotions fortes lors du canyoning, où les participants serpentent le long d'un ruisseau à la marche, sécurisés par un harnais, en croisant tunnels et cascades. « Je suis encore en vie, déclare-t-elle tout simplement. C'était une expérience à faire, mais je ne retournerais pas dans les crevasses ! »
Roger-Kalubi N'Kharibuhgi a aussi eu fort à faire à travers les roches, ajoute-t-il. Juste l'endroit est impressionnant géologiquement, étant un des vestiges de l'effet de la glaciation dans la région il y a des millions d'années. On peut voir les couches de sédiments et le travail d'érosion de l'eau. Situé sur un terrain privé et secret bien gardé des gens du coin, le lieu gagnerait à être plus connu.
Kim Ross est quant à elle effrayée des poissons, mais elle a eu beaucoup de plaisir en surf à pagaie, tout comme sa camarade Pénéloppe Noël. « En kayak, je criais que le lac Saint-Jean n'est pas mon ami, parce qu'il y a trop de poissons ! Je n'aime pas ça quand on ne voit pas le fond. Ça ne m'a pas empêchée de sauter à l'eau, mais je remontais vite », décrit la première avec le sourire.
Simon Cayer était dur à tirer du sommeil le matin. « Je suis tombé en bas du divan, c'est ce qui m'a réveillé, se rappelle-t-il en riant. Avant de me coucher, je tremblais, mais pas parce que j'avais froid, j'étais juste vraiment fatigué. »
Même les activités moins extrêmes comportent leur part de défi. « Je n'ai jamais peinturé de ma vie », disait Cédric Pellerin avant l'atelier. En face, Noémie Blanchette manipulait déjà ses pinceaux, elle dont le côté artistique a été remarqué par les animateurs.
« Tout le monde y trouve son compte », résume l'organisateur Alexandre Fillion-Thibeault. Celui-ci a dressé un bilan positif de l'expédition sur la rivière Shipshaw, à la fin de la semaine.
« L'excursion s'est super bien passée. Le moral des troupes a été d'enfer ! Nous avons eu quelques nageurs dans les rapides, mais rien de grave, ils ont tous rembarqué dans leur canot avec le sourire jusqu'aux oreilles. »